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Mardi 28 mai 2013 2 28 /05 /Mai /2013 22:21

0 – En préambule.

En Ardèche il y a parfois du vent, de la pluie, du soleil, de la neige et tout ça en même temps. Des fois il y a même des giboulées de grêle, on a froid et puis dix secondes plus tard on a chaud. Et inversement. Et puis la nuit, on aperçoit des bestioles bizarres dans les fourrés dont vous captez uniquement les yeux brillants à la lueur de la frontale.

Je ne sais pas comment aborder un compte rendu valable de cette course hors norme. Je n’ai pas envie de faire la description chronologique des évènements alors je vais faire au feeling… Les crédits des photos sont d'Anny et de Carole. Un grand merci à vous !

http://farm8.staticflickr.com/7420/8868332951_787617dcee_z.jpg1 - Les copains.

C’est le premier aspect qui me vient à l’esprit. Quand on s’engage sur une course non stop de plus de 200 km, on le fait contre soi avant de le faire contre les autres. Surtout que les autres, à force de les croiser sur ce genre de courses, ils sont devenus des copains. L’ambiance qui a baigné le camping d’Alboussière tout au long du week-end était comme toujours unique et chaleureuse. Comme une famille qui se réunit pour un anniversaire, la famille de l’ultra s’était retrouvée une deuxième fois dans le fief ardéchois. L’occasion de retrouver ceux qu’on n’a pas vu depuis longtemps, de papoter, de demander des nouvelles d’untel ou d’un autre, et surtout de parler ULTRA entre frappés. Parce que bon, il faut quand même reconnaître que si Laurent, directeur de course de l’Ultr’Ardèche, est un pervers pour fomenter une course pareille, nous les coureurs sommes un peu frappés d’y venir ; et même d’y revenir.

http://farm4.staticflickr.com/3758/8868334009_ed0f4193be_z.jpgEt puis pendant la course, il y a ces mots échangés lors d’un regroupement en haut d’un col, lors d’un ravito, ou simplement ces regards, ces encouragements mutuels, ce respect pudique mais réel. Des instants qui vous redonnent confiance en l’espèce humaine. Quel que soit le niveau de chacun, ses forces et ses faiblesses. Il y a un parcours exigeant, une course difficile et nous sommes tous embarqués dans une lutte contre nos propres démons. Il n’y a pas de place ni d’énergie pour chercher à battre l’autre. L’humilité doit être la première vertu pour espérer boucler la course ; être à l’arrivée constitue le principal objectif de l’écrasante majorité d’entre nous.

http://farm6.staticflickr.com/5462/8868330229_fb572450cd_z.jpg2 - La météo.

Avec un printemps pourri, froid et pluvieux, nous savions que cette année encore nous n’allions pas faire les malins une fois la nuit venue.

Pour autant, les conditions météo ont été globalement bonnes. Je n’ai pas souffert du froid mais c’est vrai que j’avais prévu la double dose, ce qui a bien fait rire Carmen lorsque nous nous sommes retrouvés sur le parcours, peu avant le passage à Borée au KM70. L’endroit où j’avais prévu mon premier drop bag pour enfiler des affaires chaudes pour monter au Gerbier de Jonc. Et quel panorama au Gerbier ! Nous n’avons pas eu le brouillard de l’an dernier, mais au contraire de la neige éclairée par le soleil qui avait décidé de se montrer. Courir sur une route encore humide de neige fondue mais dégagée, avec autour de soi le relief sauvage enneigé, c’est quelque chose.

http://farm8.staticflickr.com/7330/8868934014_a0f88d9a84_z.jpgEt la nuit… Quel spectacle ! La burle était plus docile que l’an passé, le tigre s’était changé en chat domestique. Mais il faut dire que lorsque je me suis arrêté au KM116 pour récupérer mon 2ème drop bag contenant mes affaires de nuit, je n’ai pas fait les choses à moitié… En haut : maillot manche longues + polaire d’hiver + coupe vent. En bas : collant d’hiver long + pantalon coupe vent par-dessus. Sans compter le bonnet et les gants. Avec ça, elle pouvait venir la burle, et emmener ses copines avec elle, j’étais décidé à en découdre.

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Et puis… La pleine lune a joué à cache-cache avec les nuages mais lorsqu’elle était dégagée, c’était magique. C’est bien simple, j’ai couru la moitié de la nuit sans frontale, uniquement guidé par la lueur lunaire. Imaginez-vous courir au milieu de routes étroites et désertiques, seul la plupart du temps, en pleine nuit, avec le bruit de quelques cascades d’eau et celui du vent, les yeux jaunes de bestioles dans les fourrés et cet éclat laiteux de la lune au-dessus. Magique.

http://farm9.staticflickr.com/8534/8868331437_e568edbe19_z.jpg3 – La logistique.

