6666 Occitane : y'a pas que des plages dans l'Hérault !
Publié le 29 Avril 2010
Préambule : Genèse d’une inscription à un truc de malade
L’endroit je le connais un peu, et c’est pour cela que je me suis méfié du parcours ! Ne pas se fier au kilométrage annoncé ni au dénivelé prévu. Et s’attendre plutôt à du lourd, du dur, du physique, du balaize, du caustique et du costaud ; bref, du viril !
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Pourquoi la 6666 pour se lancer dans le monde du trail à 3 chiffres (plus de 100km pour les nuls en calcul) ?
Parce que justement je connais un peu le coin pour être né pas loin. Occasion rêvée de revenir à deux pas de mes terres natales afin d’y relever le défi lancé par Antoine Guillon, maître es-ultra trail s’il en est (son palmarès parle pour lui…) Le défi en l’occurrence est pour moi, vulgaire bleu parmi les bleus, de savoir si je peux aller au bout d’une course pareille. Ou si je dois me contenter de viser de plus modestes distances.
Je me suis donc inscrit très tôt (4ème inscrit dès le mois de décembre 2009) afin de me mettre devant les faits et de me bouger pour m’entrainer. L’entrainement, puisqu’on en parle, va être intense, sûrement le plus intense que j’ai pu faire, mais surtout ludique et plaisant. 16 semaines entre le 1er janvier et le 22 avril (veille de la course) pour 1550km, 41000m de dénivelé positif et 161h40 de course à pied. Inutile de dire que j’ai été plutôt content de lever le pied à l’approche de l’objectif, et encore plus de me contenter de deux petits footings de 40’ la semaine de la course.
Départ pour l’Occitanie natale une semaine avant la course, histoire de profiter du soleil généreux de l’Hérault et de passer du temps en famille.

Vendredi, c’est le jour du poisson.
D’ailleurs j’ai mangé du saumon, et j’ai bu de l’eau. Et puis j’ai essayé de faire la sieste mais en vain. Trop d’excitation, trop d’impatience à aller en découdre avec la femme allongée ; surnom qu’on donne ici au massif du Caroux.
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Le Caroux c’est un peu l’alpha et l’oméga de cette course. C’est lui qui hante les nuits des participants depuis plusieurs semaines. C’est sa silhouette qui happe nos esprits. Pas très haut avec 1091m en son sommet mais abrupt et dur, présentant un profil escarpé et s’appuyant sur de la roche faisant le bonheur des grimpeurs (pas ceux qui pédalent mais ceux qui n’ont pas le vertige).
Prototype de la montagne qui ne paye pas de mine mais qui se révèle impitoyable pour celui qui s’y aventure un peu trop sûr de lui.
Bref, le Caroux c’est le lieu incontournable du coin pour ceux qui aiment le grand air et c’est tout naturellement le théâtre de cette 6666 Occitane.
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Il est un peu plus de 15h00 quand je quitte les miens pour rejoindre Roquebrun, village d’arrivée de la course mais pour l’instant lieu de départ des navettes qui devront nous conduire au retrait des dossards.
20 minutes de petite route plus tard, je gare la voiture près de l’Orb, imitant plusieurs autres concurrents. En ce mois d’avril, les vacanciers n’ont pas encore envahi les lieux et les voitures garées près de la mienne sont celles d’autres concurrents. Sac à dos, chaussures crantées, bouteilles d’eau : ça sent les préparatifs ! Je suis largement en avance, donc je prends mon temps. Le départ n’a lieu que dans 6 heures, je décide donc de rester en jean pour rejoindre la navette, chargé de mes sacs de rechange sur le dos.

