Quand 24 heures durent 24 heures...

Publié le 4 Juin 2014

1 – La première impression

« Courir en rond 24 heures c’est vraiment un truc à la con. »

« Il ne faut pas bien être clair dans sa tête pour faire ça. »

« Mais quel intérêt de se faire mal pour rien ? »

Quand on échange avec un coureur lambda sur la course de 24h, en règle générale, on obtient au mieux un silence gêné, au pire, une de ces réponses, suivie d’un rire moqueur. Il faut avouer que l’idée peut apparaître un rien saugrenue, d’autant plus à une époque où la course à pied s’est largement démocratisée et qu’il y a pléthore de courses en milieu naturel, avec des parcours variés, bucoliques et enthousiasmants. Dès lors, le principe de tourner en rond sur une boucle d’environ 1000 mètres peut apparaître incompréhensible. Je le conçois. Cet apparent manque d’intérêt fait pourtant partie des richesses insoupçonnées d’une course horaire, celles qui ne se dévoilent que lentement à ceux qui veulent pousser la porte pour aller plus loin qu’une simple impression.

 

2 – Qu’est-ce que je viens faire là ?

Mon historique sur 24 heures est pauvre et mes rares expériences douloureuses :

Novembre 2010 : Aulnat. Mes lombaires me lâchent après 14h de course, je suis obligé d’aller m’allonger pour me reposer pendant la nuit. Au petit matin, malgré la pluie, je ressors du gymnase et je retourne trottiner pour finir à 163,8 km. Je loupe la marque symbolique des 4 marathons que j’avais imaginée possible (168,8 km). Je découvre malgré tout une épreuve dure, mais je me dis que je reviendrai essayer.

Avril 2012 : Saint Fons. Je suis venu en préparation de l’Ultr’Ardèche 2012 dans l’optique d’accumuler du kilométrage et de ne pas m’arrêter la nuit. Après 13 heures sans souci, tout se dérègle, la 14ème heure est une horreur ; je suis malade, mes lombaires me lâchent à nouveau. Finalement peu après la 14ème heure de course, je rends les armes et je rentre me coucher avec à peine 132 km.

Mai 2014 : Roche la Molière. Après Saint Fons il y a 2 ans, je m’étais juré que c’était fini, que je ne retenterai plus l’aventure du 24h. En 2012 j’étais même persuadé que les courses de plus de 100 km n’étaient pas faites pour moi. Mais depuis il y a eu 2 Ultr’Ardèche et 1 Spartathlon bouclés qui m’ont prouvé le contraire. Je décide donc en ce début d’année 2014 de m’inscrire aux 24h de roche la molière. L’objectif est double : tenter de faire un vrai 24h (c'est-à-dire sans pause nocturne) et de faire une sortie (très) longue de prépa pour le Spartathlon.

 

3 – La semaine d’avant.

La semaine d’avant je suis en récup post 6h de la Sarra. Je cours peu (à peine 82 km en 7 jours soit la moitié de ma charge hebdo moyenne) et je commence à cogiter. Je suis sur la bonne dynamique de Belvès, j’ai couru encore plus cet hiver, je me sens bien. Et je commence à penser à une marque espérée. Je me dis que quand même, avoir son meilleur temps de référence sur 24h à l’Ultr’Ardèche ou au Spartathlon, ce n’est pas normal. Et que je dois valoir 200 km. Alors je cogite. Je lis les comptes rendus d’anciens 24h écrits par ceux qui savent faire, par ceux qui ont l’habitude. Et je me dis à chaque fois « mais y’a pas de raison que j’y arrive pas ! » Bon ok, ce n’est pas nouveau comme constat. Mais entre se sentir capable d’y parvenir, et y parvenir, y’a une marche. Enorme. Et cette marche, ben c’est la réalité !

Alors j’arrête de rêver. Le mercredi 28 mai, 3 jours avant la course, dans le train du boulot-dodo, je réfléchis à un plan de marche. Avec des calculs à la con, j’arrive à 202 km. Sur le papier. Ça passe toujours, sur le papier…

Roche003 

4 – La pression monte

Dernière nuit moyenne. Ni plus ni moins, j’ai l’esprit mobilisé vers Roche la Molière. Le mercredi soir j’ai participé à un entrainement de basket qui m’a occasionné un bel échauffement à la plante du pied gauche. Et stress ou non, j’ai les lombaires qui tiraillent. Pas de bons signes. Mais qu’importe. Quand faut y aller…

 

5 – Les derniers préparatifs

Quelques préparatifs mais sans non plus tomber dans le délire. J’aime que les choses restent simples. J’ai donc prévu un sac avec des affaires de rechange pour la nuit (collant long, polaire, gants, bonnet, coupe-vent, buff, sous-vêtements de rechange) et un sac avec des affaires pour le lendemain matin quand la chaleur reviendra (cuissard, tee shirt).

