Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 20:22

Ce week-end des 12 et 13 mai 2012, l’Ardèche a été le théâtre d’une réunion de doux dingues comme elle n’en avait jamais connue. Et le Nord Ardèche a représenté avec honneur le département en démontrant que le sport made in 07 ne se résumait pas à la descente en canoë des gorges de l’Ardèche...

Lolo, Isa et tous les bénévoles qui ont mis sur pied cette 1ere édition de l’Ultr’Ardèche ont certainement passé des nuits blanches, des soirées stressantes et des réunions tendues pour accueillir un peu moins de 100 adeptes de l’ultrafond sur leurs jolies routes vallonnées. Mais monter une course de plus de 200 km non-stop est à l’image de ce type d’épreuve : il faut être endurant, patient et surtout y croire. Car des courses de ce format, il n’y en a pas énormément. Philippe Herbert, légende de l’ultrafond déclarera d’ailleurs à l’issue de cette course (qu’il finit à la 3ème place) qu’une telle course en France, cela faisait des années qu’il en rêvait...

Le plateau des inscrits est d’ailleurs à l’image de cette course, et il y a là réunis de jolis palmarès et de sacrées performances sur des courses mythiques. Badwater, Spartathlon, Nove Colli, Sakura Michi, Mil Kil, Transe Gaule, Trans Europe, Trans America, DeutschlandLauf... on ne peut pas toutes les citer mais le niveau est relevé, c’est une certitude.

Je fais partie de la bleusaille à côté de tous les grands noms qui sont au départ mais l’ultra est une grande famille et lors des retrouvailles d’avant course le vendredi, l’ambiance est décontractée et la bonne humeur sur tous les visages.  

http://farm8.staticflickr.com/7095/7204056894_c7785ea95d_z.jpg Le village d’Alboussière est vite relié depuis la vallée du Rhône et Valence. Une telle course à moins de 2 heures de voiture de la maison, c’est une vraie bénédiction. Nous y arrivons en début d’après-midi ce vendredi avec Julie et les enfants. Pour une fois c’est toute la famille qui vient me suivre sur une course. 

Le camping de la municipalité a été réservé à la course. C’est là que la plupart des concurrents vont dormir, que nous prendrons les repas d’avant course et de clôture, et que sera donné le départ et jugée l’arrivée. Bref, c’est le point cardinal de ce week-end. J’y retrouve avec plaisir les copains de l’Etoile Savoyarde, et puis d’autres, croisés à l’occasion de courses diverses. On vient aussi pour ça ; revoir les amis, les voir sur pied avec bonheur, prendre des nouvelles et passer du bon temps ensemble. La course en elle-même reste importante, mais elle passe au second plan.

Au retrait des dossards, nous en profitons pour faire honneur à la boutique locale : coupe-vent aux couleurs de l’Ultr’Ardèche, crème de marrons et saucisse sèche. On ne sera pas venu pour rien !

Ensuite, ce sont de longues discussions avec tous les copains qu’on retrouve et que je ne vais pas citer tous pour ne pas alourdir ce compte rendu. Ils se reconnaîtront.

Un peu avant le repas, je décide de m’occuper quand même un peu de préparer mes affaires pour le lendemain. Il y a 21 points de ravitaillement sur la course, il va falloir choisir avec soin les emplacements où je pourrais retrouver mes sacs. J’ai plus ou moins prévu un plan de marche en 31 heures pour évaluer mes horaires de passage aux différents check points de la course. Le plus important étant d’avoir des affaires chaudes et de récupérer frontales et lunettes de vue pour la nuit du samedi au dimanche sur la 2ème partie de la course. Et je n’ai pas d’accompagnateur. Je décide donc de préparer 5 sacs pour les ravitaillements 8 (KM75) 10 (KM92) 12 (KM114 barrière horaire n°2) 17 (KM161 barrière horaire n°3) et 19 (KM182). Une étiquette avec mon nom, mon n° de dossard et le n° du ravito est collée sur chaque sac puis je les dépose avec tous les autres sacs en attente.

Ensuite c’est le moment du repas commun sous le barnum. Lolo branche le micro, monte sur une table et lance le briefing d’avant course. Et là, en toute tranquillité, il nous annonce une course costaude comme on l’a compris depuis un moment... Et comme on l’avait remarqué sur le profil de l’épreuve, Lolo nous rappelle que la course va commencer au 114ème kilomètre : il va falloir être prudent et en garder sous le pied d’ici là.

Pendant le repas, nous avons retrouvé Mathieu et Sandra qui tentent avec Gilles Pallaruelo d’évaluer le nombre de finishers à attendre. Plus ou moins 50% c’est la question ! Nous serons un peu moins de 95 au départ suite aux désistements de dernière minute. Pour le reste, rendez-vous dimanche à 18h pour faire les comptes.

Sage, je décide de ne pas boire de vin, me contentant d’une bière fraîche qui fait du bien. Le vent se lève dehors, mais ce n’est rien à côté de ce qui nous attendra le lendemain...

 

Samedi 12 mai. 4h30.

La nuit a été courte et agitée. L’excitation typique de veille de course m’a empêché de bien dormir. Je ne suis pas inquiet, la semaine précédente j’ai dormi tout mon soûl.

Je me lève en essayant de ne pas réveiller tout le monde, me prépare, avale quelques biscuits puis je file retrouver les autres coureurs pour un petit déjeuner commun. Les mines sont détendues, réjouies même. Les bénévoles au petit soin, tout le monde semble zen. C’est un sentiment étrange et reposant qui nimbe tout le campement d’Alboussière. Comme si on était là en vacances pour courir un OFF entre copains. Tout le monde est conscient de la difficulté de la tâche qui nous attend et cela fait partie de l’excitation d’avant course.

La température est particulièrement douce, j’opte pour un short et un tee shirt mais je garde les manchettes en cas de fraîcheur ultérieure.

Il est 6h01 lorsque le départ est donné. Un petit au-revoir à madame et à mon fiston, ma fille étant encore endormie. Je pars en petites foulées sur un rythme très pépère, la petite montée de la sortie du camping étant déjà l’occasion de marcher pour chauffer la machine. Lorsque je me retourne, je constate que je suis dans les derniers. Je papote avec Gilbert Codet qui a enfilé son bob collector d’Antibes puis avec d’autres coureurs.

 

CP1 – Gilhoc - KM 11,2

Sur cette première portion, on se chauffe gentiment les muscles... et la langue. Séance papotage avec pleins de coureurs parmi lesquels Zeb, Cyril, Tot. La température est excellente, le ciel couvert de nuages, il fait peut-être même un peu lourd. Je suis étonné par la vitesse à laquelle les trois quarts du peloton sont partis.

 

CP2 – Lamastre - KM 27,3 - 2h51 de course.

Tout baigne. J’ai légèrement haussé le rythme après une première heure très en dedans. Les sensations sont bonnes, tous les signaux sont au vert. Au fil des dépassements ou des regroupements, on discute et on échange quelques mots avec les autres.

Le fléchage est clair, facile et intuitif ; de la même sorte que celui de l’Etoile Savoyarde notamment, avec un fond orange vif qui se repère de loin.

 

CP3 – Les Nonières - KM 36,5

Depuis un moment nous avons quitté le goudron pour le tracé d’une ancienne voie de chemin de fer. Lamastre est derrière nous et nous progressons en direction du Cheylard ; des noms sympathiques qui me rappellent les concentrations motos d’il y a 12 ans à l’époque où je ne courrais pas et où j’occupais mes dimanches à rouler sur deux roues.

Je me sens bien et j’en garde sous le pied avec l’objectif d’arriver au 114ème kilomètre le plus zen, relâché et frais possible.

 

CP4 – Le Cheylard - KM 45,4

Et d’un marathon de couru. Je ne m’en suis même pas rendu compte, grâce au découpage en portions courtes d’un CP à l’autre.

Comme à chaque check point, je ne m’arrête que quelques instants, le temps de refaire le niveau de mes deux bidons : mélange d’eau plate et d’eau gazeuse dans le bidon de 800 ml et mélange d’eau plate et de coca dans le bidon à main de 600 ml.

Je picore pas mal de bananes tout de même, aliment qui fonctionne traditionnellement bien pour moi sur les courses, ainsi que des tranches de pain d’épices.

En repartant du ravito, nous passons au pied du château de Rochebonne, haut lieu connu du trail « L’ardéchois » comme Lolo l’a indiqué dans le road book que j’ai glissé au fond de la ceinture porte bidon.

Je cours depuis un moment avec pas mal d’autres UFOs : Patrak, Phil50, Eric et Vincent Toumazou. Nous nous dirigeons vers de gros nuages très sombres qui n’annoncent rien de bon. Nous doublons Katell Corne qui semble accuser le coup. Heureusement elle saura se refaire la cerise et le lendemain j’assisterai avec plaisir à son arrivée rageuse.

 

CP5 – Limis - KM 53,8

Barrière Horaire n°1 – 05h45 de course.

A force de nous diriger vers ces nuages sombres, il est arrivé ce qu’il devait arriver : nous nous les sommes pris dessus. J’ai relevé les manchettes pour éviter la désagréable sensation de froid. La pluie n’a pas été longue mais plutôt forte et c’est trempé que j’arrive au ravito de cette première barrière horaire. J’ai plus de 2h30 d’avance sur mes temps de passage estimés. Il est 11h50 du matin, j’en profite pour faire comme prévu une petite pause de 10-15 minutes et de m’alimenter convenablement. Un bolino remplira cette fonction avec bonheur. Quelques tranches de pain de mie et de jambon complèteront le repas de fort belle manière. Et c’est avec des jambes toutes neuves que je repars à l’assaut de la suite du programme. Et quelle suite ! Il s’agit de l’ascension du col de l’ardéchoise qui culmine à 1184m.

