Lecture : Le Postier

Publié le 18 Février 2015

Charles Bukowski - Le postier
Editions Grasset (Les cahiers rouges
)

BUKOWSKI-LE POSTIERJ'ai relu ce week-end "Le Postier" qui peut être considéré comme le texte de Bukowski le plus accessible au grand public, et d'une manière générale à tous les lecteurs les plus prudes qui hésiteraient à se lancer dans les écrits les plus déjantés de Hank. Il s'agit en effet d'un roman qui fait le point sur la décennie que l'auteur a passé à trier et à distribuer le courrier des Etats Unis. Il y aborde les brimades de la hiérarchie, l'ineptie de certaines tâches, l'optimisation du travail et les relations d'un quotidien professionnel rarement folichon. C'est Henri Chinaski, son double littéraire, qui est le héros de ce récit autobiographique qui ne dépasse pas les bornes du politiquement correct. Certes, c'est de Bukowski dont il s'agit : son style reste trash en comparaison de ces nombreux tacherons (français souvent) qui écrivent pour la ménagère de moins de 50 ans et qui trustent le hit parade des ventes de bouquin en grande surface. Mais on y trouve un Bukowski moins extrême que dans d'autres titres, dans la forme comme dans le fond.
Le bouquin se termine de façon un peu abrupte, Chinaski décidant de reprendre le contrôle de sa vie de façon unilatérale et inattendue. En connaissant la vie de l'auteur, on peut lire ce roman comme le témoignage de sa bascule entre un mode de vie destructeur et éphémère (rapporté dans "Factotum" notamment) et sa vie d'auteur reconnu et vivant de ses droits d'auteur sur le tard. A ce titre aussi, ce roman est intéressant et mérite vraiment un oeil, ne serait-ce que pour se faire une autre idée de ce que propose Bukowski, toujours juste dans l'analyse critique du quotidien des laissés pour compte.

Extrait :
"
Je sais pas comment ça arrive aux gens. J'avais une gosse à nourrir, besoin de boire quelque chose, y'avait le loyer, les chaussures, chemises, chaussettes, tous ces trucs. Comme tout le monde j'avais besoin d'une vieille voiture, quelque chose à manger, tous les petits aléas.
Comme les femmes.
Ou un jour aux courses.
A vivre au jour le jour et sans porte de sortie, vous n'y pensez même pas.
"

 

Rédigé par Oslo

Publié dans #Lecture

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