En arrivant au stade de Beaulieu à 8h40 du matin, je vais commencer par retirer mon dossard qui porte le numéro 18, comme la 18ème édition de la course qui se déroule cette année. Ensuite, installation de mes affaires sur une table réservée aux individuels, à côté du ravito commun. Là je dépose quelques bouteilles, mes 2 bidons à main, quelques barres de céréales. Pas de sac pour la nuit, pas de matériel pour aller m’allonger au chaud dans le gymnase. Le but c’est de rester en piste. Ainsi je n’aurais pas le choix, bien obligé de continuer à tourner au plus noir de la nuit. Sous la table, je pose mon sac de sport contenant mes affaires de rechange et un pack de St Yorre. Et une paire de Saucony Triumph10 au cas où je ressente le besoin de changer de chaussures.

 

6 – Les chaussures fétiches

Je n’ai pourtant pas pour habitude de changer de chaussures au milieu d’une course. Surtout que je suis armé. Attention ! Je porte les NewBalance 1080 qui ont vu Sparte en Septembre dernier et qui sont passées sous les 9h00 sur 100 bornes il y a 5 semaines. Inconsciemment ou non, ça me rassure.

Bon en fait je suis moyennement rassuré. Après mes 2 échecs précédents en 2010 et 2012, je n’ai pas de quoi en mener large au moment du départ. Heureusement la présence de Julie et des enfants sur le bord de la piste me donne du baume au cœur.

 

7 – La stratégie c’est pour les intellectuels.

- Et la stratégie vous aimez ça ?

- Oui mais pas trop, après ça me ballonne. 

Ou comme disait Audiard « un imbécile qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis ». Fort de cette sentence pleine de bon sens, et fidèle à mes habitudes en la matière, j’aborde cette course avec un minimum de prise de tête. Je mangerai quand j’en aurais envie, je boirai quand j’en aurais envie, je pisserai quand j’en aurais envie, et je marcherai quand j’en aurais envie.

A une seule exception près, le fameux découpage du gâteau. Bien connu de tous les coureurs de longue distance, la technique du découpage du gâteau qui consiste à découper la course en portions plus petites et à ne se focaliser que sur la petite portion qu’on est en train de courir. C’est plus digeste. Oui mais après ce n’est plus du Audiard, c’est du Fernand Reynaud… tout dépend de la taille des parts du gâteau. Un gâteau de 24heures ce sont des portions de 4h ou de 6h… ça fait quand même de grosses portions. J’ai un peu peur de l’écœurement aussi j’ai décidé de partir pour des portions de 2 heures. J’avais imaginé ça sans trop savoir si c’était une bonne idée. J’ai vu que Christian Mauduit l’avait expérimenté avec brio à Saint Fons à Pâques. Bon ok il a un plus gros moteur que le mien, plus de tronche et plus de talent. Mais l’idée reste intéressante et je décide de l’adapter pour moi. En gros, 1h45 ou 1h50 de course puis marche pendant 5 minutes, ajustements si nécessaires à la table de ravito pour les vêtements ou l’alimentation. 1h45 c’est la durée moyenne d’une sortie classique, je sais gérer. Il suffit de la répéter… plein de fois.

 

8 – Il est 10h00, on part à 10.

Le matin est calme, le ciel est couvert mais globalement pour courir, on est drôlement bien. Alors autant y aller. Paf. Il est 10h au panneau d’affichage. C’est parti. 81 solos, une trentaine d’équipes et roule. Je me cale sur une allure au feeling autour de 10 km/h soit environ 6 minutes le tour. Enfin, entre 5’50 et 6’10 le tour. La zone où je sais que ça peut durer des heures, entre 10 et 11 km/h c’est mon allure de confort, de récupération. C’est relax. On en profite pour prendre ses marques et faire le tour du propriétaire.

 

9 – A quoi ça ressemble un tour ?

On démarre sur une portion stabilisée le long du stade de rugby, ligne droite, passage devant les tables de ravito. Coucou à la famille enthousiaste, passage devant le ravito commun pour les individuels. Drôlement bien foutu. Chaque solo a son petit espace avec 2 verres en plastique qui lui sont réservés et qui seront remplis toute la course durant de ce qu’il désire. Stop aux déchets. Ensuite c’est petit virage à gauche et l’ascension du mont Fuji. Enfin, pas au début, un petit mur gentil pour prendre 1m50 ou 2m de dénivelé ça ne fait peur à personne mais dans 24 heures on ne dira plus ça. Du goudron pour ce petit mur, léger virage à gauche ça redescend avec un mélange de sable, de terre et de petits cailloux gentils. Pif paf droite gauche, on longe les tentes des équipes, virage à gauche, virage à droite, petite ligne droite où il fait frais à l’ombre, virage à gauche et plus longue ligne droite avant un peu de goudron pour revenir près du stade, portion roulante jusqu’à un joli virage à angle droit pour reprendre le stabilisé et revenir sur le tour de stade et tourner autour jusqu’à repasser sous l’arche et sur le système de décompte des tours. Et hop 1 tour de fait, 5 minutes 50 au chrono. Reste à refaire pareil pendant 23h et 54 minutes.