 

CP6 – Bois Lantal – KM 60,8

Je me sens bien. Dans la montée du col de l’ardéchoise, j’adopte mon rythme classique sur ce type de profil grimpant à base de cyrano : 40 secondes de course, 20 secondes de marche. C’est réglé comme du papier à musique, cela fait maintenant un an que j’ai trouvé ce rythme et que je l’ai éprouvé sur plusieurs courses et sorties longues. Il me va bien alors je continue.

Et je vais reprendre de nombreux coureurs sur cette grimpette, même si ce n’est pas le but à la base. A chaque fois, un mot, une blague, tout le monde a le sourire, on ressent toujours cette décontraction comme s’il s’agissait d’une sortie entre copains. 

 

CP7 – Borée - KM 69,2

Il s’agit maintenant de continuer à monter pour atteindre le Gerbier dans encore 2 ravitos. Toujours sur le même rythme, je poursuis ma progression, veillant à ne pas grimper trop vite pour ne pas risquer la surchauffe. J’ai rebaissé les manchettes et je rejoins bientôt Carmen dont j’ai reconnu la foulée de loin. Cela me rappelle les étapes de montagne de l’étoile savoyarde 2011 et je me sens aussi bien qu’alors.

 

CP8 – Col de la Clède - KM 75,5

Petite pause à ce check point où je retrouve le premier de mes 5 drop bags. C’est l’occasion de changer de tee shirt pour repartir avec un sentiment (relatif) de propreté. J’en profite pour enfiler un corsaire en prévision du passage prochain en altitude au sommet du Gerbier des Joncs. Je ne tiens pas à renouveler l’expérience du récent coup de froid que j’ai eu à St Fons. Je réalise que nous avons bouclé le premier tiers de la course et pour l’instant tout se passe bien. Pas de douleurs, pas de problèmes de digestion, je croise les doigts pour que ça continue ainsi et je repars avec plus de 3h d’avance sur mes temps de passage prévus.

 

CP9 – Le Gerbier des Joncs – KM 83,1

Et nous y voilà ! La brume est montée des vallées environnantes, le vent est un peu frais, on comprend qu’il vaudrait mieux éviter de s’éterniser en short et tee shirt dans le coin. J’ai rejoint Gilles Pallaruelo qui en vrai baroudeur ne semble pourtant pas avoir froid, avec son maillot sans manche. Un tout petit break au check point où comme sur tous les autres ravitaillements, les bénévoles sont d’une patience angélique et d’une gentillesse à souligner.

 

CP10 – Sagnes et Goudoulet - KM 92,2

Plus de deux marathons de courus, et pourtant l’impression de n’être parti que depuis peu de temps. Mon objectif d’arriver à la mi-course en étant très frais semble sur le point de se réaliser. Cela me fait du bien à la tête.

 

CP11 – Burzet - KM 100

Je n’ai aucun souvenir de ce check point qui marquait symboliquement le passage au 100ème kilomètre. C’est que tout devait bien se passer. J'ai retrouvé toutefois une photo (crédit : Pierregut) prise lors de ce ravito du KM100.

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CP12 – St Pierre de Colombier - KM 114,3 

Barrière Horaire n°2 – 12h44 de course

Le ravito est caché dans un abri en dur et ça sera une bonne idée pour ceux qui passeront là plus tard, lorsque la nuit et le froid seront là.

Depuis un moment je me demande comment et quand me couvrir pour la nuit. Je sais que j’ai prévu un bon arrêt ici mais j’étais censé y passer 3h30 plus tard, à la tombée de la nuit. Tant pis, je décide malgré tout de me couvrir avec les affaires de nuit. Changement de tee shirt, puis maillot à manches longues et coupe vent. Avec 3 couches, je suis paré. Et en bas, en plus du corsaire, j’enfile un pantalon Décathlon qui fait coupe vent. Ainsi attifé, j’aurais un peu chaud dans la montée suivante mais en ouvrant le coupe vent et en remontant les manches, j’arriverai à gérer convenablement la température. Et surtout la nuit venue, je serais paré. Je récupère également les lunettes de vue et la frontale que je glisse au fond de la poche dorsale de la ceinture porte bidon.

Mais avant tout cela, j’ai pris le temps de me poser et de manger une assiette de pâtes au fromage préparé par Michel et Martine Codet qui tiennent de mains de maîtres ce ravito.

Je me suis arrêté un bon moment à la barrière horaire pour manger et me changer. Eric avec qui je courrais depuis longtemps a filé. Vincent Toumazou a eu le temps d’arriver et de repartir. Philippe Herbert est passé comme une fusée, dans une forme éblouissante. Je l’ai à peine vu manger quelques bouchées à la volée et repartir aussi tôt. Je repars à mon tour, au moment où les autres UFOs arrivent (Phil50 et Patrak).

 

CP13 – Juvinas – KM 122,9

Comme lors du premier arrêt un peu long au KM54, l’arrêt ravitaillement du CP12 m’a fait du bien. J’ai pu souffler un peu, me restaurer convenablement et lorsque je suis reparti, les batteries étaient bien rechargées.

J’ai attaqué la suite des hostilités avec l’envie d’en découdre et je tiens à nouveau un bon rythme : course tranquille sur les rares passages plats, cyrano 40/20 dans les montées et allure cool dans les descentes pour économiser les cuisses. 

La voiture des suiveurs de Vincent continue de me doubler régulièrement. Je comprends donc que leur coureur me suit de près.

Je dépasse des coureurs qui traînent la patte : blessure à un genou, douleur à un tendon... Ils marchent beaucoup pour s’économiser. Quelques mots d’encouragements jusqu’au prochain ravito...

 

CP14 – Antraigues - KM 130,2

J’ai rattrapé Vincent et Eric et nous faisons le yoyo au bénéfice des pauses marchées des uns ou des autres. La course a maintenant commencé totalement. Je me surprends à commencer à penser à l’arrivée et aussi sec, je me force à continuer à raisonner en terme de portions d’un CP à l’autre. En découpant le gâteau, il est jusqu’à présent bien passé, autant continuer.

Le soleil se couche, les premières étoiles apparaissent. Je suis avec Eric qui me confit qu’il adore courir de nuit. De mon côté, je supporte bien mes multiples couches qui m’isolent parfaitement de la fraîcheur de ce début de soirée.

 

CP15 à CP16 - KM 141,4 à KM 151

La nuit est tombée. Et le vent s’est méchamment levé sur les plateaux de l’Ardèche. Certains passages sont protégés mais la majeure partie du temps, nous prenons des rafales terribles de face, qui nous obligent à arrêter de courir pour ne pas laisser trop de jus dans l’aventure. La partie de montagnes russes promises par le profil du parcours se révèle conforme à nos prévisions. C’est dur avec ce vent glacial qui tente de refroidir nos corps et nos ardeurs.

Le passage au Col de la Fayolle au 147 ème kilomètre va marquer les esprits, avec un vent à décorner les aurochs.

Eric a un peu froid, il est toujours en short et tee shirt, et il se couvre petit à petit. Nous courons toujours ensemble, et à deux, l’effort semble plus facile. Lorsque l’un a un petit coup de mou, l’autre imprime le rythme et nous progressons bien. On nous annonce dans le top 10, ce qui me surprend.

Les voitures des suiveurs des autres coureurs nous doublent puis nous les repassons à la faveur d’une pause. Damien qui a abandonné s’élance dans la nuit au volant de sa voiture pour suivre la course sur ces routes étroites et torturées.

 

CP17 – St Pierreville - KM 161,5

Barrière Horaire n°3 – 19h09 de course

Les dix derniers kilomètres qui précèdent la barrière horaire n°3 du 161ème kilomètre seront les plus difficiles de la course pour moi. Dans les descentes je veux rester au contact d’Eric, et je vais un peu au-dessus de mon allure prévue, je puise dans mes réserves et je m’alimente mal. Lorsque nous arrivons au ravitaillement du CP17 j’ai mal à l’estomac, et la soupe de vermicelles que j’avale menace de repartir aussi sec par là où elle est venue. J’ai presque 4h d’avance sur mes temps de passage. Je dis à Eric de ne pas m’attendre, que je veux me poser un moment ici. Je me réfugie au chaud, à l’abri du vent, dans une maison qui a été réquisitionnée pour la course. Je n’ai envie de rien manger, toute idée de nourriture provoque des nausées et un écoeurement mais je sais que si je ne m’alimente pas, je ne pourrais pas continuer bien longtemps. Ici je l’avoue, j’ai trois ou quatre minutes très difficiles sur le plan mental. Je fais le décompte : il reste 50 kilomètres de montagnes russes, je dois manger si je veux aller au bout. Je tente alors un Bolino qui passe difficilement. Puis je profite des toilettes et je reviens dans la cuisine où sont arrivés d’autres coureurs. Je reste 10 minutes assis là, mangeant encore un peu, un peu ébranlé des intestins. L’équipe des suiveurs de Vincent arrive à ce moment-là. Quelques minutes plus tard, la moitié de Bolino avalée semble porter ses fruits. Je ressens comme un rayon de soleil dans l’estomac. Je me lève. J’ai un pressentiment qu’il faut que je reparte maintenant, mes jambes m’ont envoyé un signal, mon estomac aussi. La fenêtre de tir ne sera peut-être pas large, je dois en profiter. Je me dis que je me viderai peut-être dans quelques kilomètres mais le prochain ravito n’est pas loin, et je dois continuer. Je repars en sachant que l’issue de ma course va certainement se jouer dans les prochains kilomètres. Au total je me serais tout de même arrêté 45 minutes à ce check-point, soit 25 de plus que prévu.

