Grouic-grouic sauvage malgré moi

Publié le 12 Janvier 2015

Salut.

Le trail. La nature, les petits oiseaux, les couleurs de l'hiver, les ruisseaux chantant à l'écart de la civilisation et des voitures... Et les chaussures trempées, les pieds mouillés, les chevilles tordues.

Alors voilà, trois ans après, c'était donc mon retour dans les chemins. Trois ans à préférer les routes goudronnées, le ruban de macadam qui semble se dérouler à l'infini, son grain sombre éblouissant après la pluie, et le tempo rassurant, familier, amical, des semelles qui viennent le caresser. Cette année, j'avais envie de rechausser des chaussures moins confortables, à semelles à crampons et d'aller faire le grouic-grouic sauvage dans les chemins gorgées de flotte et de boue. Juste pour me rappeler ce que ça fait. Bon, mais pas longtemps non plus, faut pas pousser. 30 km, un peu moins de 1000m de D+ et le tout juste à côté de la maison, ça me paraissait un bon deal. D'autant plus que ATOS l'organisateur (non, pas le mousquetaire, un autre) est une équipe qui sait de quoi on cause. Cette équipe de coureurs nature (à ne pas confondre avec des coureurs naturistes) parvient à rassembler du monde (plus de 1200 coureurs sur les 2 parcours de 15 et de 30 km) dans une ambiance décontractée, dans un cadre chaleureux et en plus à un prix contenu. Alors donc, pour remettre des chaussures de grouic-grouic, c'était l'endroit idéal.

 

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Le parcours du 30 est roulant (pour les bons) et exigeant (pour les poireaux), ça monte, ça descend, ça déverse, ça fait "schlof-scholf" dans des portions qui relèvent de la thalasso - ah les bains de boue - mais tout ça pour le même prix. On comprend pourquoi Serge Blanco a préféré ouvrir un vrai centre de thalasso, c'est meilleur pour le business. Du côté des ravito, ils sont deux, au 9ème et au 21ème, je ne pourrais pas dire à quoi ils ressemblaient, je ne me suis pas arrêté. J'étais parti avec un sac à dos, la poche à eau et 2 barres de céréales, c'est tout ce dont j'ai eu besoin. D'ailleurs, je n'ai pas trouvé très confortable de courir avec un sac à dos. Cela faisait plusieurs mois que ça ne m'était plus arrivé (sortie longue de 5h sur goudron au printemps) et je comprends pourquoi ça ne me manque pas d'habitude...

Globalement, on a eu du bol avec la météo. Départ sous un crachin pas très sympa, avec un ciel gris mais rapidement le soleil est revenu et j'ai même eu carrément chaud - un comble. Pendant la course j'ai beaucoup pensé à la sortie de la veille (25 km vallonnés sur la route au soleil et par 18°) et j'ai été obligé de reconnaître que je suis quand même plus dans mon élément sur le goudron. Après, je ne dis pas qu'il faut choisir à tout prix. Mais cette petite promenade dans les sentiers des monts du Lyonnais m'a permis de me rappeler certaines raisons pour lesquelles je m'étais éloigné du trail : la sensation d'étouffement dans les nombreuses portions étroites où la densité de coureur est importante, les interminables portions marchées, et les incessants changements de rythme et de terrain qui imposent de rester concentré. Alors oui, si j'étais rapide, je ne serais pas embêté par la première raison. Si j'étais bon, je ne serais pas embêté par la seconde raison. Et si j'étais joueur, je ne serais pas embêté par la troisième raison. Sauf que voilà, je suis un bouffeur de bitume. Alors, après 2h53' d'efforts (13 minutes de plus qu'en 2011 sur un parcours similaire : à l'époque je faisais plus de spécifique!) j'ai franchi la ligne et j'ai rangé mes pompes de grouic-grouic pleines de boue, de terre et de flotte. En me disant que je ne retenterai pas l'aventure du trail de si tôt. Ces presque 3 heures m'ont semblé plus longues que les presque 9 heures d'un 100 bornes route. Bon il faut l'avouer, je manquais franchement d'entrainement adapté. Et pour les amateurs de trail, celui-ci est un vrai bijou, je me suis régalé dans les passages dans les bois, là où les organisateurs avaient décidé de nous faire descendre à pic entre les arbres, en ne suivant aucun sentier. J'ai aimé la sensation des semelles qui restent collées dans les flaques de boue et les panoramas sur les monts du lyonnais. J'ai apprécié quelques passages superbes comme ce petit pont en vieilles pierres avant l'arrivée, le tapis de feuilles jaunes dans les sous-bois... Mais je sais qu'ai eu mon quota pour 2015. On verra l'an prochain ou dans deux ans pour le prochain.

Rédigé par Oslo

Publié dans #Ultra - Course

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T
Il te reste à tester les courses au concept intermédiaire mi-trail mi-route. Je suis sûr qu'une course comme le Raid autour du Golfe du Morbihan tu conviendrait bien(177km en plus, ça ne se refuse pas).
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O
Salut Truc :)<br /> Oui, tu as raison, c'est en effet une course qui me fait bien envie. D'autant plus que course à pied mise à part, le Golfe du Morbihan est une région magnifique. L'occasion de courir un peu et de passer quelques jours en famille :)
J
Ha bah c'est sûr, si tu ne profites pas des ravitos pour papoter, échanger, bâffrer, et te reposer, alors !!! Bonne reprise sur la route ! :)
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O
Merci à toi, la reprise s'est bien passée, sur la route c'est toujours plus facile :)