Roche000

10 – Et tournent les pros

Devant ça n’amuse pas la galerie. Anne-Marie Vernet est partie sur une base de 11,5 km/h ça ne fait pas semblant, elle me double régulièrement, avec sa tenue de l’équipe de France et sa foulée concentrée. Elle respire la sérénité, elle sait ce qu’elle fait, ça fait plaisir à voir. Je l’encourage à chacun de ses passages et elle a toujours un petit geste de remerciement. La classe.

Fred Bruno, local de l’étape et vainqueur l’an dernier avec 220 km, est armé de son dossard n°1 et il tourne comme une horloge. Je me fais petit dans mes grands panards 47 fillette.


11 – Il faut se hâter lentement

A 11h50 je fais ma première portion marchée. Je m’arrête pile poil lorsque cela fait 1h50 que nous sommes partis et je marche pile poil 5 minutes, mais ça avance. Je n’ai aucune idée de mon allure pendant ces 5 minutes mais je rattrape les coureurs les moins rapides. Bref, ça avance. J’en profite pour manger une barre de céréales que ma fille m’a fourni au passage devant la table de ravito. J’apprécie vraiment la présence de Julie, Ninon et Samson. Les sourires de mes enfants me rappellent combien ce que je suis en train de faire n’a pas d’importance et combien les choses essentielles sont ailleurs. Paradoxalement, je commence à la fois à me détendre et à rentrer dans ma course. Je me focalise sur l’instant présent, sans penser à plus loin que la prochaine part du gâteau.

Un peu après midi la petite famille me quitte pour aller déjeuner. Je continue mon allure entre 5’50 et 6’10 au tour, un bon vieux 10,0 km/h de croisière qui me permet de passer les 19,8 km après 1h59 de course. L’arithmétique, c’est imparable.

 

12 – Et le cagnard alors ?

Le soleil. Il a mis du temps à venir. Mais quand il a débarqué, il n’a pas fait semblant. Intense, tendu comme un arc à nous décocher des flèches pernicieuses, aidé dans son sinistre travail de sape par une brise rebelle. En règle générale je supporte plutôt bien ces conditions. Mes gênes de languedocien, peut-être ?  Du coup, je ne m’en préoccupe pas. J’ai mon bob fétiche, les lunettes de soleil, je bois régulièrement. Là aussi, au feeling, selon l’envie du coca ou de l’eau plate coupée avec de la St-Yorre. La même recette que d’habitude. On ne réinvente pas la poudre. J’enchaîne les tours sans calcul, buvant peu mais souvent. Pour éviter de multiplier les arrêts, il m’arrive de courir avec le bidon à main pendant plusieurs tours. Au plus fort de l’après-midi, lors du retour autour du stade, je profite de l’ombre du gymnase pour rester un peu au frais dans la ligne droite.  Je profite des éponges pour me rafraîchir très souvent malgré tout.

Je passe les 39 km après 3h54 de course, à une moyenne de 10,0 km/h.

 

13 – Je veux mon goûter

La petite famille de retour, mes enfants jouent dans la pelouse du terrain de rugby. Je peux échanger quelques mots avec eux. Ma fille de 6 ans va courir un tour de stade avec moi, je lui explique qu’il faut bien respirer, mais trop tard, elle prend un point de côté. Je ne demande pas grand-chose à Julie, je préfère les voir tranquilles aller et venir sans se préoccuper trop de moi. Je suis zen. Tous les signaux sont au vert à l’approche du premier quart de la course, il va être 16h00 c’est l’heure du goûter. Je me contente de quelques tranches de bananes et d’une gorgée de bière bien fraîche qui me fait un bien fou.

Je passe les 59,5 km après 5h54 de course, à une moyenne de 10,1 km/h. Je constate un peu avec surprise que je suis classé 3ème.

 

14 – Bientôt le match

En dépassant les coureurs, à force, on papote. Oh certes ce ne sont pas de longs discours, à peine quelques mots mais qui font du bien. Des « Allez », des « C’est bien » avec un « merci, courage » en retour. L’état d’esprit de l’ultra, rien de nouveau mais qu’est-ce que ça fait du bien de le retrouver toujours présent.

Le soleil décline. Je fais quelques tours avec Stéphanie, puis avec Daniel. J’ai un mot pour beaucoup de coureurs, Jean-Louis et ses Crocs de Superman, Luidgi... On discute un peu, ça occupe l’esprit, et je commence à penser au match de rugby qui va démarrer, la finale du top 14. Il fallait vraiment une course pour que je loupe ça. Ou bien la naissance de mon fils comme cela fut le cas en 2009. Je pense à mes enfants qui sont partis un peu avant 19h00. Ma femme et mon beau-père m’ont annoncé qu’ils reviendraient après les avoir couchés. Cela me fait du bien, je m’imagine être simplement parti pour un petit footing d’1h45 autour de chez moi. Je pense à mes amis coureurs de Fleurieux, notre village, je m’imagine être simplement en train de faire un footing avec eux. Bref, j’occupe mon esprit, je l’alimente pour ne pas penser à tout ce qu’il reste. Sur ce genre de course, le moindre grain de sable peut faire tout chavirer, je l’ai expérimenté.