 

CP18 – Gluiras - KM 172

Ces 9 km séparant les deux CP sont parcourus à l’économie. Je prends le temps de marcher de temps en temps. Soit dans les montées en continuant mon allure 40/20 soit dans les descentes pour rompre la course lorsque cela dure un peu trop à mon goût. Dès lors, en plein dans une descente, au feeling, je décide de marcher 30 secondes pour casser l’allure et donner un peu de repos à mes cuisses. Mais c’est surtout l’estomac qui travaille. Musculairement, tout va bien, je suis bien entendu un peu fatigué mais aucune douleur n’est à signaler. De temps en temps mes yeux se ferment tout seuls. Je me concentre pour courir au milieu de la route j’ai peur de basculer dans un ravin pendant ces phases de micro sommeil flash. Lorsque j’arrive au ravito de Gluiras, mes intestins n’ont pas encore retrouvé toute leur vigueur mais je sens que l’alimentation va pouvoir continuer normalement. Et ma tête continue de dire que tout va bien se passer.

   

CP19 – Chervil – KM 182,3

Qu’il aura été long celui-là ! De nuit, lorsqu’on progresse dans l’obscurité, on n’est guidé que par les halots de quelques hameaux, en se demandant s’il s’agit du prochain ravito ou non. Et comme les routes ne sont pas droites, on passe son temps à faire des circonvolutions qui semblent rallonger les kilomètres. Lorsque j’aperçois les lumières du hameau où est situé le CP19, je me dis que j’y serais vite. Mais la route n’en finit plus de tournicoter, et là où l’on pense mettre 10 minutes, il en faut facilement 3 ou 4 fois plus. J’ai rejoint un autre coureur qui va plus vite que moi dans les descentes mais que je rattrape dans les montées. Son moral est bon, le mien aussi. On ne se parle guère, concentrés et un peu entamés par les 180 kilomètres déjà parcourus. Nous arrivons finalement ensemble au CP19. J’en profite pour récupérer mon 5ème et dernier drop bag et me changer une nouvelle fois. La température est clémente, l’aube sera bientôt là. Je ne veux pas risquer d’avoir trop chaud au lever du soleil, j’enlève le coupe vent, retire le pantalon. Je repars en corsaire, maillot manches longues et tee shirt de la course par-dessus. J’ai quasiment 4h d’avance sur mon plan de marche, je sais que j’irai au bout. Je commence même à me dire que je peux terminer pour l’apéro.

 

CP20 – Chalençon – KM 189,6

L’estomac est redevenu opérationnel depuis le CP précédent. Je commence à me réveiller vraiment, la lueur du jour est maintenant là et je suis heureux d’assister au lever du soleil. Les jambes répondent toujours présentes et me permettent de continuer à courir 40 secondes par minute dans toutes les montées. Mon rythme me semble régulier, je rejoins le coureur avec lequel j’étais arrivé au CP19 et qui en était reparti avant moi. Il me confie qu’il a sommeil et qu’il va s’arrêter dormir. Un peu plus haut, je rejoins Carmen. Au ravito de Chalençon, je ne traîne pas en route. Les deux bénévoles me disent que je suis 6ème et me félicitent. Je suis surtout heureux car il reste 20 bornes et que je sais que c’est dans la poche pour être finisher. Je repars le coeur léger.

 

CP21 – Vernoux – KM 198,6

Au ravitaillement je retrouve Nicole et Gérard Denis, ça me fait rudement plaisir de les voir. Je suis applaudis par les bénévoles et par monsieur le maire qui a été très présent sur toute la course. Lorsque je repars du ravito de Vernoux, j’aperçois le coureur qui me précède tout au bout de la ligne droite. Oh misère, toute cette ligne droite sans montée ni descente, ça fait « glups » dans ma gorge. L’avantage des montagnes russes c’est que l’alternance du rythme permet de mieux gérer sa récupération. Là, faut pas mollir et réussir à tenir une moyenne normale sur du plat.

J’hésite sur la conduite à tenir. Mais finalement je décide de profiter et de finir en allure footing cette dernière portion de la course.

Je n’ai même pas une pensée au passage du 200ème kilomètre symbolique, à force de découper la distance en sections entre les ravitaillements, je ne me focalise jamais sur le kilométrage total parcouru.

Je franchis le dernier col tout seul avant de repiquer sur Boffres à 5 kilomètres de l’arrivée. Je m’arrête quelques instants pour marcher et appeler Julie pour lui dire que je serais là d’ici 25-35 minutes. Carmen m’a rattrapé, nous décidons de finir ensemble. Mais la fin est longue. Nous tenons un bon rythme dans la descente sur Alboussière, un rythme que je ne pensais pas être capable de tenir, dans les 12 km/h à vue d’oeil.

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CP22 – Alboussière. Arrivée KM 212 – 26h43 de course.

Dans le dernier kilomètre de course, je savoure. Je suis heureux d’être allé au bout, je ne pense à rien d’autre qu’à l’instant présent, j’écarquille les yeux pour apercevoir les enfants qui m’attendent en contrebas, près de la ligne d’arrivée. Les sifflets annoncent notre arrivée, les spectateurs du camping tapent dans les mains pour nous encourager. Je fais un bisou rapide au passage aux enfants puis Carmen et moi franchissons la ligne d’arrivée ensemble sous les yeux de Lolo le grand manitou de cette course d’exception. Il est un peu moins de 8h50 du matin. Soit 26h43 pour boucler la boucle, et 5h de mieux que mon plan de marche. C’est la cerise sur le gâteau mais la cerise a bon goût elle aussi. Une étonnante 6ème place ex aequo au scratch qui est la cerise de la cerise. Mais surtout un plaisir immense d’en terminer sans douleur, sans blessure, et avec la sensation que j’en avais encore un peu sous le pied pour continuer quelques kilomètres.

La suite n’est qu’un long moment de décompression avant de pouvoir me décider à aller me doucher puis à manger un peu et à boire un café qui me fera le plus grand bien. L’excitation sera telle que je n’arriverai même pas à faire une sieste de toute la journée. A la place, je suis allé flemmarder sur la ligne d’arrivée, couché dans l’herbe, au soleil, me levant pour les arrivées des copains. Les applaudir et les féliciter en voyant ces visages exténués mais émus, ces corps mâchés mais encore vaillants. De grands moments de célébration simple mais réelle. Je suis particulièrement heureux de voir en finir Mathieu qui semble frais et qui termine dans un meilleur temps que son estimation. A propos d'estimation, il y aura finalement 59 finishers sur les 93 coureurs au départ. 

Le soir, le repas de clôture sera marqué par des applaudissements nourris pour les organisateurs, Lolo et Isa en tête. Une standing ovation pleine d’émotion leur sera même naturellement offerte, preuve du bonheur qu’ils ont donné à tous les coureurs pendant ces 2 jours. Tous les commentaires allaient dans le même sens : cette première édition a posé les jalons d’une grande épreuve à l’instar d’une Nove Colli ou d’un Spartathlon à la française. Il y a fort à parier qu’une classique est née ce week-end du 12 mai quelque part dans un petit patelin du Nord Ardèche, porté par la foi sans borne d’une équipe d’organisateurs passionnés. Qu’ils en soient ici une nouvelle fois remerciés et célébrés. Voilà de quoi nous réjouir et occuper nos mois de mai des années à venir !

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Le bilan.

A titre personnel, j’ai encore du mal à réaliser que j’ai bouclé mon premier 200 km non stop. Mais je suis surtout heureux du déroulement de la course, où j’ai géré mon effort en pensant à m’économiser tout le temps. De plus mon moral était au beau fixe pendant 26h, les 40 minutes restantes comptant finalement peu. J’aurais encore énormément appris durant cette course, personnellement mais aussi au contact de vrais coureurs d’expérience qui ont des CV impressionnants mais qui sont surtout des hommes simples. Je retiens ainsi cette rencontre avec Philippe Grizard le lundi matin pendant que je faisais mes valises. En toute simplicité, ce monsieur me disait qu’il allait prendre le départ de la Trans Europe (64 étapes) avec ses deux prothèses de hanches pour son soixantième anniversaire.

Mon année de course à pied 2012 est d’ores et déjà réussie, j’ai atteint mon objectif qui était d’aller au bout de l’Ultr’Ardèche. Les portes du Spartathlon me sont ouvertes, mais être au départ de la classique grecque est finalement ce qu’il y a de plus simple, la courir un jour peut-être sera une (sacrée) autre paire de manches. Le chemin pour espérer la finir sera encore long et je pense aux mots de Boileau qui déclarait dans « L’art poétique » écrit en 1674 (pile 300 ans avant ma naissance) :

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. » 

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Par Oslo - Publié dans : Ultra - Course
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 10:24

Les 19 semaines d'entrainement sont terminées ! Place à 12 jours de JUS... pour arriver frais le 12 mai à Alboussière afin de faire honneur à la première édition de l'Ultr'Ardèche.

