Endurance Trail : Un premier... DNF !

Publié le 22 Octobre 2011

Il fallait bien que ça arrive... Mon premier abandon en course. Bon, en même temps, quand je refais le point sur ce trail en analysant la préparation, ma motivation et son déroulement, ce n'est pas vraiment étonnant. Flash back...

Fin 2010, après une première moitié de saison passée à écumer les sentiers pour préparer la 6666 Occitane puis le Tour des Glaciers de la Vanoise, j'ai (re)découvert les plaisirs de la course sur route pour préparer les 100 km de Millau et les 24h d'Aulnat. Plein d'enthousiasme, je m'inscris en décembre à l'Endurance Trail avec Philippe, un collègue cycliste qui décide de signer là pour ce qui sera son premier ultra.

De janvier à septembre 2011, je ne fais que de la route, ou presque. A peine 5 sorties trails au printemps, pour changer d'air. Tout le reste de mes entrainements se cristallise sur la route pour préparer mes 2 objectifs de l'année : l'Etoile Savoyarde et les 100 km de Millau. A tel point que fin septembre, à un mois de l'Endurance Trail, mes Roclite 295 ne sont mêmes pas rodées et je me rends compte que je n'ai pas vraiment envie de venir faire ce trail. Si je n'avais pas été inscrit si longtemps à l'avance, je n'y serai pas allé. Mais je mets ça sur le compte d'un 100 km de Millau fait à bonne allure qui m'a laissé un peu secoué. 15 jours avant l'Endurance Trail, je me motive et finalement je descends enthousiaste à Millau avec Philippe. Bon, je ne suis pas aussi motivé que pour les 100 km ou pour l'Etoile Savoyarde mais ce n'est pas le bagne.

http://farm7.static.flickr.com/6111/6269167830_5bb7674fbc_z.jpg

4 heures de route qui passent vite car on papote, puis on file au retrait des dossards. Un petit tour au salon du trail où je croise Michael "Lamiricoré" puis Mimi & Bernard Chevillon puis Gilbert Codet qui me raconte son Tor des Géants... A chaque fois, un peu de fromage local, un coup de rouge... C'est bien sympa :)

Le lendemain, la course démarre à 4h du matin. Le réveil lui, sonne à 2 heures ce vendredi 21 octobre. Je n'ai dormi que 4 heures mais ça va plutôt bien. Le petit déjeuner est vite expédié et à 3h45 nous sommes dans le peloton qui attend par -2° sous l'arche gonflable. Nous retrouvons Mathieu qui vient d'arriver de Toulouse en faisant la route de nuit pour prendre le départ. Chapeau l'artiste ! 

 

http://farm7.static.flickr.com/6111/6269170394_98cc242293_z.jpg4h00 : c'est parti. Il fait nuit noire mais avec 700 trailers, pas besoin d'allumer la frontale ! Un peu de plat et de goudron pour étirer le peloton et c'est la première montée. Nous sommes dans les 100 derniers (à vue d'oeil) et on monte doucement. Bref, tout va bien.

Arrivés sur le Causse, nous perdons Philippe. Une pause pipi, on attend un moment mais pas de Philippe donc on repart, Mathieu et moi, en direction du Rozier, KM 22 et premier ravito. La descente sur le Rozier vaut le coup, on envoie un peu, on dépasse des trailers plus prudents que nous. Premier ravito, nous avons 1h30 d'avance sur la barrière horaire. On mange un peu (des petits pains aux céréales et raisins délicieux) et je ne sais pas comment mais je vais perdre Mathieu. Au moment de repartir, pensant qu'il est devant, alors qu'il devait être derrière... Bref, la montée sur Peyreleau se fait tout seul et j'enrage d'avoir perdu Mathieu, parce que rester "tout seul" ne m'amuse guère. Cette montée vers St Rome de Dolan est certainement le passage le plus sympa. Le lever de soleil sur les falaises est superbe, mais je dois souvent marcher alors que j'aimerais courir car devant, ça bouchonne sur les mono traces. Plusieurs fois je dois doubler dans des endroits un peu limites mais les marcheurs ne semblent pas disposer à se pousser pour que je puisse continuer à courir.