A 20 heures, après 10h de course, j’ai atteint les 100,3 km, à une moyenne de 10,1 km/h. Je suis toujours 3ème dans le même tour que Fred Bruno qui me précède. Devant Anne-Marie Vernet a six kilomètres d’avance. Mais le speaker nous annonce qu’elle ne fera que 12 heures, et qu’elle est venue ici pour se préparer aux prochains championnats du monde.

 

15 – Tout se perd

En fait de Top14, je n’écouterai pas la radio mp3 que j’ai dans la poche du cuissard. Pas envie. J’ai repéré le long de la piste plusieurs voitures d’une équipe relais immatriculées 81 (le Tarn, département de Castres qui joue la finale). Je décide que je leur demanderai le résultat quand je les verrai près de leurs voitures.

Le soleil en a sa claque. Il décide d’aller voir de l’autre coté de l’horizon. La luminosité décline doucement, et nous nous préparons à passer en mode nuit. J’ai retiré mes lunettes de soleil, et je les ai posées dans mes affaires. J’en ai profité pour un mini arrêt devant ma table, où j’ai pu remplacer mon tee-shirt par un maillot à manches longues et un coupe-vent sans manches. La température est encore clémente. J’aurais du reste plutôt chaud jusqu’à une heure avancée de la nuit. Je resterai en cuissard toute la course.

Donc, pas de match de rugby à la radio, contrairement à ce que j’avais prévu pour m’occuper l’esprit 2 heures. Ou plutôt 1h40 avec la mi-temps, la durée d’une part de gâteau au fond... Autant aller courir et ça tombe bien, je suis là pour ça.

Il est 22h la finale s’est jouée, le campement des 81 est dramatiquement calme, je comprends que Toulon est champion de France. Sur la piste, il y a encore pas mal de monde à tourner.

Après 12h de course, Anne-Marie Vernet s’arrête à plus de 126 km. Pour ma part, je passe les 119,7 km après 11h53 de course, soit une moyenne de 10,1 km/h.

Pour ceux qui se poseraient encore la question, je connais ces chiffres précisément car après la course, j’ai accès aux relevés du chronométrage heure par heure. Mais dans la réalité du moment, je ne regarde quasiment jamais le kilométrage fait. Je me focalise uniquement sur le temps au tour, et encore, pas tout le temps. Lorsque retentit la sirène qui marque la fin d’une nouvelle heure, je regarde mon kilométrage total pour vérifier que je suis toujours dans les clous du grosso-modo 10 à l’heure.

 

16 – Et ce mont Fuji alors ?

Mes lombaires tiennent le choc. Je fais beaucoup de relaxation du cou, des épaules, et des bras pendant que je cours. La descente après le mini mont Fuji y est pour beaucoup, j’apprécie ce passage où je peux relâcher, laisser dérouler sans me retenir, sans me crisper. Cela procure une cassure de rythme, une légère accélération avec un élan qui suit pour négocier un passage avec deux virages rapprochés. Et le mont Fuji en lui-même n’est pas bien méchant. Je continue à le passer en courant à chaque tour. On verra si je dirai la même chose dans 12h...

Il est minuit. J’atteins les 14h fatidiques où sur mes deux expériences passées du tour d’horloge, mes lombaires ont décidé qu’elles en avaient assez.

Je commence à saturer des bananes. Après un essai infructueux de noix de cajou, je découvre avec plaisir la fraicheur des quartiers d'orange. Je vais m'en gaver toute la nuit.

Je passe les 139 km après 13h58 de course, à une moyenne de 10,0 km/h. Le panneau d’affichage m’annonce 1er. Je n’ai pas froid, mais je sais que je ne suis peut être pas tout à fait en état de m’en apercevoir. Julie et mon beau-père partent se coucher et me donnent rendez-vous demain. Certains coureurs en font de même, et lentement la piste se vide.

 

17 – La nuit à Sangas sur Loire

Plusieurs fois au cours de cette course, j'ai pensé aux copains coureurs de long avec qui on papote souvent par mail, sur Facebook. J'ai pensé à eux et j'en ai tiré de l'énergie. Et puis je me suis projeté une fin de Septembre entre Athènes et Sparte... Notamment lorsque nous avons basculé dans la 15ème heure, peu après minuit. Je me suis imaginé en train de courir à l’assaut de « la Montagne », ce passage assez terrible du Spartathlon en pleine nuit qui m’avait marqué l’an dernier.

Plusieurs fois lorsque je me sentais un peu faiblir, je me suis dit « allez, continue tranquillement et lorsque le soleil se lèvera à nouveau, tu ne seras plus loin de Sparte ».

Alors cette nuit qui a refermé le livre de mai 2014 pour ouvrir celui de juin 2014 j’ai beaucoup pensé à la nuit qui m’attend fin septembre pour le prochain Spartathlon. J’ai pensé à Léonidas, à sa statue sur la place de Sparte, et à ce que j’avais déjà accompli. Mon dos tenait. Tout le reste ne pouvait que tenir.