Le point clé, pour moi, ce fut surtout de ne pas avoir froid et de bien manger. Et je crois que c’est valable pour la plupart d’entre nous. Si on a froid ou si on ne s’alimente pas bien, sur ce genre de course, ça devient vite l’enfer. L’an dernier je ne m’étais pas correctement alimenté après la barrière horaire du KM116. Et je l’avais payé à la barrière horaire suivante au KM162 où j’étais resté plus de 40 minutes prostré avec l’estomac au bord des lèvres. Je ne voulais pas revivre pareille mésaventure cette année. J’ai donc décidé de m’accorder régulièrement un repas solide. Dans la pratique, je n’avais pas trop fait de plan sur la comète avant la course.

http://farm6.staticflickr.com/5470/8868317663_b58d051bce_z.jpgAu dernier moment cette année j'ai décidé de partir avec un sac à dos. Léger mais un sac quand même, avec dedans des lunettes de vue au cas où je ne supporterai plus les lentilles, un bonnet et des gants pour le froid et de la NOK pour remettre une couche sur mes pieds à mi-course. Je ne suis pas un pro de l’organisation et je n’ai pas de grande théorie, le plus souvent j’improvise pendant la course en fonction des sensations. Si j’ai froid, je me couvre, si j’ai faim, je mange. Comme dit mon boss : KISS (Keep It Simple and Stupid). Encore faut-il avoir sous la main ce qu’il faut…

http://farm4.staticflickr.com/3806/8868929742_f13490eece_z.jpgLe samedi matin à 6h j’étais parti en ¾ en bas, tee shirt et coupe vent en haut. Et j’avais quand même prévu 3 drop bags :

-un au CP du KM70 contenant des affaires chaudes en prévision du passage au Gerbier de Jonc à un peu plus de 1400m d’altitude. 

-un au CP du KM116 (barrière horaire n°1) contenant des affaires très chaudes pour affronter la nuit, la burle, les ours et les loups.

-un au CP du KM191 contenant des affaires plus légères si d’aventure le soleil décidait à venir nous rendre visite.

http://farm8.staticflickr.com/7366/8869066762_301a1df443_z.jpgCôté alimentation donc :

-une soupe de vermicelles je ne me souviens plus où…

-une bonne pause au KM116, à la barrière horaire n°1, comme l’an passé. 25 minutes d’arrêt pour me changer, manger des pates et papoter avec les bénévoles sur la ½ finale du top 14 perdue par Clermont.

-une purée, dans la nuit, à je ne sais plus quel CP mais qu’est ce que c’était bon !

-une soupe consistante, dans la nuit, à je ne sais plus quel CP

-plein de haribo un peu tout le temps ! et un bout de gâteau maison absolument redoutable au KM70…

-des bananes... dès que possible.

-à boire : régulièrement dans mon bidon à main, moitié eau plate, moitié eau gazeuse. Et de temps en temps un coca au ravito.

http://farm8.staticflickr.com/7328/8868334605_654a20de06_z.jpgEn arrivant au KM116 je n’étais pas dans mon assiette. Et il a suffit que je mange pour que ça reparte. J’étais en train de faire un début d’hypo… Heureusement c’est passé aussi vite et j’ai retrouvé des jambes. Cela m’a servi de leçon pour la suite, et je me suis tenu à manger de façon consistante un CP sur deux. Je n’ai ensuite plus eu de coup de barre.

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4 – Les bénévoles.

Les bénévoles sont déterminants. Sans eux, pas de course. Ils sont aussi le lien qui nous aide à tenir le coup, surtout la nuit. Ayant couru tout seul du KM54 jusqu’à l’arrivée, et donc forcément toute la nuit seul, j’ai énormément apprécié les parenthèses de chaleur et d’humanisme lors des ravitos. J’ai toujours pris le temps de m’arrêter, 5 minutes ou un peu plus, pour entrer au chaud, échanger quelques mots et faire le plein de sourires pour repartir jusqu’au CP suivant. Il faut souligner l’abnégation des bénévoles qui passent une journée et une nuit blanche complètement dévoués à des coureurs fêlés du casque. Tous, sont souriants, heureux d’être là et de rendre service. Gentils et attentionnés, sachant trouver les mots pour requinquer, pour encourager, pour relativiser. Et puis les autres bénévoles, ceux qui ont œuvré dans l’ombre, pour que cette course puisse se tenir. Quand on court on ne rend pas forcément compte de tout l’effort de ces gens-là, d’un effort pendant la course mais aussi avant, les mois de préparation qui ont été nécessaires pour que le jour J tout soit parfait. Et encore une fois, ça l’a été. Je n’ai pas eu le temps de tous les remercier convenablement avant de quitter Alboussière le dimanche, ce compte rendu est aussi l’occasion de leur tirer le chapeau et de leur dire toute ma gratitude.