 

Récapitulatif de l'entrainement:

Résumé de l'entrainement "2 centaines de chataignes" pour la prépa à l'Ultr'Ardèche :

Semaine Nb KM m D+ Durée Commentaires
s1 (19/12/2011) 9 séances 161,8 2695 14h33' 3 sorties > 2h
s2 (26/12/2011) 7 séances 114,4 1965 10h27' semaine allégée
s3 (02/01/2012) 11 séances 155,4 2060 14h25' 2 sorties de 2h
s4 (09/01/2012) 11 séances 152,5 1720 13h54' 1 sortie > 2h
s5 (16/01/2012) 9 séances 130,1 1215 11h49' 1 sortie > 2h
s6 (23/01/2012) 11 séances 161,5 2730 14h51' 1 sortie > 3h
s7 (30/01/2012) 12 séances 168,7 2590 15h41' 1 sortie > 2h
s8 (06/02/2012) 9 séances 102,1 955 08h58' semaine de récup
s9 (13/02/2012) 12 séances 170 2310 14h52'  
s10 (20/02/2012) 11 séances 176,7 2785 17h22'  
s11 (20/02/2012) 7 séances 220 4140 27h27 week end choc !
s12 (04/03/2012)
8 séances 101,7 1675 09h07' semaine de récup
s13 (12/03/2012)
8 séances 171,7 2655 15h46' 1 sortie > 4h
s14 (19/03/2012) 12 séances 212,6  3410   19h32'   
s15 (26/03/2012) séances  103,7 1675  09h41'   
s16 (02/04/2012) 7 séances  174,7  670  18h48'   dont 14h40 à St Fons 
s17 (09/04/2012) 8 séances  80  1285  07h29'  semaine de récup 
s18 (16/04/2012) 10 séances  136,7  1805  12h07'   
s19 (23/04/2012) 7 séances  97  1680  09h13'  1 sortie de 3h 

affiche Soit un total de 19 semaines d'entrainement pour cumuler 177 sorties, 2791 km, 40230m de D+ et 266h11' et préparer cette première édition de l'Ultr'Ardèche.

Certains diront que c'est beaucoup, d'autres penseront que c'est peu. Je me situe au milieu. Dans l'idéal j'aurais notamment aimé faire plus de dénivelé et plus de sorties à allure cible. Car globalement, cette préparation a plutôt été une préparation typée 100 km avec une vitesse moyenne un peu trop élevée pour l'allure cible qui sera la mienne à l'Ultr'Ardèche.

- Le week-end choc de début mars fut incontestablement LE point positif de cette préparation, en cumulant un grand nombre d'heures d'entrainement à allure cible avec Mathieu que je retrouverai sur la ligne de départ le 12 mai prochain.

- Après un gros coup de mou consécutif aux 24h de St Fons foirées, et une semaine de récupération qui fut difficile, ces deux dernières semaines les jambes étaient à nouveau au rendez-vous avec de très bonnes sensations lors de la sortie de 3h à allure cible faite le 29 avril sous une pluie ininterrompue.


Et maintenant ?

Maintenant les dés sont jetés. L'important va être de se reposer pour arriver en pleine forme au départ. Je prévois donc une avant dernière semaine très allégée en courant seulement 1 jour sur 2 et pas plus de 10 km par sortie, en mode footing. Quant à la semaine suivante; qui sera celle de la course, à peine 2 sorties de 30' maxi en début de semaine. Bref, la même dernière ligne droite que ce que j'ai l'habitude de faire avant les 100km de Millau notamment.

 

Tactique, quésako ?

Quelle tactique mettre en place pour aborder une telle épreuve ? 212 km et 4100m de dénivelé positif sur route, à courir en 36h maxi... avec de nombreux ravitaillements et surtout 4 barrières horaires éliminatoires :

ravitos4.JPG Ce qui est certain, c'est qu'il faudra partir doucement, progresser prudemment et continuer lentement ! Dans les montées, pas de question à se poser; elles seront abordées à la marche.

Bref, je vais essayer de me calquer sur les barrières horaires intermédiaires des km 54, 114 et 161 pour y passer avec une marge de sécurité de l'ordre de 1h30 (au départ) à 1h (à la fin) : 

 

 
Km
 
Ville (Altitude)
Temps de course  
Jour/Heure
moyenne min sur le tronçon moyenne depuis le départ D+ sur le tronçon D+ depuis le départ
 
54
St Martin de Valamas (540m)  
08h30
samedi 14h30  
6,35
 
6,35
 
837 m
 
837 m
 
114,3
St Pierre de Colombier (418m)  
19h00
dimanche 01h00  
5,74
 
6,02
 
1133 m
 
1970 m
 
161,3
St Pierreville (596m)  
27h00
dimanche 09h00  
5,88
 
5,97
 
1264 m
 
3234 m
 
212
 
Alboussière (539m)  
36h00
dimanche 18h00  
5,63
 
5,89
 
928 m
 
4162 m

 Mon objectif est d'être à l'arrivée, peu importe le temps mis. De toute façon ce sera long... 

 

Quel matériel ?

Après pas mal d'hésitations j'ai abandonné l'idée du sac à dos. Sur une telle durée d'épreuve, mes épaules apprécieront d'être relachées... Après avoir envisagé le double porte bidons Ultimate Naviti que je portais lors de l'étoile savoyarde 2011, je suis en train de me décider pour un porte bidon tout simple, auquel je vais ajouter une poche supplémentaire et un bidon à main. Je pense que sur une telle distance, il faut privilégier la légèreté. Donc à porter sur moi toute la course : 

- 1 bidon à main Ultimate de 600 ml

- 1 porte-bidon Raidlight de 800 ml

- 1 téléphone portable

- quelques barres de céréales

- le road book (9 pages!)

et en fonction de la météo : lunettes de soleil, saharienne...

 

Reste à gérer les vêtements, la nuit et pour cela, les drop-bags prendront toute leur importance, à condition de bien les disposer aux bonnes heures estimées de passage.

Dans ces drop-bags on trouvera :

- une frontale et une lumière rouge (obligatoire pour la nuit)

- des lunettes de vue au cas où mes yeux ne supportent plus les lentilles (jamais portées plus de 24h...)

- un peu de crème NOK, de la crème solaire et le matériel à percer les ampoules éventuelles + des chaussettes propres (aux barrières horaires)

- un coupe vent et un pantalon long pour le passage au Gerbier des Joncs (température en baisse à prévoir).

 

L'objectif de l'année est donc à présent tout près. Il s'agira surtout d'y croire et d'être costaud dans la tête... Pour le suivi de la course en direct (dossard #34 comme mon département d'origine...) rendez-vous : 

- sur le site web de l'ultr'ardèche

- sur le site de yanoo.net

 

Par Oslo - Publié dans : Ultra - Course
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Jeudi 12 avril 2012 4 12 /04 /Avr /2012 05:55

J’avais élaboré un plan sans accroc. Le casse parfait. Des cycles de 6 tours dont les 5 premiers seraient courus à 10 km/h maximum et le 6ème serait le tour marché, avec ravito, pause pipi et tutti quanti. Au final, je tablais donc sur des cycles de 42 minutes (30’ de course + 12’ de marche). Sur le papier c’était génial. Mais bon, voilà, un 24 heures c’est un peu dans les jambes, beaucoup dans la tête et pas du tout sur le papier.

De profundis ! Reposez en paix mes ambitions de double tour d’horloge bien géré…

DSC00325.JPGAvant le départ.

Jusqu’ici tout va bien. Mon plan donc, est infaillible. Je suis tranquille, ces 24 heures de Saint Fons ne sont qu’une étape dans la préparation vers mon objectif principal ; j’ai nommé l’Ultr’Ardèche. Pas de risque de se planter d’objectif donc, je viendrai à Saint Fons tranquille, pour roder mon allure, alterner la marche et la course, faire les pauses envisagées sur les barrières horaires ardéchoises. Bref, dans ma tête tout est clair. Je connais parfaitement ma table de 6, ravito au 54ème puis au 114ème et enfin au 156ème et au final, la perspective d’améliorer ma modeste marque sur 24 heures qui remonte à ma seule tentative à Aulnat 2010 (163,8 km).

 


Au départ.

Bon alors voilà, nous sommes samedi, il est 9h00, j’arrive au stade pour me préparer tranquillement, à H-1. Je discute avec Robert et Martine Bertin, salue Franck qui a enfin eu la présence d’esprit de se reposer et donc de se déclarer forfait (mais qui est quand même venu). Le temps est maussade, je décide malgré tout de partir en short et manches longues. Nous sommes un petit groupe de 50 coureurs sur le 24 heures auxquels s’ajoutent les coureurs du 6 heures qui partent en même temps que nous.

 

DSC00330.JPGsamedi 10h-16h

Sur le premier quart de la course, tout le monde va bien. On a le sourire, on est beaux, tous persuadés qu’on va atteindre 200 km, voire les dépasser, et que rien ne va nous arrêter. Bon ok c’est pas vrai mais j’exagère à dessein pour dédramatiser. Donc, on est bien. Je papote avec Oli, fais connaissance avec Marc et Zeb, échange avec Luc. En bon languedocien expatrié j’engage la conversation avec les sympathiques montpelliérains. Bref, tout baigne.

Je ne me préoccupe pas du panneau indiquant le classement, me contentant de déclencher mon chrono à chaque passage de ligne pour vérifier que je ne tourne pas trop vite. Les tours courus le sont entre 5’55 et 6’05 donc pile poil dans mes calculs de 10 km/h. Le 6ème tour marché se passe bien, mon estomac et ma vessie sont réglés comme du papier à musique, c’est le paradis.

 samedi 16h-22h

Voilà le deuxième quart de la course. Et c’est là que les affaires se corsent. Mais ça, je ne m’en rendrais compte que plus tard… Ben oui, sinon c’est pas rigolo.

J’avais prévu des cycles de 42’ mais depuis le départ mes cycles font plutôt 38’. Je n’y attache toutefois pas d’importance, même si parfois je me dis que bon, faudrait pas non plus que ça dure. Mais voilà, je me sens bien, si bien que je décide de ne pas faire ma pause de 15’ prévue au 54ème tour. C’est mal.