 

18 – Les heures inexplicables

Sur ce genre de course, j’ai souvent l’impression d’avoir perdu des heures, comme si elles étaient passées dans une faille spatio-temporelle. Il s’agit souvent des heures de la nuit. Lorsque le corps ne réagit que parce que la conscience l’exige. Lorsque une majeure partie de votre être est endormie, et qu’il ne semble y avoir qu’une étincelle minimale encore active pour vous faire avancer. Un peu à l’image de ces requins à pointe qui continuent à tourner dans l’océan alors qu’ils dorment. Ces heures-là sont magiques. Elles font tutoyer toute l’ivresse de la course d’ultrafond, elles nous montrent une partie de ce que nous venons chercher. Une partie immergée de ce que nous sommes vraiment, et qui n’apparaît qu’en de rares occasions, telles que celles-ci.

Il est 1h du matin, 2h, 3h, 4h... Le speaker se fait plus discret, le volume de la sono a largement baissé pour ne pas gêner les riverains. On se retrouve seul avec son énergie, sa motivation, son envie, ses doutes et ses douleurs parfois. Il faut continuer à avancer. Continuer à s’alimenter, à s’hydrater, à veiller à ne pas avoir froid malgré la fatigue accumulée et l’humidité qui est tombée. Heureusement les bolides des relais dont nous partageons une partie du circuit nous maintiennent éveillés en nous doublant comme des flèches.  Je décide de m’occuper l’esprit avec le MP3. J’ai préparé une playlist de plus de 20 heures, quatre fois plus que nécessaire. Je me colle les écouteurs dans les oreilles, je débranche ce qui me sert de cerveau, je le pose sur un coin virtuel de l’espace autour de moi et j’avance.

A 4h du matin, je boucle le 3ème quart de l’épreuve, un peu étonné d’être encore là et de n’avoir pas craqué. Je passe les 175,8 km après 17h58 de course, à une moyenne de 9,8 km/h et je suis toujours 1er avec 14 km d’avance sur Fred qui a connu un passage à vide.

J’ai déjà explosé ma meilleure marque sur la distance. Mais le plus dingue c’est que je me sens toujours bien. Pas plus fatigué maintenant qu’à minuit ou à dix-neuf heures. C’est inexplicable.

 

19 – Et si c’était mon jour ?

En fin de soirée, alors que nous courrions ensemble, Daniel m’a dit à un moment « c’est le bon jour pour toi ». Et j’y ai souvent pensé dans la nuit. Daniel, merci pour tes mots toujours sympathiques et motivants sur ce 24h, pour ton sourire et ton approche zen de l’évènement. Cela m’a aidé. Car plus les heures passaient, plus je devais reconnaître qu’il se passait quelque chose. J’étais bien. Je continuais à maintenir un bon rythme.

Un peu avant le lever du jour, Fred a lancé une attaque. Je l’ai vu me reprendre un tour, puis deux… Il tournait comme un bolide, après avoir rechargé les accus. J’ai tout de suite pensé « ça y est, il va remonter, il va me doubler, c’est normal, la logique des choses est respecté, il est plus fort que moi ».

Après 5 tours à plus de 11 km/h Fred reprend un rythme plus conforme à l’avancement de la course, après 19h à tourner en rond. Malgré tout, il replacera une belle série de tours quelques heures plus tard. De mon côté, je ne m’affole pas. Je ne cherche pas à hausser le rythme, je me contente de continuer à faire ce qui a bien marché jusqu’ici. J’ai encore plus de 12 tours d’avance sur Fred, j’ai de quoi voir venir. Je commence à envisager la victoire et ça me fait tout bizarre d’imaginer ça. Moi qui est toujours lamentablement foiré sur 24h ce serait un comble, une anomalie.

En attendant, je passe les 185 km après 18h59 de course, à une moyenne de 9,7 km/h.

 

20 – Quelques tours avec Fred

Le jour s’est levé. Je décide de conserver mes affaires « de nuit » car le vent est encore un peu frais. Il y a de la rosée sur les tables de ravito. Je regarde la bière qui est posée à côté de mes affaires, et je me dis que si j’atteins les 200 km je la finirai pour fêter ça. La réussite de mon objectif. Ce serait une bonne chose. Mais il n’y a pas de « SI » dans mon scénario. C’est curieux. Je repense à la phrase « aujourd’hui c’est ton jour » et je suis persuadé que tout va bien rouler. Je suis toujours étonnamment bien, sans douleur, je passe toujours le mont fuji en courant. Je dépasse des coureurs qui titubent, et j’arrive à conserver un bon rythme. C’est étonnant. Vraiment. J’ai comme l’impression que ce n’est pas mon corps que j’habite, que c’est celui d’un autre, bien plus costaud que l’image que j’ai du mien.

