Poème du jour

Publié le 17 Avril 2013

Robert est rentré de Saïgon

http://farm3.static.flickr.com/2662/4226589431_0a831bdcff.jpgLes images d’un Saigon

de cinéma défilent

clip ridicule

concentré en x images secondes

succédané de lieux communs.

L’oncle Sam enfonce

les portes ouvertes, les fenêtres fermées

et les cloisons de bambou

celles qui sont douces

sous les doigts

comme la peau des autochtones.

Saigon fébrile fille de joie

dépucelée

un soir de napalm

plus rouge qu’à l’accoutumée

des tirs de mitraillette

qu’on égrène comme

une pluie de parmesan noir sur

une foutue pizza qui couine

et qui saigne.

Robert est rentré, foutu Robert

un bol de cocu

seconde nature de béni des dieux

avec son visage joufflu comme un O

entre deux parenthèses bouclées

avec son gros cul

et des tâches plein la gueule.

Alors Robert est rentré chez lui

chouette maison chez sa mère

à l’ombre des saules pleureurs

avec tout le reste; gazon et rivière,

des fleurs des oiseaux

un vrai panorama de conte

romantique à la con.

Mais y’avait Saigon,

Saigon la brute qui était passée

par-là

avec son corollaire

de flingues, de tirs, de brouillard

de feu et de putes

de bars et de bastons.

Des tronches cabossées

ramenées de là-bas et pour

lui pourrir ses nuits;

toujours d’attaque.

Devant la mère il fallait

faire semblant, donner le change

tout ce qu’il reste quand on

vous a tout pris.

Faire comme si, comme si rien

en attendant la mort

comme une vieille copine

qu’on n’a plus revu depuis un bail.  

 

11 mars 2010

Rédigé par Oslo

Publié dans #Poésie

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