Il faut aussi souligner la présence indéfectible du maire d’Alboussière encore une fois très actif pour soutenir ce beau projet que Lolo & Isa ont monté de main de maitre. A vous tous : chapeau.

http://farm8.staticflickr.com/7456/8868942644_4419368ed0_z.jpg5 - La course.

Un peu plus de 48 heures après l’arrivée, j’ai encore une bonne partie de mon esprit qui s’est morcelé pour rester accroché sur les bas-côtés du col de l’Ardéchoise, dans les jonquilles enneigées du Gerbier, dans le soleil couchant sur Antraigues en contre-bas, et dans les reliefs de pierre et de schistes éclairés par la pleine lune entre le Col de la Fayolle et Chalençon, et le petit matin un peu paresseux avant d’arriver à Vernoux.

http://farm4.staticflickr.com/3834/8868331853_62e27a6bb3_z.jpgCes 216 km et 4400 m de dénivelé positif sur le tourniquet de l’Ardèche profonde ont été une succession continue d’explosions de sensations et de plaisirs. De douleurs et de doutes aussi, bien sûr. On n’a rien sans rien. Pour décrocher la lune, il faut bien toréer les fourches caudines des tréfonds. J’ai eu des coups de bambou. Mais je ne me suis pas affolé. J’ai toujours cherché à positiver et surtout à relancer. Jamais plus de 3 minutes sans courir. Même en toute petite foulée. Même entre 2 et 3 heures du matin, au plus profond de la nuit quand le sommeil me soufflait de m’allonger quelques instants sur le bord de la route et que je le snobais. Même dans l’ultime côte du 202 ème kilomètre en direction de Grozon, alors que mon esprit commençait depuis 15 bons kilomètres à se jouer de moi en me projetant quelques hallucinations pas piquées des vers. J’ai vécu cette course comme un rêve éveillé tout du long. Je crois que je n’ai jamais autant souri sur une course, avec les compagnons de route, à commencer par Mathieu durant les 27 kilomètres de l’ancienne voie ferrée entre les KM 27 et 54, Christophe avec qui nous avons fais quelques bornes ensemble un mois après avoir fini les 100 km de Belvès ensemble, Tot toujours positif et souriant, Hervé dans Lamastre, Juan et Laurence puis Gilles dans l’ascension du Gerbier...

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Et Eric, bien entendu, le compagnon de l’édition 2012 avec qui nous avions parcouru un bon paquet de kilomètres ensemble la nuit mais que j’ai eu la sagesse de laisser partir cette année. Jean-Claude, le métronome avec ses accompagnateurs dévoués que je voyais régulièrement passer et qui avaient un mot sympa pour m’encourager. Carmen, que j’ai retrouvée comme l’an dernier à la pause du KM116, Manu en descendant du Gerbier tout content d’avoir fait les 25 km en tête, sacré Manu, ne change rien ! Voilà que je me remets à parler des copains sans le vouloir. Parce que j’en oublie tant, Gouzy qui a du jeter l’éponge trop tôt mais qui était là sur le bord de la route pour nous encourager, plusieurs fois, Philippe le guerrier sur le podium l’an passé et qui l’estomac en vrac pendant plus de 70 bornes rejoint l’arrivée en 5ème position, Didier le coureur talentueux et humble forfait au départ mais qui est venu faire le bénévole, Carole qui photographiait, encourageait et courait de temps en temps avec nous... J’ai encore en tête tous ces visages, et ceux que je ne cite pas mais que je n’oublie pas, leurs sourires, leurs grimaces aussi parfois, mais avant tout leur passion indéfectible, leur abnégation et leur humilité devant l’énormité de la tâche.

http://farm4.staticflickr.com/3674/8868323971_a87b28d454_z.jpgDe mon côté, j’ai donc vécu une expérience enrichissante et unique, dans une autre veine que l’an dernier. Ayant fait toute la route seul pendant les ¾ de la course et donc à fortiori la nuit, j’ai passé de longues heures avec moi-même... Passant par toutes les nuances de l’humeur, de la fatigue, traversant ces montagnes russes du moral que nous connaissons tous sur ce genre de course. Heureusement mon estomac a décidé de me ficher une paix royale, et du coup je n’ai eu qu’à me soucier de ma fatigue physique. Dans ces conditions, c’est tout de suite plus facile. Enfin, façon de parler. Parler. C’est ce que j’ai fais. M’encourageant à haute voix quand je me sentais fléchir. Me forçant à relancer lorsque je restais trop longtemps à marcher. M’obligeant à me décontracter lorsqu’à Gluiras, après 172 bornes, il faut s’enfiler une descente non stop de 8 kilomètres et que vous avez l’impression qu’on vous enfonce un couteau dans les rotules à chaque foulée. Et redécouvrir que quand la tête dit « c’est pas si dur, décontracte toi, ça va passer », ça fonctionne. Se parler donc. Et pas de MP3 ni de radio pourtant au fond du sac à dos. Pas eu envie. J’étais bien, là, à écouter le vent dans les arbres, le bruit des fontaines naturelles. Et à guetter les phares d’une voiture suiveuse après 50 minutes ou 1 heure de solitude absolue, avant une autre heure de nuit pour retrouver quelques lumières dans un hameau endormi où seuls quelques bénévoles veillaient autour d’une table offrant à manger et à boire, oasis chaleureux et bienvenu.