A la faveur d’un regroupement avec Fred, nous courrons deux tours ensemble puis deux autres, nous discutons, il m’indique qu’il n’a pas beaucoup de marge sur le 3ème et qu’il veut consolider sa place. Je lui propose de l’aider. A tous les deux, nous allons enchainer plusieurs tours à une allure plus rapide que celle menée jusqu’alors. Il m’indique que je suis trop loin pour venir me chercher, je n’en suis pas persuadé, je lui dis que je ne suis pas bon sur 24h et qu’il peut me reprendre. Il semble ne pas être de cet avis. C’est un moment de partage que j’apprécie, nous nous découvrons, nous évoquons les courses que nous avons faites, celles à venir. Et après avoir passé près de 20 heures à courir sans penser au classement, maintenant on a ça en tête. Fred sait gérer, il a déjà gagné ici l’an dernier. Pour moi c’est nouveau et c’est déstabilisant. Je ne suis pas à l’aise avec cette idée. Eric Vernet et Daniel courent ensemble un moment, ils m’encouragent et je leurs réponds que ça va finir par craquer, ils me disent d’y croire.

19h55 de course, 194,2 km au compteur, une moyenne de 9,7 km/h. Tout est toujours OK. Ça tient.

Roche002

21 – Les tours d’honneur qui commencent tôt

Plus on se rapproche des 24h de course, plus les coureurs m’encouragent. C’est incroyable. Chaque fois que j’en dépasse un, il a un mot sympathique, un qualificatif dans lequel je ne me reconnais pas mais qui me fait très plaisir. Je passe les 199 km et le speaker annonce que je me rapproche de la barrière des 200, ce qui arrive le tour suivant, salué par le speaker est les applaudissements des équipes et des spectateurs. Je m’arrête à ma table pour finir ma bière, comme convenu. J’ai hâte que mes enfants et Julie arrivent. Ils doivent se demander si je suis toujours en course ou si j’ai craqué pendant la nuit.

Les tours d’honneur s’accumulent, je savoure. 201, 202 km… et je continue. Je commence à me dire que je peux atteindre les 210, voir même 215… le corps tient toujours, et je suis clairement sur mon nuage.

Daniel continue à m’encourager chaque fois que nous courons ensemble, Jean-Louis et Stéphanie qui continuent à empiler les tours eux aussi. Allez, tout le monde s’accroche, la grande famille se resserre dans son effort individuel que nous parvenons à partager par-delà nos frontières physiques, nos barrières mentales. Chaque pas de plus nous rapproche d’une autre marque.

Il est 7h ce dimanche matin, le soleil est à nouveau là et nous réchauffe doucement. Je continue comme depuis le départ mes alternances de 1h50 de course / 5 minutes de marche. Mais avec la fatigue, mes périodes de course font plutôt 1h30 ou 1h40 maintenant. Je continue à conserver 5 minutes de marche en revanche, jamais davantage.

Je commence à saturer un peu mentalement mais le physique tient toujours sans broncher. Les mêmes gestes de relâchements des épaules, du cou et des bras aux mêmes endroits, les mêmes embardées avec l’élan dans la petite descente. Je répète inlassablement les mêmes gestes qui fonctionnent depuis samedi matin 10h.

Je franchis les 212,5 km après 21h54 de course, à la moyenne de 9,7 km/h.

 

22 – Revoilà la famille

Mon beau-père est le premier à revenir autour de la piste. Il m’annonce que la famille ne va pas tarder. Il me demande si tout va bien. Je suis concentré et appliqué à ce que je fais mais tout baigne. Certes, les jambes commencent à tirer mais j’ai encore de la marge. Par moments je m’imagine sur cette longue route surchauffée avant d’arriver à Sparte, lorsque les derniers kilomètres du Spartathlon semblent longs comme des semaines. Au passage sur la ligne, le speaker annonce régulièrement mon kilométrage, cela m’évite de le regarder, mais je jette parfois un œil au tableau d’affichage, un peu incrédule de voir les chiffres annoncés.

Juste avant la fin de l’avant dernière heure, Julie et les enfants sont arrivés. J’ai retrouvé avec un vrai plaisir la bouille souriante de mes gamins sur le bord de la piste. J’ai aimé l’éclat de leurs yeux qui ne comprenaient pas vraiment tout ce qu’il se passait à cet instant dans ma tête, dans mon corps, et dans mes tripes. Je n’ai pas dit grand-chose en passant à leurs côtés, des banalités, parce que le silence est parfois la meilleure des choses. Et simplement apprécier le plaisir simple d’avoir à ses côtés les gens qui comptent dans de tels moments.

Après 22h59 de course, j’ai dépassé les 222 kilomètres, à la moyenne de 9,7 km/h et je me souviens avoir souri en voyant cette succession de 2 sur l’écran. La sirène a retentit une dernière fois. Il ne restait plus que 60 minutes mais c’est long quand on en a déjà fait 1380.

 

23 – Et si on marchait ?

