Marathon du Beaujolais : un peu d'eau en plus du beaujolais...

Publié le 20 Novembre 2011

L'objectif de ce marathon était double :

- faire une dernière sortie longue en vue de la LyonSaintéLyon dans 15 jours.

- découvrir ce marathon qui s'est taillé une belle réputation au fil des ans.

Le rendez-vous était donné tôt à Vincent, qui venait de Montbrison pour se retrouver à la maison. Dans le sillage d'Alex, qui avait gentiment récupéré nos dossards la veille à Villefranche, nous démarrons à 8h du matin le samedi. 20' de trajet et nous voilà garés à Parc Expo. Quelle organisation ! L'arrivée n'est pas au même endroit que le départ, et le départ est encore à un endroit différent que là où on laisse la voiture puisqu'il s'agit d'un parcours en ligne. Bref, on décide de se garer au départ des navettes pour Fleurie, là où aura lieu le départ.

http://farm7.staticflickr.com/6095/6369991981_46a4d9f00f.jpgLa température est fraîche, mais le soleil semble décidé à sortir. J'adopte une tenue adaptée : cuissard et manches longues que j'ai prévu de retirer dans la journée. Toujours en vue de la prépa à la LyonSaintéLyon et comme je l'ai fait sur les dernières sorties longues ces 3 dernières semaines; je fais le marathon avec le sac à dos et la poche à eau pour réhabituer les épaules à porter du poids. Car depuis le début de l'année, j'ai couru léger pour préparer l'Etoile Savoyarde puis Millau. Et à la fin de l'Endurance Trail j'ai eu les trapèzes bien douloureux...

http://farm7.staticflickr.com/6059/6370082731_dd85e0d829.jpgNous arrivons à Fleurie et nous nous mettons au chaud dans le gymnase à côté du départ. Ambiance traditionnelle d'avant course. Il y a beaucoup de monde (un peu plus de 1300 inscrits), des déguisements très réussis, Batman et Jésus participent à la course !

Sur la ligne de départ, Vincent et moi attendons l'heure du départ en profitant des rayons de soleil qui nous chauffent gentiment. Un coin de ciel bleu semble décider à s'étendre, et je ne serai pas contre. Point noir : l'insupportable animation des speakers avec du poum-poum en guise de bouillie sonore crachée par les enceintes. Quelle abomination ! Et les speakers qui redoublent de cris prépubères pour faire lever les bras... Ce côté grand messe et musique techno dégueulasse me fait mal au ventre et j'ai hâte de partir pour pouvoir replonger dans une bulle de silence rythmée par les bruits des semelles sur le goudron. À l’opposé, les orchestres sympathiques que nous retrouverons lors des ravitos feront du bien aux oreilles et apporteront une ambiance chaleureuse et plus nature que cette ridicule animation de grande surface.

http://farm7.staticflickr.com/6220/6370109065_8dc8eb5529.jpgDépart. Les fous furieux qui se gavent de gels jouent des coudes pour passer devant. Allez-y les gars; moi j'ai tout mon temps ! Yannick du forum Athlète Endurance me rejoint et l’on papote un moment; ça faisait un moment qu'on ne s'était plus croisé sur une course. Il est toutefois plus rapide que nous alors lentement il s'éloigne. Je profite d'ailleurs d'un premier ravito pour goûter le beaujolais nouveau car on n'est pas puni non plus ! Vincent et moi restons ensemble. Il a un objectif de 3h45 pour son premier marathon, et même si ça me semble un poil rapide pour une sortie longue de prépa; je décide rester avec lui. Nous courrons à un petit 11.5 km/h de moyenne environ. Vincent semble bien, il a préparé ce marathon de manière sérieuse, en suivant un plan d'entraînement adapté à ses disponibilités et à son niveau. Je sais qu’il vaut mieux que 3h30 sur marathon donc je n’ai pas d’inquiétude quant à la réussite de son objectif. De mon côté, j’ai 110 km dans les jambes depuis les 5 derniers jours, et le but aujourd’hui est de partager et de profiter.

http://farm7.staticflickr.com/6213/6370029565_f742e53c29.jpgLa première moitié du parcours est superbe, vraiment. J’ai toutefois trouvé que ça manquait de côtes mais j’imagine que pour ceux qui veulent se tirer la bourre avec le chronomètre c’est mieux. C’est un peu dommage, il y a suffisamment de marathons dont les tracés sont adaptés au record et je trouvais justement intéressant d’avoir un marathon qui mise avant tout sur la convivialité. Et de convivialité, il est question sur ce parcours. Des gens massés sur les bords des routes, des orchestres aux ravitaillements, une grosse ambiance, des gens déguisés dans le peloton mais aussi chez les spectateurs.

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Les kilomètres défilent sans que l’on s’en rende compte. Les ravitaillements dans les caves des domaines viticoles et sur les domaines arborés sont un grand moment. On se régale, je dégaine l’appareil photo, et aussi le gobelet pour faire honneur à la boisson locale et aux produits diététiques : saucisson et grattons (pour ceux qui ne le savent pas, il s’agit de résidus grillés de graisse et de viande de porc ou de canard)

Nous passons au semi marathon en 1h50 tout rond.