DSC00271.JPGComme je l’explique à Oli pendant que nous faisons quelques tours ensemble, j’ai eu l’idée pendant la course de découper mon parcours en bouquins. Je m’imagine donc en train de lire une grande fresque avec un premier livre qui fait 10 chapitres, chaque chapitre faisant 6 tours. Je ne regarde donc jamais quelle heure il est, me contentant de savoir où j’en suis dans mes chapitres. De temps en temps de jette quand même un œil au panneau d’affichage pour vérifier que je ne me plante pas dans le décompte des tours. Cela me permet de voir que je progresse et je ne vois pas passer les tours, d’autant que Biscotte et Arthur sont venus courir quelques tours avec nous. C’était vraiment très sympa à eux.

Lorsque la nuit tombe, la fraicheur pique un peu mais je suis tellement accaparé par ma « lecture » que je ne veux pas m’arrêter sans avoir fini le livre en cours. C’est mal (bis). Je vais trop vite : passage au 100ème kilomètre en 10h40, soit 1h30 plus vite que prévu. Je fais même sauter le ravito du 114ème kilomètre pour le reporter un chapitre plus tard, au 120ème. C’est mal (ter). Un camion de pompier arrive pour venir au secours de Maria qui a fait un malaise devant la table des ravitos. Tout s’enchaine, mais c’est trop tard. Voilà les concurrents du 12 heures qui s’élancent, ça met un peu d’animation.

DSC00337.JPG

samedi 22h - dimanche 01h30

Le troisième quart de la course sera réduit à la portion congrue. Au 120ème kilomètre donc, je décide (enfin !) de m’arrêter pour une pause et changer de tenue. J’entre dans le gymnase endormi, je marche jusqu’à ma chaise, enfile un corsaire, change de tee shirt, et opte pour un coupe vent léger. Le problème c’est que depuis 1 heure le vent s’est méchamment levé et souffle de face dans le dernier quart du circuit. Ce n’est plus un coupe vent léger qu’il faut mais une doudoune !

Je ressors et repars trop vite. Sans prendre le temps de faire une vraie pause ni de m’habiller correctement. C’est mal (quater).

Le premier chapitre du nouveau livre a un peu de mal à passer. Je suis un peu émoussé, je n’arrive pas à me réchauffer. Les 6 tours sont bouclés en 6’15 alors que sur le papier (le fameux) je m’étais dis que je baisserai de 6’ à 6’30 dès le 90ème tour. Bref je suis loin très loin d’être dans les clous. C’est mal (quinquies).

Le deuxième chapitre est une horreur. Pas loin d’une heure pour boucler les 6 kilomètres. Le sommeil vient de me rattraper, je dors debout. Mon dos commence à me faire souffrir. Le froid m’engourdit et surtout me bloque la digestion. La bouteille de Powerade que j’ai absorbée entre les deux livres n’était pas une bonne idée (je n’en bois jamais, pourquoi j’ai testé ça à ce moment là ?) Je dois m’arrêter sur le parcours pour vomir. Pendant une heure, je ne peux plus rien manger, ni boire. Mes jambes deviennent flagada. J’ai des crampes, aux jambes, mais à l’estomac aussi. Deux fois je dois « courir » aux toilettes. Là je touche le fond. Mon moral flanche. Je boucle finalement le 132ème tour à 00h40 après 14h40 de course ; puis je décide d’aller dormir 30 minutes dans la salle et de me couvrir. Las ! Je grelotte de froid, je dois retourner encore aux toilettes. Impossible de m’assoupir, le mental se met en carafe. Je ressors, mange un peu de pâtes mais de suite l’estomac manifeste son désaccord. Le vent glacial m’engourdit. Et je décide d’arrêter les frais. Pas envie de me faire mal, pas envie de marcher comme un zombie pour aller gratter des kilomètres. Je n’en vois pas l’intérêt, je n’en vois pas le but. J’ai juste envie d’une douche et de mon lit.

1h30 du matin je rends mon dossard et je file jusqu’à la voiture. 35 minutes plus tard je suis chez moi, déçu mais soulagé.

L’analyse, à chaud.

Je suis nul. Je vais me planter en Ardèche si je suis pas foutu de boucler correctement un 24 heures. Bon, je vous fais la version courte… 

L’analyse à froid.

Donc, comme le démontre cette analyse à chaud : le dimanche après midi, je ne faisais pas le fier. Et le lundi non plus d’ailleurs.

Le mardi (aujourd’hui) j’ai arrêté de me trouver minable et j’ai décidé d’être constructif en analysant les raisons de ce beau plantage. Et elles sont nombreuses mais certaines prédominent : 

- Fatigue : 0 jour sans course à pied depuis le 6 décembre 2011. 16 semaines consécutives à plus de 100 km hebdo. Un 24h même couru en prépa reste une épreuve exigeante, on ne peut pas y aller en touriste sans prendre un coup de bâton (en tous cas pas moi)

- S’en tenir au plan : le plan, c’est pas pour les chiens. En sortir c’est s’exposer au double coup de bâton (en même temps c'est marrant de sortir du plan, c'est comme ça qu'on se découvre parfois des capacités insoupçonnées...)

- Une course de préparation ne peut pas devenir soudain un objectif parce qu’on se sent bien (en tous cas pas moi).

- Mental : le 24 h c’est dur. Ce n’est pas tant la durée qui est difficile mais ce sentiment de tourner en rond sans but. Passer 24h sur un ultra trail c’est différent. On peut se fixer un point : une barrière horaire, un col, un ravito géographique ; et on arrive à avancer. Sur 24h nada, faut avoir un gros mental et là je suis court des pattes arrières…

Mais parce que tout n’est pas noir, il y a aussi des points positifs :

- j’ai réussi à tenir un rythme d’une régularité pas piquée des vers sur les 13 premières heures de course avec des tours courus en 10 ou 15 secondes d’écart maxi. Sans voir passer le temps. Et ce malgré la fatigue accumulée depuis 16 semaines. Et là je crois que j’ai mis le doigt sur des trucs intéressants.

- je ne savais pas quel ultra faire en novembre entre le spiridon catalan, le puy firminy et aulnat. Ce dernier vient donc de disparaitre des tablettes. Un 24h tous les 2 ans, ça me suffit.

- j’ai surtout réalisé que pour atteindre mon objectif qui est de terminer l’Ultr’Ardèche, il va falloir arriver frais, reposé mentalement et physiquement. Enfin, plus frais que je ne le pensais...

 

Fort de ces constats, je vais réduire la voilure en terme de volume d’entraînement d’ici l’Ultr’Ardèche. J’avais prévu de faire une semaine post St Fons chargée, ce sera une semaine de récup (mais une vraie avec 70 ou 80 km maxi et surtout avec 1 vrai jour de repos complet, le premier à 0 kilomètre depuis le 6 décembre). De même j’avais prévu de faire une dernière sortie longue de 55 km de nuit le WE du 22 avril mais pour des raisons familiales je ne pourrais pas. A la place il y aura à nouveau 2 jours de repos complet et une petite sortie de 3h fin avril qui sera la dernière sortie un peu longue. Je vais donc volontairement couper plus que prévu pour arriver en Ardèche reposé, en excédent de sommeil et sur motivé à l’idée de bouffer du kilomètre. Non mais !

Par Oslo - Publié dans : Ultra - Course
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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 08:49

Après avoir fait un premier point à 90 jours avant l'échéance, je relève à nouveau la tête du guidon pour faire le point à 8 semaines du jour J.

 

Les chiffres en détail :

Mise à jour du suivi résumé de l'entrainement depuis le début du plan "2 centaines de chataignes" baptisé en l'honneur de l'Ultr'Ardèche :

Semaine Nb KM m D+ Durée Commentaires
s1 (19/12/2011) 9 séances 161,8 2695 14h33' 3 sorties > 2h
s2 (26/12/2011) 7 séances 114,4 1965 10h27' semaine de récup
s3 (02/01/2012) 11 séances 155,4 2060 14h25' 2 sorties de 2h
s4 (09/01/2012) 11 séances 152,5 1720 13h54' 1 sortie > 2h
s5 (16/01/2012) 9 séances 130,1 1215 11h49' 1 sortie > 2h
s6 (23/01/2012) 11 séances 161,5 2730 14h51' 1 sortie > 3h
s7 (30/01/2012) 12 séances 168,7 2590 15h41' 1 sortie > 2h
s8 (06/02/2012) 9 séances 102,1 955 08h58' semaine de récup
s9 (13/02/2012) 12 séances 170 2310 14h52'  
s10 (20/02/2012) 11 séances 176,7 2785 17h22'  
s11 (20/02/2012) 7 séances 220 4140 27h27 week end choc !
s12 (04/03/2012)
8 séances 101,7 1675 09h07' semaine de récup
s13 (12/03/2012)
8 séances 171,7 2655 15h46' 1 sortie > 4h

 

Le matériel :