Le public est revenu en masse sur le bord de la piste. Après 1h30 de course non-stop, j’en arrive à ma période de 5 minutes marchées. Et celle-là je l’apprécie. Alors je marche. Sans avancer comme un âne, en profitant du soleil, des sourires, des félicitations des coureurs. Fred m’a rejoint. Il me demande s’il peut marcher à mes côtés. Bien sûr ! Et à la fin de ma période de 5 minutes marchées, nous décidons de continuer à marcher jusqu’au bout. Parce qu’on n’est plus à 2 kilomètres près. Parce que nos pieds couverts de terre, noirs comme le visage des mineurs stéphanois, en ont leur dose. Parce que nous avons envie de savourer et de finir ensemble. 49 minutes de marche. Nous restons ensemble, avec des tours en plus de 9 minutes. Et donc un peu plus de  2 kilomètres perdus. Mais franchement, ça change quoi quand on revient de là où on revient ?

A chaque passage sur la ligne, les gens nous applaudissent. Des coureurs du fond du peloton nous félicitent et nous disent que nous sommes des champions. Je leur réponds que nous avons tous tourné pendant 24h sur cette piste, que c’est bien ça qui compte, et que la vitesse est accessoire. Mes jambes tirent, mes genoux couinent un peu mais globalement tout va toujours bien. Je réalise que je pourrais courir encore un moment ; peut-être quelques heures de plus…

La sonnerie qui marque la 59ème minute de la 23ème heure retentit. Il nous reste donc 1 minute. Nous marchons jusqu’au panneau 800 mètres et à la seconde sonnerie, nous plantons nos dossards pour la mesure du dernier tour. Je félicite Fred pour sa course.

Au final, et au passage sur la ligne précédant la fin de la course, après 23h51 j’ai bouclé mon 224ème tour et j’ai dépassé les 229,7 km ; à une moyenne de 9,6 km/h. J’étais venu pour rester sur la piste pendant la nuit, et tenter si tout se passait bien d’atteindre les 200 bornes. Mission plus que remplie.

Roche001

 

24 – C’est fini.

Quand la course se termine, les premières minutes vont bien. Mais très vite tout devient confus. J’ai la tête qui tourne, envie de vomir. Il fait horriblement chaud tout d’un coup. Besoin de me poser à l’ombre. Daniel qui a eu les mots pour m’encourager toute la course est encore une fois mon Saint Bernard, il me conduit au frais dans le gymnase après une brève pause sous la tente des secours où je peux m’asseoir à l’ombre et boire un peu d’eau. Ensuite, mes intestins se rappellent à mon bon souvenir et je dois aller opérer une pause technique. Après 24h de mouvement, on a des obligations à respecter…

Lorsque j’émerge, un peu requinqué, je suis dans le brouillard. Je me sens fatigué, las mentalement plus que physiquement. Je suis vidé de l’intérieur. La concentration s’est envolée, il y a la décompression terrible. On annonce que la remise des prix n’aura pas lieu avant au moins une heure. Je ne me sens pas très bien dans ma tête. J’ai besoin de calme, d’ombre, de silence. J’ai oublié mon gel douche, je n’ai rien pour me laver… J’ai vu les coupes qui attendent les 3 premiers de chaque catégorie en passant dans le gymnase. Sans m’expliquer pourquoi, je ne me sens pas légitime pour soulever celle du vainqueur. Je l’ai méritée certes mais après avoir passé 24h à tourner en rond avec tout un tas d’autres coureurs, après avoir partagé leurs douleurs, leurs renoncements, leurs résurrections, je trouve presque déplacé d’en célébrer certains plus que d’autres. Et surtout je m’imagine mal dans la peau d’un vainqueur. Nous avons encore de la route à faire, la semaine professionnelle qui s’annonce va être chargée… je préfère quitter discrètement le stade. De retour à la maison, j’envoie un mail pour m’excuser près des organisateurs. Parfois, on n’est plus très cohérent à la fin d’une course pareille. Il ne faut pas chercher d’explication. Juste essayer de comprendre. Ce qui est incompréhensible. Parce qu’après tout, courir 24h durant sur une boucle de 1 kilomètre, c’est vraiment quelque chose qui dépasse l’entendement.

 