http://farm7.static.flickr.com/6053/6268646333_87e7b5c98b_z.jpg

St Rome de Dolan, 2ème ravito, j'ai maintenant 2h15 d'avance sur la barrière horaire. Je retrouve Michael à la sortie du ravito, on papote. Il a mal au dos, et moi aussi, mais ça ne semble pas s'aggraver. Je sais que je n'ai plus trop l'habitude de porter un sac à dos, mais bon, pas le choix, faut faire avec. Nous repartons de St Rome ensemble pour nous enfiler la descente vertigineuse sur Les Vignes. J'admire au passage l'aisance redoutable de Michael dans ces descentes monotraces engagées. Le bougre descend à une vitesse supersonique que j'ai de la peine à suivre sans puiser dans mes réserves. La remontée sur le Causse est abrupte, nous passons le mur symbolique du 43ème kilomètre. Devant nous des coureurs ont un planté de bâton peu académique, je les évite en les dépassant et nous pouvons courir sur une portion plane jusqu'à La Viale, un peu avant le 60ème kilomètre. J'ai perdu Michael, on m'annonce 103ème au ravito allégé. J'en profite pour remplir ma poche à eau mais sans trouver d'eau pétillante pour couper l'eau plate, bien dommage.

 

http://farm7.static.flickr.com/6055/6269177650_faed35fd22_z.jpg

Et c'est reparti pour un tour de descente / montée de Causse jusqu'à Veyreau au 66ème kilomètre (63ème pour l'organisation, soit 3 km de moins que mon GPS). Dans la dernière descente, je me suis tordu le genou sur un appui, petite douleur sur le moment puis plus rien. Toutefois, quand j'arrive au ravito, je sens que ça tire. Je m'arrête un moment, on m'annonce 77ème. Je repars, surement trop vite, mais le parcours est plat, monotone, sur des pistes larges, cette portion est interminable. Dans les descentes, mon genou me lance mais la douleur reste tout à fait tolérable. Dans la tête en revanche, la lassitude fait son oeuvre. Plus de 70 km de fait, et je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il m'en reste encore un bon tiers. Impossible de penser en petite sections, au prochain ravito, comme d'habitude. Je fatigue. Ma foulée devient chaotique, laborieuse. Je maintiens le rythme en essayant de positiver. Mais ces pistes larges me plombent. Je regrette les mono traces au dessus des gorges où je courais relâché et facile une heure et demie plus tôt...

http://farm7.static.flickr.com/6057/6269197744_742ebfa54a_z.jpgDans la descente vers les Douzes je récupère un concurrent qui part la tête la première dans la descente. Il s'en est mis une bonne. Je l'aide à se relever puis je repars, toujours trop vite. Je sais que je vais trop vite, mais j'en ai marre. Je suis pressé d'arriver. Je ne prends plus de plaisir. Les descentes me font mal au genou, je compense et commence à avoir mal à la hanche. Arrivé à mi pente, je m'arrête plusieurs fois, les mains sur les genoux, à reprendre mon souffle. Je sens que je cale.

http://farm7.static.flickr.com/6117/6269200716_21612e3c64_z.jpgJe repars et me force à relancer. Dans les appuis fuyants, mes chevilles se tordent et ça m'agace. Passage sur le petit pont à côté du village et c'est la remontée sur le Larzac. 3 kilomètres de grimpette sévère et interminable. Je m'arrête plusieurs fois, épuisé mais surtout lassé. J'en ai marre. Depuis un moment ma tête s'est mise en grève et refuse d'aller plus loin. Je considère le prochain ravito de Pierrefiche au KM 86 comme mon arrivée. Voilà bientôt 12h que je cours, j'ai ma dose. Je passe un coup de fil à Philippe qui m'annonce qu'il est à l'arrivée, après avoir abandonné au KM40. Je lui annonce que j'arrête au ravito qui arrive et que je le rejoins.

http://farm7.static.flickr.com/6097/6268664967_171520cbcd_z.jpg

Voilà enfin Pierrefiche, 87 km à ma montre, 83 pour l'organisation. Je pensais qu'il restait 19 km mais il en reste encore 23. J'ai calculé qu'en marchant, il me faudrait encore 4h30 pour rentrer. Trop, beaucoup trop... On me pointe à la 65ème place mais j'annonce directement que j'arrête. La tête n'en veut plus. Le corps lui, aurait certainement pu aller plus loin, au bout sûrement. Mais la tête a capitulé depuis longtemps. Je ne suis même pas trop déçu. Je plaisante avec les bénévoles, mange des tartines de roquefort... et je suis soulagé que ça s'arrête enfin.

http://farm7.static.flickr.com/6040/6268684575_3756bf8437_z.jpg

Dans la navette qui me ramène au départ, je repense à cette course et analyse déjà toutes les raisons qui ont conduit à cet abandon :

- manque de motivation pour participer à cette course prise trop à la légère

- manque de préparation mentale pour passer 16h ou 17h à crapahuter

- rythme trop élevé

- récupération des 100 km de Millau insuffisante

Ces 4 raisons additionnées expliquent mon arrêt après 87 km et 3700m de D+ bouclés en 12h25.