Il y a 5 semaines je disais donc "Jusqu'ici tout va bien"... C'est toujours le cas même si je suis dans le gros de la préparation et que certains jours sont plus difficiles que d'autres. Mais dans l'ensemble, aucun souci mis à part quelques contraintes matérielles. J'alterne en effet sur 2 paires de chaussures : NB1080 simple largeur pour les aller-retour quotidiens entre la maison et le boulot (1h découpée en 2x30'), et NB1080 double largeur pour les "vraies" sorties d'entrainement, entre 1h30 et... beaucoup plus. La première paire a rendu l'âme après 860 malheureux kilomètres, la mousse à l'intérieur de la chaussure a décidé d'aller se promener, ce qui a occasionné un bon échauffement sous la maléole. J'ai tenté une opération de la dernière chance mais sans succès. Quant à la seconde paire, après avoir encaissé la bagatelle de 600 km en 5 semaines, la couche de confort des semelles a déjà bien reçu et je suppose qu'après les 24h de St Fons et une autre semaine de fort volume, elles auront donné quasiment tout ce qu'elles avaient dans le sac. Je suis en train de me rendre compte que NewBalance, c'est certes confortable mais de plus en plus fragile... A méditer pour la fin d'année quand il va falloir refaire les stocks pour l'an prochain.
Après avoir couru la bagatelle de 173 km en 2 jours à l'occasion du WE choc de début mars, et sur les conseils de Jean-Benoit (organisateur de la TranseGaule et de la Mil'Kil') ainsi que de Laurent, l'organisateur de l'Ultr'Ardèche, j'ai revu mon idée initiale quant au sac à dos. Sur les 212 km et plus de 30 heures que durera la course, il va falloir partir léger. La possibilité de laisser à l'avance des sacs aux ravitos permet en effet de ne pas se charger. Donc, exit le sac à dos Lafuma 5 litres et sa poche à eau de 2 litres que j'avais initialement prévu d'emporter. A la place, la ceinture porte bidons Ultimate que je portais sur l'Etoile Savoyarde 2011 fera parfaitement l'affaire.

http://farm7.static.flickr.com/6005/5945413667_a0f7eab306_z.jpg

A une nuance près toutefois : toujours en suivant les conseils de Laurent, j'ai testé cette semaine le port de la ceinture à l'envers : les bidons et les deux poches sur le devant, les poches dorsales devenant ventrales. Les avantages sont multiples :

- fin du ballotement causé par un serrage limité (la ceinture trop serrée sur l'estomac ce n'est pas bon, quand c'est sur le dos, c'est beaucoup moins contraignant)

- accessibilité accrue aux bidons et au contenu de la ceinture.

Et les avantages d'une ceinture porte bidons sur un sac à dos sont pour moi essentiels sur de longues distances : épaules et cou moins sollicité, bidons plus faciles d'accès aux ravitos, possibilité de changer de boisson plus facilement qu'avec une poche à eau... Sans compter le poids, contenu. A condition de ne pas trop charger la ceinture Ultimate Naviti qui cube quand même plus de 4 litres de contenance dans ses larges et profondes poches. Début mai, quelques jours avant la course, je referai un 3ème point sur la préparation en détaillant l'organisation exacte du matériel emmené.

En tous les cas, ce samedi lors d'une sortie de 43 kms et 4 heures, j'ai pu valider la bonne option que représente la ceinture portée à l'envers. Aucun ajustement de serrage n'a été nécessaire tout au long de la sortie et j'ai pu enquiller les bornes sans me soucier de ma ceinture. Contrairement à ce que j'avais vécu lors de l'étoile savoyarde.

 

La suite :

Quand je regarde le planning, une chose est sûre : il y a plus de semaines derrière que devant pour arriver jusqu'à l'Ultr'Ardèche. J'ai pour l'instant tenu à la lettre le planning mental que j'avais plus ou moins imaginé (je ne prévois aucune séance exacte très à l'avance, décidant souvent au dernier moment la longueur et l'intensité de la sortie du jour).

Programme des 5 semaines restantes jusqu'à l'Ultr'Ardèche :

s14 (19/03) : charge

s15 (26/03) : récupération

s16 (02/04) : charge max (24h St Fons en mode prépa Ultr'Ardèche)

s17 (09/04) : charge

s18 (16/04) : récupération ou charge selon l'état du bonhomme.

s19 (23/04) : jus

s20 (30/04) : jus

s21 (07/05) : Ultr'Ardèche

En plus des 24h de St Fons, je vais essayer de m'organiser 2 grosses sorties : une sortie à allure VS100 d'une cinquantaine de kilomètres cette semaine et surtout, plus important, une sortie de 60 km environ à allure cible "VS200" en avril qui sera courue à partir de 21h pour tester la course de nuit en configuration Ultr'Ardèche. Si certains sont intéressés pour se joindre à moi, ils seront les bienvenus. Ce serait une boucle autour de la maison dans les monts du lyonnais allure footing cool et marche en côte; le vendredi 13 ou le vendredi 20 avril pour courir sur la fatigue de la journée... à suivre !

Par Oslo - Publié dans : Ultra
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Mardi 6 mars 2012 2 06 /03 /Mars /2012 21:34

Samedi 3 mars. 5h15.

Tiens c’est quoi ce bip ? ah tiens mais oui bien sûr, c’est le réveil ! Aujourd’hui c’est le début du WE choc en prépa à l’Ultr’Ardèche.

Pour une fois je prends le temps d’avaler un petit déjeuner. C’est que le programme des réjouissances qui nous attend, Mathieu et moi, est plutôt chargé. 107 km et 2000m de d+ aujourd’hui, 89 km et 1500m de d+ demain. Les objectifs sont multiples :

-       valider une vitesse cible pour l’Ultr’Ardèche

-       travailler l’alternance marche course et la marche tout simplement

-       accumuler des kilomètres et de la confiance

-       se payer un bon WE d’ultrafond

Il est 6h15 lorsque je referme la porte du garage. A l’étage, madame et les enfants dorment à poings fermés. Je les reverrai demain soir : quand papa fait un WE choc, tout le monde file chez la belle famille !

Nous nous mettons à courir tranquillement, les frontales allumées. Tout de suite, il faut penser à tous ces kilomètres qui nous attendent et se mettre en mode économique. La traversée de Fleurieux permet d’effectuer les premiers kilomètres à la lumière des éclairages publics puis la descente vers l’Azergues nous plonge dans une obscurité… toute relative. Le ciel est en effet dégagé et on annonce un grand soleil pour toute la journée.

La montée à Belmont d’Azergues au KM5 est la première occasion de tester la marche. La côte n’a rien de difficile mais nous sommes en mode répétition donc on s’imagine en condition de course. Bref, on s’applique !

02-belmont-d-azergues

Après Belmont, nous devons monter encore un peu pour atteindre le village perché de St-Jean-des-Vignes, Pour l’instant je suis sur les terres de mes entrainements quotidiens. Nous progressons au nord vers les pierres dorées et ces vallons du beaujolais qu’on croirait taillés pour la course à pied de longue distance. Je ne m’en lasse pas. Surtout que nous avons un lever de soleil superbe sur toute la chaine des Alpes avec le Mont Blanc en invité d’honneur. Après 10 km seulement, frais comme des roses, on déguste, on profite ; bref c’est du petit lait !

Le soleil se lève et nous continuons notre chemin sur les routes campagnardes : Charnay, Marcy. Quelques centaines de mètres de liaison pas terribles le long d’une départementale roulante, merci la voie cyclable, avant de repartir sur les routes étroites au niveau de Frontenas. Nous nous approchons du 25ème kilomètre, et lentement nous nous éloignons de la boucle de 50 km que j’aime courir en été en préparation de Millau. Car cette fois on ne rentre pas à la maison par le Bois d’Oingt (et sa boulangerie qui me sert habituellement de ravito) mais nous poussons plein nord vers la banquise et les ours polaires, enfin presque, plein nord donc, vers Oingt (sans le Bois) et les cols où un peu de neige est restée planquée dans les fossés.

Je découvre ces patelins, ces paysages, et Mathieu à plus forte raison. Nous sommes toujours frais, l’allure est calme entre 3h15 et 3h30 pour 25 kilomètres. Allure qui nous semble un bon compromis pour s’économiser en vue de la longue route qui nous attend, tout en avançant malgré tout. Dans toutes les montées et les côtes, nous passons en mode marche. Ailleurs, on trottine. Tout se passe bien, d’autant plus que la météo est franchement avec nous, température idéale, soleil…

031-Frontenas

Le Saule d’Oingt, KM30. Une vue superbe et dominante sur l’est, et nous attaquons d’un bon pas la montée vers le Col du Châtoux. Nous ne croisons que peu de véhicules, c’est d’un confort aux petits oignons, je vous raconte pas ! Mathieu et moi nous papotons, on fait des projections d’allure, on parle ravito, on imagine, on évalue… Bref, on profite !

Après avoir basculé sur un deuxième col, la route commence à redescendre et nous avons changé de point de vue. Cap à l’ouest avec un petit détour encore au nord vers Chambost Allières. Nous traversons des hameaux calmes dont le bien nommé « Le désert » dans des paysages que ne renieraient pas certains plateaux de l’Ardèche.

03-charnay

Nous voici à Chambost-Allières, Mathieu me fait remarquer qu’il vient de "battre" son plus mauvais temps sur marathon. Ce qu’il ne sait pas encore c’est que le lendemain nous ferons pourtant pire encore !

Pour fêter ce temps abominable, nous décidons de nous offrir un premier ravito. Pour l’instant nous avons consommé les produits embarqués à la maison : barres de céréales, bidons et poche à eau.

Le petit café qui nous accueille fleure bon l’esprit de nos campagnes :  pas beaucoup de place, décoration réduite à l’essentiel (pub Heineken et fanions du club de foot local) et deux ou trois clients qui lèvent déjà bien le coude.

Nous serons plus raisonnables, nous contentant de jus de fruit et de chocolat chaud, avant de refaire les niveaux des bidons et poche à eau et de repartir.

Encore un petit peu de liaison le long d’une route un peu trop roulante puis nous quittons la civilisation une fois de plus.