http://farm8.staticflickr.com/7397/8868929940_60fafc3c3e_z.jpgLes kilomètres se sont succédés. Un petit pas après l’autre. En se forçant à ne jamais penser à ce qu’il restait. Découper en petits bouts, ne pas penser au temps déjà passé sur la route et au temps qu’il faudra encore y passer. Penser au prochain ravito. Pas plus loin. L’ultra est une course de l’instant. C’est une école de la vie. On y redécouvre la simplicité, le bonheur de l’instant présent, sans tirer de plans sur la comète. On y oublie la folie de la vie moderne, le rythme trépidant du temps machine qui a pris le pas sur le temps de l’homme. L’ultra nous réapprend ce qui est au fond de nous depuis l’aube des temps, notre instinct nomade et l’excitation qui nous étreint à la vue d’une route déserte qui nous appelle.

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Pour tout cela l’Ultr’Ardèche est une course magique, au sens littéral du terme. Pour s’en convaincre, il suffit d’assister à l’arrivée des concurrents. Compagnons de route s’étant rejoints dans une difficulté, 50, 75 ou plus de 100 km avant l’arrivée, ceux qui se sont soutenus pour y croire jusqu’au bout et qui ont franchi la ligne. Pour l’unique satisfaction d’être allés au terme de leur rêve, pour la joie d’un acte gratuit qu’on a simplement envie de partager avec ceux qui comprennent et qui ressentent la même chose. Que j’ai aimé voir mes compagnons franchir la ligne et se mettre à pleurer comme des gosses, tomber dans les bras de l’organisateur, sans que ce soit prémédité, sans que ce soit travesti. Simplement parce que de nos jours, il existe encore des hommes et des femmes qui osent s’élancer sur une course non stop de 216 km pendant 23, 30 ou 36 heures et que ça ne rapporte rien d’autre que du bonheur intense et des frissons format XXL.

http://farm6.staticflickr.com/5329/8868938482_a9dc721b46_z.jpgToutes les courses ne sont pas les mêmes. Les organisateurs de l’Ultr’Ardèche ont mis le doigt sur quelque chose d’intangible. Qui tient à un ensemble de choses qui mises bout à bout rendent cette course unique et riche de toutes les couleurs qui nous font tant aimer cette discipline. Qui nous y font revenir. Pour ressentir à nouveau tout cela. Comme un flacon de potion magique qu’on déboucherait chaque année en mai du côté d’Alboussière et qui enivrerait de plaisir tous ceux qui seraient touchés par la grâce.

Bon, faudrait pas non plus que je tombe dans le pathos de bas étage. Mais bon sang, ce que cette course est belle, pour la 2ème année consécutive, j’ai eu la chance d’aller au bout et pour la 2ème année consécutive, j’en suis revenu avec le coeur gonflé d’une palette de couleurs nouvelles.

http://farm6.staticflickr.com/5458/8868320249_8a44b2d28a_z.jpgAu KM 198 après 24 heures de course, j’en avais ma claque. Mais il fallait bien continuer parce que quand même, 18 bornes ce n’était rien. Alors j’ai continué. Et j’ai pensé à l’enfant que j’ai été, et je me suis demandé ce qu’il penserait de ce type que je suis devenu. Je ne sais pas si ça lui aurait plu, je crois plutôt qu’il aurait trouvé ça dingue. Mais ensuite j’ai pensé à mes enfants qui savent que quand leur papa fait une course, on donne une médaille à tous ceux qui finissent, qu’ils soient premiers ou derniers. Parce qu’aller au bout, c’est une victoire. Et je trouve que grandir avec cette idée c’est plutôt chouette. Et que c’est l’idée du sport que j’aime. Alors je me suis remis à courir. Pour le gamin que j’ai été, pour le type que je suis, pour ceux qui ne pouvaient plus. Et parce que j’étais venu pour ça.