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La deuxième partie du parcours est moins intéressante. De plus la pluie fait son apparition. J’ai toutefois retiré les manches longues depuis un petit moment et en tee shirt, il ne fait pas froid ; on est même très bien pour courir. Alex qui nous avait dépassé il y a un petit moment apparaît devant nous et nous le reprenons. Lui qui partait pour faire 3h30 semble piocher, il me dit qu’il a des douleurs aux hanches et je comprends que c’est foutu pour son objectif.

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Nous sommes au 30ème kilomètre et nous commençons à rattraper des coureurs qui marchent et qui souffrent de crampes.

Vincent a peur du fameux mur, mais il tient bien le rythme, même si son visage est plus marqué que trente minutes plus tôt. De mon côté, tout va bien aussi, je me sens même plus frais au 30ème qu’au 20ème. J’ai eu un petit coup de mou entre les deux mais là tout est reparti. Je suis en configuration « long » et à cette allure je sais que je pourrais tenir encore... longtemps.

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Passé le 35ème kilomètre, Vincent faiblit un peu et court maintenant un mètre derrière moi. Je conserve un rythme constant, légèrement au–dessus des 11.5 km/h  et je l’encourage en lui annonçant que son objectif de 3h45 est dans la poche et qu’il peut même viser un 3h40. Je calcule, ça passe le temps car cette partie du parcours sous la pluie n’est pas passionnante. Je regrette les passages dans les caves et les domaines du premier semi.

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Soudain, dans la grande descente vers Villefranche, et à ma grande surprise, Vincent part devant. Je ne force pas pour le rattraper, je veux garder ma marge par rapport à mon objectif du jour qui est de ne pas taper dans la machine.  Mais le bougre ne faiblit pas, il a maintenant trente bons mètres d’avance. Dans la partie plane qui suit, je reviens sur lui, il a du mal à avancer, mais je le motive en lui parlant de 3h40, voire moins...

Quand il me dit qu’il a mal aux épaules, je lui donne quelques conseils pour bien se relâcher et bien respirer. Je lui fais le décompte des kilomètres à partir du 38ème kilomètre. Dans Villefranche, au 40ème j’accélère un peu et je sens que Vincent est prêt à suivre.

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C’est donc parti, nous doublons de nombreux coureurs et nous nous offrons 1000 derniers mètres rapides. Passage au marché couvert et ses marches glissantes, une petite ligne droite, un virage et c’est le dernier effort. Passage sur la ligne en 3h36. Vincent est ravi et moi très content d’avoir pu partager ce marathon avec lui. On nous offre une bouteille de beaujolais, un taste-vin qu’on oublie de me donner mais je m’en fous. Nous allons nous mettre au chaud sous le marché couvert, en attendant la navette qui nous emmène à Parc Expo pour récupérer la voiture.

Je ne pense pas refaire un marathon car le chrono ne m’intéresse pas, surtout sur cette distance-là. Par contre j’ai beaucoup aimé celui-là dans ce cadre-là : en accompagnant un copain, sur un parcours festif, à côté de la maison, avec du vin au ravito et une belle sortie longue pour finir le gros de l’entraînement en vue de la LyonSaintéLyon !

Rédigé par Oslo

Publié dans #Ultra - Course

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D
il était bon au moins ce beaujolais nouveau ?<br /> <br /> Vu comme ça, c'est sur que le marathon devient plus sympa qu'une course au chrono millimétré à la seconde près !
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O
<br /> <br /> @Doune : au 1er verre c'était très moyen:  froid, acide... et puis au 3ème ça allait nettement mieux, surtout avec les grattons :)<br /> <br /> <br /> <br />
J
Hello et merci pour ce récit toujours sympa ! Je suis tout à fait d'accord avec toi quand aux barnums avec sono à fond et casse-oreilles... Insupportable... Ca c'est de la course plaisir ! Bravo !
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O
<br /> <br /> @JY : ils feraient mieux de mettre du bal musette ou du metal mais pas cette techno insipide et daubée...<br /> <br /> <br /> <br />
M
Du donnes l'impression d'avoir avalé le vin et les km sans être affecté par l'un ou l'autre. Un gars normal devrait avoir mal à la tête et aux jambes !
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O
<br /> <br /> @Mathieu : ce n'est qu'une impression. Je n'ai bu que 3 verres de beaujolpif qui n'étaient pas remplis, donc, à peine 3 ou 4 gorgées ! Pour les jambes par contre, lors de ma sortie du dimanche<br /> matin, j'avais les genoux un peu tendus et je n'ai couru que 40 minutes...<br /> <br /> <br /> <br />
A
3h36 ... Hé bé, voilà une balade rondement menée. La dernière fois que j'ai fais la distance c'était en 3h35 et je n'aurai vraiment pas aimé faire 136 km 2 semaines après. Grand fou ...<br /> A très bientôt. :)
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O
<br /> <br /> @Arthur : bah, 2 semaines ça fait 14 jours, c'est long non ? Disons qu'on va bien se calmer maintenant :) J'ai hâte d'être à Gerland le Samedi matin :)))<br /> <br /> <br /> <br />