La route qui mène à St Just d’Avray monte régulièrement mais sûrement. Comme me le fais remarquer Mathieu, ce n’est pas parce qu’on vient de repartir du ravito frais et requinqué qu’il faut oublier nos bonnes résolutions. Immédiatement j’arrête de courir et c’est donc en marchant que nous ferons toute la montée jusqu’au village qui pour nous accueillir comme il se doit, n’oubliera pas de faire sonner ses cloches sur notre passage.

04-Oingt

Le trot reprend ses droits à la faveur d’une route qui redevient plane et nous arrivons à St Apollinaire pour le passage à la moitié du parcours. Bientôt 55 kilomètres de fait, c’est curieux mais pendant un petit moment, je me sens enthousiaste à l’idée que désormais il faut rentrer. Psychologiquement, le fait de se dire qu’on en a plus derrière que devant, ça marche toujours. Bon, physiquement en revanche, ça change rien du tout à la question !

Mathieu semble aller bien, c’est également mon cas. Nous poursuivons la route en direction de Tarare qui est encore à plus de 15 kilomètres.

Quelques portions de liaison le long de la D113 puis nous bifurquons sur une petite départementale qui tournicote. Un long passage sans beaucoup de hameaux ni de civilisation et c’est la montée vers le Col des Cassettes que nous atteignons aux alentours du KM66. L’occasion de faire une pause pipi bien méritée.

05-Chambost-Allieres

La descente sur Tarare est un peu longue. Il nous tarde d’arriver à ce prochain ravitaillement, car il est bientôt 15 heures, et nous commençons à avoir envie d’un repas salé, et d’un peu de repos pour nous poser un petit moment. Mathieu souhaite voir l’état d’une ampoule qui se rappelle à lui, et je décide qu’un petit tour de mes propres pieds ne sera pas du luxe.

Nous voilà enfin à Tarare un peu avant le KM75… Nous nous mettons en quête d’un bar avec terrasse où il fera bon se sustenter. Un petit détour dans une boulangerie pour trouver du salé et du sucré puis nous voilà à la terrasse du PMU. Première idée : retirer les chaussures et les chaussettes. Note pour plus tard : attendre d’être servi avant de retirer les chaussures et les chaussettes… Car le serveur nous apporte deux bouteilles de coca sauvages et pas encore sevrées qui s’échappent du plateau. Opération Titanic sur notre table. Les superbes Nimbus noires aux lacets orange de Mathieu sont baptisées au Saint Coca. Dans un mouvement réflexe de situation extrême, je sauve les sandwiches du naufrage, et j’évite presque entièrement l’attaque du sirop gazeux américain. Après avoir paré au plus urgent et récupéré deux nouvelles bouteilles de coca domestique, nous pouvons nous restaurer. Puis penser au crémage de NOK en règle.

Je ne sais plus combien de temps nous nous sommes arrêtés mais ce fut long. Et lorsque nous nous remettons en route, je me sens reposé et d’attaque pour la suite du programme. Ce qui tombe plutôt bien car il nous reste encore environ 35 bornes. Une petite hésitation coupable, un point carte GPS (vive la téléphonie moderne et les Smartphones, même si j’aurais jamais cru pouvoir dire ça un jour !) et nous revoilà sur la bonne route. Direction St Marcel L’éclairé, avec une bonne montée pour se remettre les idées d’aplomb. Nous marchons donc d’un bon rythme, en ne manquant pas de regarder les travaux du chantier de l’autoroute qui ont percé des tunnels dans les collines environnantes.

Il faut trouver une route secondaire qui part à gauche (comprendre à l’est) mais à quelques centaines de mètres près, on ne sait pas où elle se situe. Nouveau point carte sur le téléphone de Mathieu et on continue de monter un peu jusqu’à la prochaine intersection. Là, nous nous faisons confirmer la bonne route par un paysan sur son tracteur. Comme quoi, les Smartphones c’est bien mais les paysans en tracteur c’est encore mieux !

06-StJustD'Avray

Nous passons le KM80 dans cette portion très sympa : une petite route étroite au goudron refait récemment, qui est en légère descente le long d’un cours d’eau. Ajoutez-y un nom qui m’évoque un preux chevalier des temps jadis (Gonnard de Ronzière) puis nous voilà Ronzière. Soudain Mathieu me lâche et je dois relâcher la foulée pour le rejoindre. Il m’indique qu’il a besoin de se relâcher un peu pour ne pas verrouiller les chevilles qui balbutient un peu depuis plus de 80 kilomètres à une moyenne inférieure à 8 km/h… et je suis d’accord avec lui. Nous allons donc dérouler à une vitesse extraordinairement folle (au moins 10 ou 11 km/h quelle folie non mais je vous jure !) pendant un petit moment et bon… ça fait du bien !

Et nous voilà Saint Forgeux, village qui sonne le retour à des contrées civilisées où nous rencontrons des vrais gens avec des vraies voitures et des vrais panneaux de signalisation.

Quelques parapentes tournent sur les reliefs autour de nous, et nous mettons le cap sur St Romain de Popey non sans avoir vainement tenté de trouver de l’eau dans le cimetière des Saint Forgeois.

Finalement c’est dans une boulangerie supérette de St Romain que nous pourrons refaire le niveau de liquide pour la dernière portion de notre journée. Il nous reste environ 15 kilomètres, les jambes sont un peu dures mais ça devrait aller. Pour nous motiver, Mathieu et moi évoquons la pizza que nous allons commander sitôt arrivés à l’Arbresle, juste avant la dernière montée vers la maison…

Cette dernière portion n’est clairement pas la plus sympathique. La lumière du jour faiblit et la route est passante, nous rebranchons donc les frontales. Je connais presque par cœur cette portion entre St Romain et la maison, lieu de passage d’une boucle de 30 ou 35 km que je fais régulièrement le week-end. A ce moment, mes pensées sont toutes dirigées vers l’arrivée. J’ai hâte de prendre une douche et de manger, de me poser. Il s’agit en fait d’un 3ème ravito dans l’optique d’une course non stop et le besoin d’une pause se fait clairement ressentir. A l’entrée de Savigny, nous bifurquons vers l’Arbresle et après la zone industrielle et quelques lotissements, nous arrivons au KM 105 devant la pizzéria. Parmi les clients qui attendent, un collègue coureur lui aussi, qui nous voit débarquer avec les sacs à dos et les frontales. A sa question « Alors vous avez fait un tour » je suis bien obligé de répondre « Oui, un tour de 105 km » qui le fait écarquiller les yeux. Je tempère donc immédiatement le propos en rappelant que nous sommes partis voilà bientôt 14 heures…

07-StMarcelL'Eclaire

Après avoir mené à bien notre mission de commande de pizza, il nous reste à couvrir le dernier tronçon de notre journée : les 2,5 km et 150m de dénivelé positif jusqu’à la maison. Une portion que je connais comme ma poche puisque je la cours deux fois par jour pour aller prendre le train jusqu’à Lyon. Cette fois-ci ce sera à la marche… Arrivés à moins de 800 mètres de la maison, le vent se lève et la nuit est bien noire. Je m’imagine à l’Ultr’Ardèche à la même heure, avec 106 km dans les jambes et encore autant à faire, sans le loisir d’une nuit de repos… Et je pense qu’il faudra avoir du mental pour repartir !

Il est 20h10 lorsque nous arrivons devant la maison. 13h55 après en être partis, et après avoir couvert 107,5 km et 2000m de d+. La douche sera appréciée, sans parler du menu qui nous attend à base de pizza, pates et glace, le tout arrosé de bière. Les aliments parfaits pour une bonne réhydratation et un régime sain et équilibré vanté par tous les nutritionnistes !

Mathieu et moi n’aurons toutefois pas le loisir de profiter tout à fait car à 22h il faut déjà songer à aller se coucher et à préparer les affaires pour le lendemain. Car le dimanche, c’est une autre belle journée d’ultra qui nous attend…

 

carteIGNDimanche 4 mars. 5h15.

Comme hier : on prend les mêmes et on recommence.

La nuit a été courte mais excellente. Lorsque le réveil a sonné j’étais quand même dans un  autre monde, celui du sommeil profond, et c’était bien…

 

Un petit déjeuner plus tard, nous voilà prêts, Mathieu et moi, à repartir vers de nouvelles aventures. Bon je le concède, l’état des bonhommes n’est pas le même que 24 h plus tôt mais c’est quand même pas mal. Après quelques hésitations, Mathieu a décidé de rechausser les mêmes Asics que la veille, le coca ne l’ayant visiblement pas handicapé. En revanche l’inconnue réside dans le perçage de l’ampoule qu’il s’est résolu à exécuter hier soir. Est-ce que ça va tenir ? En attendant c’est atelier gaze et NOK. De mon côté rien à signaler, un petit échauffement sous le pied gauche mais rien de méchant, je me contente d’un peu de crème. J’ai finis un tube de NOK la veille lors de l’arrêt Coca Tarare et celui que j’utilise ce dimanche matin est déjà bien entamé de la LyonSaintéLyon.

Les premières foulées sont un peu hésitantes. Il faut remettre en route les moteurs et quelques kilomètres à la frontale jusqu’au village voisin de Lentilly permettront de le faire.

Pour autant, le rythme de départ n’est pas aussi alerte que celui de la veille.

 

Les frontales toujours allumées, nous cheminons à flanc de colline sur la petite départementale qui permet de rejoindre Pollionay, village cher au cœur de nombreux cyclistes car point de départ à pas mal de randonnées dans les sous bois ou sur les petites routes. Col de la croix du ban, col de malval, col de la luère : il y en a pour tous les goûts et des possibilités presque infinies de boucles plus ou moins gourmandes.