Le dimanche à 8h03 du matin, 26h03 après en être parti j’ai franchis la ligne d’arrivée d'Alboussière, le sourire encore accroché au visage comme un cerf-volant plein de lumière et de fureur dans un ciel saturé de bleu et de vent. J’ai serré Lolo dans mes bras, je me suis senti foutrement vivant et j’ai aimé ça.

Par Oslo - Publié dans : Ultra - Course
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Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 08:41

Préambule.
Pour une fois, ce compte rendu de course va être écrit bien après le déroulement de celle-ci. Quatre semaines se sont en effet passées depuis les 100 km de Belvès. Je n’avais pas ressenti le besoin de raconter cette course jusqu’alors. Et puis je me suis dit que ce serait dommage, que c’était toujours sympa pour moi de relire mes compte rendus de course les mois et années suivant celles-ci. Et puis écrire un compte rendu si longtemps après, ce sera l’occasion de faire quelque chose de différent. De plus court aussi. Enfin on verra bien…

A Belvès il y a des légendes. Pour les coureurs de longue distance, j’entends. Quand je pense à Belvès, je pense aux récits des mythiques courses de Millau à Belvès au début des années 80, je pense à Ramon Zabalo. En 2013 je pense aussi aux prémices d’une relance de cette course qui avaient filtré durant l’hiver sur les forums d’ultrafond et qui avaient emballé nos cœurs de doux dingues rêveurs et nos projets de course. En attendant une nouvelle édition de la mythique liaison entre les 2 capitales du cent bornes en France – voire une édition en OFF : chiche ? – j’avais décidé de cocher la date du samedi 27 avril pour enfiler mon premier dossard de l’année. Bon okay, des évènements indépendants de ma volonté auront fait que le dimanche précédent Belvès, j’aurais enfilé un premier dossard à l’occasion des 10 miles d'Anvers. Mais ceci est une autre histoire (belge, forcément…)

Belvès, Périgord Noir. Truffes. Grottes. Confit de canard. 100 bornes.

C’est pour moi l’association de mots qui me vient naturellement à l’esprit en évoquant cette ville et cette région. Il était donc temps de s’y rendre pour vérifier tout ça de plus près.

Le 100 bornes c’est bon. C’est un peu long, mais pas trop. C’est un peu rapide, mais pas trop. En règle générale, ça s’arrête avant que ça devienne douloureux. Ou pas. Tout dépend de son rythme de croisière. Et pour ces 100 bornes j’ai décidé d’adopter un rythme tranquille. Je suis ici pour faire une dernière sortie longue avant l’Ultr’Ardèche qui sera le premier vrai objectif de l’année. Je ne connais pas le parcours de Belvès, je sais vaguement qu’on longe la Dordogne et que ce n’est pas très vallonné. Je suis venu en touriste. Avec femme et enfants nous resterons d’ailleurs une semaine après la course dans un camping voisin situé d’ailleurs sur le parcours de la course, à Vézac (Le camping des 2 vallées, que je vous recommande).

Le vendredi c’est ravioli. En fait j’ai oublié mais je suis sûr que ce n’était pas ravioli. Je crois même que ça ne rimait pas. Et qu’il faisait un temps pas terrible. Mais ça c’est facile, ça a été le même refrain durant tout le printemps. Retrait des dossards à Belvès que je découvre. Je découvre aussi que Belvès est en haut d’une jolie côte qu’il faudra gravir après 98 km de course le lendemain. Ce qui fait dire à ma femme « là tu vas couiner ta race ». Ben voyons, il ne manquerait plus qu’elle m’encourage ! Déjà qu’après 2 années à me suivre à Millau sur le vélo, elle a décidé que cette fois je me débrouillerai tout seul. Ah je vous jure, le fan-club n’est plus ce qu’il était.

J’ai dit que je ferai un compte rendu un peu différent de d’habitude. Pas de chronologie. Aujourd’hui, 4 semaines après la course, qu’est-ce qu’il m’en reste ?

Comme je le disais, j’étais parti sur une base chronométrique de 10h30, rythme cool donc. Mais dès le 30 ème kilomètre, des jambes en bois. La faute à un entrainement un peu barbare durant l’hiver, en prévision du défi du triple A de l’année (d’Alboussière A Athènes). 2700 km dans les jambes en 16 semaines, ça m’a bien calmé… J’ai besoin de fraicheur mais pas dans l’atmosphère (ce qu’on a pourtant ce matin-là vers 7h).