 

Le lendemain, mon genou tire encore un peu mais ça va mieux. Je n'ai que quelques courbatures qui me font penser que plus que le corps, c'est bien la tête qui a laché. J'ai également eu la confirmation que le trail ne m'intéresse plus en pratique compétitive. Trop de passages marchés, trop de monde qui induisent des faux rythmes, trop de temps mis pour avancer de quelques kilomètres... cela ne m'intéresse plus; pour l'instant. Cela tombe bien, 2012 sera une année 100% goudron. Mais d'ici là je vais alterner route et sentiers roulants pour préparer la LyonSaintéLyon.

Rédigé par Oslo

Publié dans #Ultra - Course

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Heureusement tous les trails ne présentent pas des bouchons ou de larges pistes, ça t'a apparemment aussi pas mal flingué le moral.<br /> Bon on n'est pas près de se croiser car la route ne m'attire pas, à part pour un 10 bornes de temps en temps.<br /> @+ sur le net donc ;-)
Répondre
O
<br /> <br /> @Michel : je reviendrai au trail... mais pas tout de suite... et sur des courses "confidentielles" :) Bonne saison à toi !<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> 1er DNF !!!<br /> je vois que tu le prends avec beaucoup de philosophie, celà fait partie de l'apprentissage. Même si tu es déjà performant, le meilleur est à venir. Tu n'avais peut être pas envie, tout<br /> simplement.<br /> Il est toujours difficile de se remotiver après avoir réussi l'objectif ou les objectifs de l'année, c'est ce que l'on appelle la course de trop, mais qui ne doit pas tenir un beau bilan 2011<br /> Place à la rigolade avec le beaujolais et l'AR de la Sainté<br /> A très bientôt<br /> <br /> <br />
Répondre
A
<br /> T'aurais du venir avec nous te faire le trail du Lison. Terrain très varié, ludique, pas trop long (45 km) sur lequel tu peux courir à donf ... Ca m'a redonné une belle patate. Tu viens gambader<br /> avec Biscotte et moi le 13/11 à Sainte-Catherine ?<br /> <br /> <br />
Répondre
O
<br /> <br /> Je ne regrette pas d'être allé à Millau, je me suis quand même bien marré et toute la partie de nuit / lever de soleil et parcours en balcon était très sympa. Par contre KO pour le 13/11 je suis<br /> pris ce WE là...<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Bonjour,<br /> <br /> il me semble que je me suis reconnu dans votre commentaire ... je suis le trailer qui est parti "la tête en avant"<br /> <br /> merci de m'avoir aider à me relever !!!<br /> <br /> j'ai pu heureusement repartir et terminer la course. (juste un petit bobo au genou)<br /> <br /> j'ai posté également un post : http://trails.skynetblogs.be/archive/2011/10/24/endurance-trail-templiers-millau-21-10-2011-106-km-4700-m-d.html<br /> <br /> Par rapport à votre course, j'ai connu également une fois l'abandon, c'était à l'UTMB ... même sensation que vous ... et après mon bilan ,c'était une sage décision.<br /> <br /> Bonne continuation !<br /> <br /> Christophe<br /> <br /> <br />
Répondre
O
<br /> <br /> Bonjour Christophe. Je t'ai vu passer à Pierrefiche, la navette qui me ramenait à Millau partait lorsque tu arrivais au ravito. Bravo pour être allé au bout et tant mieux si ce fut sans blessure<br /> !<br /> <br /> <br /> <br />
M
<br /> Argh, effectivement j'ai du baisser la tête un instant au premier ravito et je t'ai perdu de vue. c'est dommage je t'aurais encore bien accompagné sur le tronçon suivant.<br /> Après, si je regarde tes temps de passage, j'aurais pas été loin à ton rythme. En même temps si tu avais vraiment marché à la fin pendant 4h30 on finissait ensemble ;-)<br /> Je vous souhaite à tous une bonne LSL !<br /> <br /> <br />
Répondre
O
<br /> <br /> Bravo à toi Matthieu, tu as été plus sage que moi et tu as pu aller au bout. Belle course surtout après être venu de Toulouse directement au départ :o))))<br /> <br /> <br /> <br />