 

A Pollionay justement, le jour est maintenant bien levé, nous rangeons les frontales. Le ciel est mi-figue mi-raisin, et le col de la Luère qui est notre prochaine destination peine à émerger de la brume… Une intersection, changement de cap et c’est parti pour un long passage marché jusqu’au col de la Luère. C’est l’occasion de reparler de la sortie de la veille, évoquer les allures tenues, la fréquence d’alimentation… Et nous voilà en haut du col de la Luère avec comme à chaque fois que j’y passe, un cycliste qui déboule d’un chemin pour repartir dans un autre. De notre côté nous poursuivons notre orgie de macadam en direction du col de Malval. Nous voilà avec 20 kilomètres d’avalés.

di01-StBonnet

Au passage à proximité de St Bonnet le Froid, nous constatons que ce hameau porte toujours aussi bien son nom, la brume nous enveloppe, quelques gouttes dégringolent des sapins qui gardent les lieux. On ne s’éternise pas dans le coin. Déjà au col de Malval, le ciel est plus clair, et cela va aller en s’arrangeant comme nous quittons la route pour nous engager sur une toute petite portion de goudron. Ici nous nous écartons de la trace initiale que j’avais tracée. D’un commun accord, Mathieu et moi avons en effet décidé qu’il serait judicieux d’écouter un peu la sortie du jour afin d’avoir le temps de se reposer un minimum avant la semaine de travail. Une coupure de 22 kms dans le parcours initial de 89 km a été donc étudiée la veille sur l’écran de l’ordinateur en guise de digestion après la pizza. Nous n’irons donc pas faire la boucle vers Yzeron telle qu’elle était prévue. A la place, coupe à travers bois pour rejoindre Vaugneray. L’ampoule de Mathieu apprécie moyennement les pierres et les racines des sentiers. De mon côté j’accueille ce changement d’adhérence et d’appuis avec bonhommie, cela coupe un peu la monotonie du goudron mais lorsque nous retrouvons le macadam, je l’accueille avec soulagement. On a beau dire, une foulée rasante c’est quand même plus reposant et sur le goudron c’est plus simple !

di03-Vaugneray

Vaugneray, KM32 soit presque la moitié du parcours du jour. Nous sommes un peu moins rapides que hier ou plutôt devrais-je dire un peu plus lent. Nous voilà bien partis pour battre un nouveau record de lenteur sur la distance du marathon. D’autant plus que la pause à Vaugneray sera longue. C’est notre ravito du jour. Arrêt boulangerie et chocolat chaud en terrasse. Puis atelier crémage de NOK, voilà que je finis mon 2ème tube. Il faudra vraiment que je refasse des provisions pour St Fons et l’Ultr’Ardèche !

Cette fois, pas de coca réfractaire au ravito : les chocolats chauds se tiennent cois et nous pouvons repartir... dans la mauvaise direction. Décidément je ne suis pas à l’aise lors des départs de ravito, je lis le road book à l’envers, c’est n’importe quoi. Nous revoilà donc partis à l’assaut du Col de Malval pour un deuxième passage par une autre route, en montée. Opération marche donc. Je ne me souviens pas avoir passé autant de temps à marcher lors d’une sortie. Et moi qui me plains de ne pas aimer le trail pour ces heures passées à marcher... Oui mais là c’est pas pareil : on n’a pas de racines ni de pierres qui se jettent dans nos pieds et on peut rêvasser à loisir en regardant en l’air. Et moi j’aime flâner le nez à l’air.

di01-Malval

Arrivés en haut du Col de Malval, c’est la descente vers Courzieu, son parc aux loups et aux rapaces, que nous ne verrons pas, concentrés que nous sommes sur le rythme. Pas trop doucement pour avancer, pas trop vite pour rester dans l’allure cible que nous travaillons pour l’Ultr’Ardèche. Et 6 km de descente succèdent à 6 km de montée.

En passant à Courzieu, pas d’arrêt, mais je me souviens d’être passé ici il y a 7 jours lors d’une sortie longue de 50 km avec Taldius au cours de laquelle nous nous étions arrêtés à la boulangerie pour faire honneur aux pâtisseries locales.

Le marathon est passé. Et nous avons explosé le pire des temps possibles en 6h15 les 42 kilomètres ! Il est maintenant temps d’un passage façon purge le long de la départementale qui joint Lyon à Clermont-Ferrand. Dans la série route fréquentée ça se pose là. Il n’y a que 600 ou 700 mètres à faire mais c’est long et pénible. Même pas de piste cyclable, je hausse un peu le rythme pour rester le moins longtemps possible sur cette portion. Depuis je me suis juré de ne plus reprendre cette partie, et j’ai trouvé un autre passage plus sympathique pour l’éviter...

La Brévenne, KM45 : ouf nous retrouvons les petites routes et notamment cette montée vers Chevinay qui va nous offrir une grimpette de 4 kilomètres de long. L’occasion de nous remettre à marcher. J’ai tombé le coupe-vent depuis un moment, le soleil chauffe gentiment mais pas trop, la température est encore idéale aujourd’hui. Décidément nous avons un bol monstrueux pour ce week-end choc.

J’aime particulièrement cette montée vers la croix de Crécy et Chevinay. Si on le souhaite, il est possible de poursuivre l’ascension par 3 kilomètres supplémentaires pour rejoindre le Col de la Luère. Je n’ai découvert en courant cette route que récemment et je me suis juré de la refaire cet été en préparation de Millau...

di04-Courzieu

Après avoir basculé vers Chevinay, nous nous remettons à courir jusqu’à St Pierre la Palud, village où jusqu’au début des années 70 on exploitait de la pyrite en grande quantité. Encore aujourd’hui un puits d’extraction domine le bourg.

Quelques kilomètres de descente pour rejoindre Sourcieux, je ne suis pas fâché de retrouver ce village qui est le dernier avant Fleurieux et la maison. Nous dépassons le 60ème kilomètre et les jambes sont un peu dures. Mathieu me dit que ses pieds sont maintenant anesthésiés et qu’il ne sent plus ses ampoules, que le picotement s’est fait une raison...

Encore un peu de macadam, quelques virages, la traversée du hameau de Lévy et nous voilà en vue de la colline de Fleurieux et de son alignement d’arbres au-dessus de l’école. Nous approchons du 65ème kilomètre et du terme de ce week-end choc avec un mélange de soulagement et de bonheur.

Finalement nous atteignons la maison au 66ème kilomètre après 1500m de d+ et 9h09 après en êtres partis. La moyenne fut plus basse que la veille, mais il faut croire que les corps étaient un peu entamés.

Saint-Pierre-la-Palud 47845 Le-Chevalet

Conclusion

Je remercie Mathieu pour sa bonne humeur permanente et aussi sa capacité à encaisser les 173 kilomètres, 3500 m de d+ et 23h00 de course commune sur ces 2 jours. Nul doute que ce week-end nous sera profitable.

L’allure cible pour l’Ultr’Ardèche a été validée. À voir comment cela se traduira pour boucler les 212 km et 4100m de D+ qui m’attendent en mai du côté du pays des châtaignes... Car ne nous leurrons pas l’objectif de l’Ultr’Ardèche sera bien d’être à l’arrivée ! Ce sera dur, beau, intense, dramatique et foutrement vivant.

D’ici là, l’entraînement va se poursuivre avec d’ici mi-mai ; la participation aux 24h de Saint Fons, une ou deux sorties d’une cinquantaine de kilomètres dont peut être l’une qui se fera de nuit. Je me suis mis en tête de faire une boucle de 50 km environ en démarrant vers 21h un vendredi soir d’avril, après la journée et la semaine de boulot ; afin de simuler une longue sortie à allure cible de nuit. Je sens que ce type de sortie sera profitable pour le jour J. Reste à voir si j’en aurais le courage. Mais d’ici là je vais commencer par m’offrir 5 jours à l’entraînement allégé...

Par Oslo - Publié dans : Ultra - Entrainements
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Planning 2012

07/04 : 24 heures de Saint Fons 

 

12/05 : Ultr'Ardèche 

 

02/06 : 24 heures de Roche (en équipe)

 

07/07 : 100 km du Morvan

 

29/09 : 100 km de Millau

 

03/11 : 100 km du spiridon catalan 

 

01/12 : LyonSaintéLyon

Au compteur 2012...

 

=> CéKaGé (Compteur Kilométrique Grollesque)

 

au 22/04/12 :

Avril 2012 : 402,8 km

Mars 2012 : 766,8 km

Février 2012 : 603,6 km

Janvier 2012 : 659,1 km

=> Total 2012 : 2432,3 km

Ultrapoésie:what the f**k?

Ultra endurance et poésie convergent. L’un se nourrissant de l’autre, l’un appelant l’autre, l’un alimentant l’autre. Quand on court, l’esprit divague, l’esprit s’évade et vogue, s’en va, s’éloigne et va picorer des idées, gobe des images réelles ou inventées. Et notre imagination devient une sorte de chien sans laisse qui gambade dans un vaste jardin dont nous fixons nous-mêmes les limites. Si en plus la route qui supporte nos foulées devient elle aussi sans limite, brise la barrière des 42,195 km pour aller vers des bornes muettes ; c’est un univers complètement nouveau qui s’ouvre. A nous de le capter et de le célébrer à notre manière.

 

L’ultra endurance est une école d’humilité. La poésie est une école de simplicité. Dans les deux cas, il faut oublier les conventions, bousculer les préceptes, tracer sa voie et y aller franchement. Un pied après l’autre, un mot après l’autre… et accepter de se laisser surprendre pour se découvrir.

 

Oslo

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