Du coup, constatant que mes jambes sont en grève, j’ai décidé d’en profiter pour tenter de rester dans le dur jusqu’au bout. Une sorte de préparation mentale en quelque sorte. Plaisir ? Du coup, ce n’est pas ce qui me vient naturellement à l’esprit au souvenir de ce 100 bornes. J’avais parfois hâte que ça se termine. Bon j’exagère un peu. Certes. Mais bon, je n’étais pas bien. Je n’avançais pas. Jusqu’au marathon, ça pouvait encore aller. Et puis juste avant, vers le 23-24ème kilomètre j’avais pu voir la famille sur le bord de la route qui était venue me faire coucou. L’occasion de faire un bisou aux enfants et de retirer le coupe-vent qui commençait vraiment à me tenir méchamment chaud. Et puis de discuter avec les copains de l’étoile savoyarde 2011 et avec les copains d’autres courses… La famille Pallaruelo notamment… Les traversées de Saint Cyprien, Beynac et la Roque Gageac resteront d’excellents souvenirs de discussions et de bons moments avec les autres coureurs.

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Mais comme on se rapprochait de Sarlat et du marathon, ce fut une autre paire de manches. Bref, j’ai rapidement compris que je n’allais pas faire une sortie longue cool comme prévu. Mais une sortie longue difficile. Si j’avais été un peu moins obtus, j’aurais ralenti pour profiter. Comme disent les anglais : Stick to the plan ! Mais voilà, je voulais malgré tout lutter pour garder un rythme correct. Le passage à Sarlat constitua une éclaircie, voir la barre des 50 km franchie m’a fait du bien au moral, mais la petite averse m’a vite calmé.

Les jambes en bois n’ont pas empiré. Je veux dire par là que mon état de fraicheur pitoyable du 35ème kilomètre ne s’est pas empiré. J'étais une sorte de Long John Silver, ne me manquait plus que le perroquet sur l'épaule. Je suis resté pareil jusqu’au 95ème kilomètre, les jambes lourdes, comme si j’avais un frein à main impossible à débloquer. Sans vrai coup de bambou, mais sans redoux non plus. Dans le dur, à un même niveau, tout le temps. Les 5 derniers kilomètres, c’est différent, on sait que c’est gagné, donc on a l’impression que c’est plus facile. Et puis le profil montant de la fin m’a bien arrangé, c’est ce que j’aime, n’en déplaise à ma femme, non je n’ai pas « couiné ma race » j’ai même fini en compagnie de Christophe, et ce fut donc une très chouette arrivée, en 9h39 et des camionnettes.

Bon, honnêtement, j’ai déconné. J’aurais dû m’en tenir au plan. Ralentir et faire mon truc cool en 10h30. Je n’étais pas venu faire un temps, mais prendre du plaisir et pour le coup, c’est un peu loupé, j’ai plus souffert que pris du plaisir sur cette course. Mais bon, c’est le jeu ma pauvre Lucette. C’était une sortie longue dans un plan d’entrainement chargé en prévision de courses encore plus longues. Faut pas croire que c’est toujours rock and roll. Le lendemain j'étais paradoxalement dans un très bon état physique, sans avoir l'impression d'avoir couru 100 bornes la veille. Je pense que j'aurais pu repartir sans problème pour un marathon. C'est un peu nouveau par rapport aux précédents 100 bornes que j'ai pu faire... Je suis quand même content d’être venu à Belvès et d’avoir découvert une course située dans un coin magnifique. Certes je préfère le profil plus accidenté de Millau mais les deux courses se complètent bien et pour cette raison, je reviendrai courir le cent bornes de Belvès. Peut-être même dès l’an prochain. Enfin, c’est encore loin. Dans 4 jours c’est l’Ultr’Ardèche. Faudra pas déconner ce coup-ci et rester « stick to the plan » !

Par Oslo - Publié dans : Ultra - Course
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Lundi 20 mai 2013 1 20 /05 /Mai /2013 16:15

Semaine n°20/39 du Lundi 13/05 au Dimanche 19/05 :

 La 20ème semaine, c'était la semaine avant l'Ultr'Ardèche. Au menu, donc... du REPOS. Physique certes mais surtout mental. Se forcer à ne pas aller courir pour être en manque de course à pied le samedi 25 mai à 6h du matin.

 

Bilan semaine n°20 : 7 séances pour 50,5 km / 570m D+ / 4h26'

 

Accessoirement, cette 20ème semaine m'a permis de payer les billets d'avion pour Athènes et l'inscription au Spartathlon... La douloureuse étant passée, il va maintenant falloir bien dormir ces prochains jours pour arriver en pleine forme à Alboussière.

Rendez vous au camping vendredi après midi.

J'essaierai de poster des nouvelles sur Facebook mais sinon rendez vous sur le suivi live de la course (dossard n°34, comme l'an dernier!)

Par Oslo - Publié dans : Ultra - Entrainements
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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 13:41

Semaine n°19/39 du Lundi 06/05 au Dimanche 12/05 :

Alboussière et l'Ultr'Ardèche 2 se rapprochent à grands pas : J-12 ! Il est temps de ralentir et de commencer à se reposer. Bien dormir et ne pas trop courir, en faisant gaffe aux apéritifs et aux repas trop copieux...