Le tour par tour


Tour Temps Tour Temps Tour Temps Tour Temps
1 05:57.627 57 05:50.881 111 05:54.021 167 06:21.291
2 05:53.860 58 05:54.963 112 06:06.824 168 06:15.273
3 06:13.996 59 05:56.687 113 07:37.197 169 06:29.430
4 06:03.375 60 06:03.127 114 05:49.530 170 06:20.125
5 06:01.911 61 06:05.422 115 05:56.601 171 06:32.134
6 06:32.111 62 06:08.684 116 06:05.162 172 06:43.313
7 05:56.948 63 05:58.575 117 06:13.920 173 06:34.853
8 06:00.906 64 06:13.375 118 06:34.740 174 06:40.287
9 06:06.847 65 06:03.573 119 07:34.182 175 06:27.209
10 06:05.758 66 06:05.670 120 07:33.809 176 06:29.294
11 06:00.112 67 06:04.641 121 06:14.690 177 06:36.664
12 05:52.109 68 05:59.938 122 06:16.589 178 09:08.562
13 05:49.120 69 05:54.491 123 06:24.801 179 06:32.320
14 06:11.427 70 06:03.548 124 06:10.215 180 06:34.021
15 06:17.295 71 06:13.498 125 06:15.753 181 06:21.799
16 05:53.750 72 06:13.102 126 06:08.674 182 06:16.403
17 05:56.931 73 06:02.592 127 06:04.753 183 06:06.315
18 07:16.044 74 07:52.382 128 06:42.793 184 06:16.204
19 05:51.378 75 06:02.468 129 06:20.659 185 06:13.512
20 05:50.570 76 05:48.300 130 06:15.831 186 06:08.834
21 05:59.058 77 05:55.078 131 06:38.127 187 06:18.540
22 05:55.051 78 05:54.537 132 07:02.333 188 06:06.771
23 05:58.734 79 05:55.137 133 08:08.003 189 06:08.674
24 06:02.940 80 05:58.313 134 06:10.261 190 06:13.228
25 05:54.839 81 05:53.027 135 05:59.752 191 06:11.638
26 06:02.506 82 05:53.164 136 06:09.355 192 06:46.639
27 05:58.747 83 05:42.011 137 06:05.236 193 06:44.257
28 06:06.401 84 05:49.801 138 06:10.435 194 07:47.470
29 05:58.995 85 05:59.727 139 06:18.676 195 05:59.578
30 05:59.181 86 06:07.556 140 06:25.232 196 06:04.815
31 05:56.067 87 06:01.240 141 06:21.528 197 06:17.817
32 05:56.687 88 05:50.236 142 06:34.729 198 06:31.080
33 06:00.136 89 05:58.759 143 06:46.439 199 06:20.509
34 06:01.118 90 05:47.903 144 06:21.031 200 06:21.837
35 06:06.018 91 05:54.838 145 06:21.031 201 08:25.360
36 05:51.625 92 05:53.329 146 08:23.313 202 06:14.691
37 06:52.657 93 06:11.546 147 06:34.815 203 06:17.494
38 06:41.910 94 09:23.972 148 06:49.243 204 06:05.397
39 05:59.045 95 05:55.857 149 07:51.527 205 07:05.895
40 05:51.464 96 05:44.901 150 06:20.063 206 06:21.193
41 05:57.692 97 05:50.025 151 06:16.873 207 07:35.199
42 05:56.191 98 05:41.602 152 06:19.120 208 06:18.599
43 05:57.494 99 05:58.970 153 06:24.666 209 06:07.731
44 06:00.682 100 05:44.392 154 06:15.769 210 06:10.025
45 06:02.137 101 06:09.355 155 06:21.762 211 05:58.909
46 05:51.534 102 05:45.980 156 06:30.174 212 06:03.275
47 05:56.477 103 05:57.494 157 06:49.208 213 06:10.224
48 06:00.422 104 05:51.315 158 06:51.838 214 05:58.226
49 06:20.769 105 05:48.412 159 06:46.762 215 08:46.118
50 06:12.816 106 06:00.943 160 06:40.125 216 06:01.501
51 05:51.552 107 05:53.363 161 06:55.870 217 06:38.065
52 05:47.208 108 05:54.606 162 06:33.140 218 06:19.591
53 06:04.690 107 05:53.363 161 06:55.870 219 06:23.118
54 05:58.474 108 05:54.606 162 06:33.140 220 09:09.215
55 06:48.908 109 06:02.130 163 08:59.951 221 09:11.181
56 06:23.747 110 05:59.803 164 06:30.559 222 09:18.252
165 06:32.544 111 05:54.021 165 06:32.544 223 09:18.636
166 06:32.258 112 06:06.824 166 06:32.258 224 09:32.929

Rédigé par Oslo

Publié dans #Ultra - Course

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F
Super récit, un vrai régal!!<br /> J'ai fait mon premier 24h en avril dernier (avec seulement 136,9km mais pour moi c'est exploit); je revis pas mal de choses en lisant ton récit (même si j'avais la souffrance en plus). Mais pour la<br /> solidarité entre runner, les heures qui se perdent dans les souvenirs...c'est tellement vrai tout ça!!<br /> En tout cas félicitations pour cette marque hors du commun.<br /> A bientôt
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G
Chapeau bas devant cette performance! Vraiment bravo! Et quel récit! Je suis fan de course à pieds, je pratique, et suis fan de photographie. Je m'étais rendu en 2012 à Roche la Molière sur ce<br /> fameux stade de rugby, le samedi après-midi en tant que spectateur, sous un soleil de plomb. J'avais adoré "le truc" : épreuve tellement singulière et quel plaisir de voir ces coureurs sur ce<br /> parcours. J'avais adoré les supporter et les photographier. Sur place, on mesure vraiment la dimension de la chose en les voyant tourner, tourner....je te félicite encore et suis admiratif devant<br /> tous ces valeureux coureurs.
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