Au menu donc, 1 séance par jour seulement, sortie la plus longue de 1h46' seulement.

J'ai remisé la 2ème paire de Saucony Ride4 qui n'avaient que 875 km au compteur mais qui étaient rincées, l'amorti en vrac me procurant de grosses douleurs aux genoux. Et j'ai commencé à roder les NB1080v2 qui me serviront pour l'Ultr'Ardèche.

J'ai également pré-reservé mon avion pour le Spartathlon que je vais confirmer dans la semaine. Bref, les choses suivent leur cours... La 20ème semaine sera très light avec à peine 50 km au menu grand maximum : uniquement les aller retours au boulot.


Bilan chiffré de la semaine n°19 : 7 séances / 102,2 km / 1655m D+ / 08h38'


Par Oslo
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Mardi 7 mai 2013 2 07 /05 /Mai /2013 07:40

Wouah. Ces 3 semaines ont été bien chargées et je n'ai pas eu une minute pour sortir la tête de l'eau. Aussi, le compte rendu sera plus synthétique qu'à l'habitude.

Semaine n°16/39 du Lundi 15/04 au Dimanche 21/04 :

La semaine a été marquée par mon déplacement à Hasselt, en Belgique, avec 75 autres collègues de mon employeur ADECCO venus de 40 pays différents. L'objectif était de rassembler tous ceux qui ont été sélectionnés par notre employeur pour aller disputer le marathon classique d'Athènes le 10 novembre prochain pour les couleurs de Win4Youth, une fondation qui permet à ADECCO de reverser à trois associations caritatives 1$ par kilomètre parcouru par chacun d'entre nous, pendant toute l'année d'entrainement et pendant nos courses.

Pendant ces 3 jours à Hasselt au sein d'Energy Lab, des conseils prodigués par des coachs professionnels et toute une batterie de tests physiques. Peu de kilomètres courus mais des résultats intéressants sur l'analyse posturale (j'ai un bassin parfaitement équilibré mais je me voute!) et sur nos capacités (35 minutes de tapis entre 8,5 et 19,5 km/h avec analyse des filières sucres, graisses et lactiques et détermination des seuils de fréquence cardiaque à travailler). Ce fut très très intéressant, humainement bien sûr mais sur un plan sportif aussi, forcément. Suite à ces résultats, un coach va me faire parvenir un plan d'entrainement pour le marathon où les machines me prédisent un temps compris entre 2h42 et 2h48. Inutile de dire que ça me fait doucement sourire, car c'est très ambitieux surtout que je sortirai d'un entrainement taillé pour les 246 km du Spartathlon... Ah ah la bonne blague. En revanche j'ai pu discuter avec le coach sur l'opportunité d'incorporer une fois par semaine une séance "rapide" pour améliorer mon aisance à basse vitesse, justement dans l'optique de l'ultra. J'y reviendrai car je vais mettre ça en place dès le mois de juin.

Sinon la surprise du chef, c'était la participation le dimanche 21/04 aux 10 miles d'Anvers dans un peloton de 25000 coureurs. Bon inutile de dire que moi qui suis habitué aux pelotons clairsemés d'ultra, ça m'a fait une impression bizarre...

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Bilan chiffré de la semaine n°16 : 97 km - 8h15 - 440m D+

 

Semaine n°17/39 du Lundi 22/04 au Dimanche 29/04 :

La semaine n°17 était surtout l'occasion de se payer un premier dossard en 2013 à l'occasion des 100 km du Périgord Noir à Belvès. Une course que je voulais faire depuis un petit moment. Cette année toutefois, pas de record en vue, je suis venu dans l'optique d'une dernière sortie longue dans le cadre de la préparation du triple A : Ultr'Ardèche et Spartathlon. 

Heureusement que je n'avais pas de vélléités chronométriques, du reste, car la grosse charge d'entrainement abattue depuis début janvier s'est ressentie dès le 35ème kilomètre, avec des jambes dures comme des poteaux de rugby et ça ne s'est pas arrangé tout au long de la course.

Sur la photo prise à la Roque Gageac, aux alentours du KM30, avec mon n°1053, je suis en compagnie de Gilles & Angel Pallaruelo avec qui nous avons parcouru quelques kilomètres communs très sympas. Même si Angel souffrait d'une tendinite au genou qui l'a handicapé pour boucler son 100 km comme il l'aurait souhaité. Nous nous sommes donné rendez-vous au Spartathlon. Mais le père et le fils étant les stakhanovistes de la course que l'on connait, ils auront d'ici là fait un paquet d'autres courses démentes. La capacité de récupération XXL est dans les gènes des Pallaruelo, de même que le talent et la simplicité. ça fait plaisir !

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De mon côté, la sortie longue constituée par ces 100 km de Belvès s'est terminée avec un regain de forme au 90ème kilomètre et j'en ai terminé en 9h39' (mon 3ème "plus mauvais" temps sur la distance). Le gros point positif c'est que dès le lendemain matin je pouvais courir 45 minutes à l'aise, sans avoir l'impression d'avoir couru plus de 20 km la veille. C'était bien l'objectif !


Bilan chiffré de la semaine n°17 : 146,5 km - 13h50 - 1280m D+

 

Semaine n°18/39 du Lundi 29/04 au Dimanche 05/05 :

Semaine de récupération. Si si, je me suis offert une semaine de récupération ! Je suis dingue, je sais... Profitant d'une semaine dans les environs de Belvès avec toute la petite famille, j'ai surtout soigné mon régime alimentaire (apéritifs au Bergerac Blanc, toasts au foie gras, cuisses de canard et confits de canard...) et j'ai très peu couru (même si le ratio KM/Dénivelé est redoutable dans le Périgord noir). C'était le but : d'expérience je sais que j'ai besoin de couper mentalement et physiquement avant une grosse échéance. Et l'air de rien, la première étape du triple A c'est dans pas longtemps : les 216 km de l'Ultr'Ardèche sont pour dans 3 semaines.

http://www.valette.fr/189-477-large/les-cuisses-de-canard-confites-du-perigord.jpg

 

Bilan chiffré de la semaine n°17 : 75,8 km - 6h54 - 1650m D+

 

Et maintenant ?  

Quelques points d'organisation pratique à faire très vite :

- je dois confirmer ma participation au Spartathlon en postant la promesse de "don" de 400 euro.

- je dois réserver mon avion pour Athènes pour le Spartathlon. Finalement j'irai en célibataire. Faire coincider l'agenda de madame, la garde des enfants qui seront à l'école fin septembre, et tout, c'est compliqué. Surtout que pour une première, j'ai envie de vivre le Spartathlon en entier, logé par l'organisation et tout ce qui va avec...

Question entrainement :

- je dois roder une paire de chaussures en prévision de l'Ultr'Ardèche car les NB1080, 6ème du nom que j'ai portées à Belvès sont cuites. Et les Saucony Ride4, 2ème du nom sont explosées. Quant au NB890, 2ème du nom, elles sont trop "légères" pour une course de plus de 200 km pour un gabarit comme le mien.

- les 2 dernières semaines précédent l'Ultr'Ardèche 2013 ressembleront aux 2 dernières semaines qui avait précédé l'Ultr'Ardèche 2012 : 100 km maxi en semaine 18, 40 km maxi en semaine 19 et mes premiers jours à 0 km depuis... longtemps. Enfin en semaine 20, ce sera les retrouvailles avec tous les copains à Alboussière.

Par Oslo - Publié dans : Ultra - Entrainements
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Planning 2013

27 avril : 100 km de Belvès

25/26 mai : Ultr'Ardèche

28/29 septembre : Spartathlon

10 novembre : Marathon d'Athènes
23 novembre : Marathon du Beaujolais

7/8 décembre : 24h du Pontet

Compteurs

CKG (Compteur Kilométrique Grollesque)

 

au 29/05/2013 : 3294,5 km

Mai 2013 : 474,3 km

Avril 2013 : 568,2 km 

Mars 2013 : 803 km

Février 2013 : 639,6 km

Janvier 2013 : 809,4 km

...........................................

Compteur 2012 : 7137 km 

Compteur 2011 : 7021 km

Compteur 2010 : 5111 km

Compteur 2009 : 2350 km

Compteur 2008 : 2100 km

Compteur 2007 : 2000 km 

Compteur 2006 : 1200 km

Ultrapoésie:what the f**k?

Ultra endurance et poésie convergent. L’un se nourrissant de l’autre, l’un appelant l’autre, l’un alimentant l’autre. Quand on court, l’esprit divague, l’esprit s’évade et vogue, s’en va, s’éloigne et va picorer des idées, gobe des images réelles ou inventées. Et notre imagination devient une sorte de chien sans laisse qui gambade dans un vaste jardin dont nous fixons nous-mêmes les limites. Si en plus la route qui supporte nos foulées devient elle aussi sans limite, brise la barrière des 42,195 km pour aller vers des bornes muettes ; c’est un univers complètement nouveau qui s’ouvre. A nous de le capter et de le célébrer à notre manière.

 

L’ultra endurance est une école d’humilité. La poésie est une école de simplicité. Dans les deux cas, il faut oublier les conventions, bousculer les préceptes, tracer sa voie et y aller franchement. Un pied après l’autre, un mot après l’autre… et accepter de se laisser surprendre pour se découvrir.

 

@ Bob Oslo @

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