Cyrille « Bourgui » me rejoint à ce moment là, vêtu d’un tee shirt jaune pétard siglé des 100km de Millau. On prend le temps de papoter, et on va même avoir l’occasion de s’échauffer pour traverser le pont enjambant l’Orb. Car le chauffeur de la navette n’est pas disposé à venir se garer à l’endroit prévu. Pas grave, quand on s’apprête à courir 118 kilomètres dans les caillasses, on peut marcher 100 mètres sur du goudron.
Le trajet en bus va nous prendre un peu plus d’une heure, sur les petites routes du coin, impossible de tenir une bonne moyenne. Il est trop tard pour s’apercevoir qu’on a oublié quelque chose, alors je préfère ne pas y penser. On verra bien en arrivant à Vailhan.
A bord du bus, on s’occupe comme on peut. Certains dorment, certains évoquent leurs exploits passés et d’autres échangent leurs impressions angoissées sur la course à venir. Mais beaucoup sont gagnés par une sorte d’excitation palpable. La climatisation du bus a raison des plus téméraires déjà en short et les plaisanteries fusent pour faire retomber la tension. Plus nous nous rapprochons du lieu de départ, plus le ciel s’assombrit et prend des teintes menaçantes. Quand nous arrivons à Vailhan aux alentours de 17h30, il tombe quelques gouttes.
Et c’est protégés par une tente que je me rends au retrait des dossards.
Etape 1 : le contrôle des sacs et du matériel obligatoire : poche à eau, sifflet, couverture de survie, bande de gaze, eco tasse, deux frontales et les piles de rechange, coupe vent imperméable, réserve alimentaire : c’est bon, n’en jetez plus, la coupe est pleine et mon sac jugé bon pour le service.
Etape 2 : le retrait des dossards proprement dit avec le tee shirt technique Lafuma griffé aux couleurs de la course et deux sacs poubelles étiquetés C4 et R4.
Il ne s’agit nullement d’explosif ou de pièces de rechange pour une voiture mais tout simplement des sacs coureurs : le premier pour le ravito de Colombière vers la mi-course (km 59) et le second pour l’arrivée à Roquebrun.
Bon et maintenant, y’a plus qu’à attendre… Et surtout se préparer. Après de bonnes hésitations sur la tenue à adopter, j’opte pour le classique qui marche à tous les coups : tee shirt + manchons (qui se révèleront parfaitement superflus et qui passeront la majorité de la première moitié de la course dans le sac à dos). Craignant la fraîcheur de la nuit à venir, je me rabats sur un corsaire pour le bas. La veste coupe vent est de la partie également, même si les prévisions météo sont plutôt clémentes pour les heures à venir. Ça c’est pour la partie chiffons. Aux pieds, les Inov-8 Roclite 295, véritable découverte de l’année en ce qui me concerne. Après plusieurs sorties courtes dans les monts du Lyonnais pour un total de plus de 200 km, elles vont maintenant passer leur grand examen. Les chaussures qui résistent aux terrains abrasifs et meurtriers du Caroux sont les bonnes chaussures de trail. Cette 6666 aura donc vocation de test afin de confirmer si oui ou non j’ai enfin trouvé chaussure de trail à mon pied, après les déceptions Salomon et New Balance.

Prêt de pied en cap, je prépare mes deux sacs coureurs et les donne aux gentils organisateurs, avant de rejoindre la salle polyvalente de Vailhan pour la pasta party.
Manque de bol, j’arrive pile poil au moment où le plat de pâte est vide, il faut attendre la fin de la cuisson de la fournée suivante. Il est environ 19h et je me mets à table avec Phifi, David et Cyrille, le relais de choc qui met au point sa tactique infaillible pour faire péter un podium (et les bougres y parviendront en plus !). On papote, on blague, et avec les voisins de table, on discute de… course à pied, pour changer ! Yoyo arrive, c’est le local de l’étape, il part pour faire un top 6, bref le niveau est lourd.

Il est un peu plus de 20h quand je me décide à me lever pour aller me préparer. Crème NOK préventive aux endroits où ça frotte et remplissage de la poche à eau avec le mélange qui va bien : moitié St Yorre moitié eau plate. Le sac à dos reste d’un poids relativement correct, pas sûr que je dise ça dans 118 kms…
Dehors, le temps n’a pas viré au franchement beau mais la pluie semble s’être éloignée, je retrouve Lionel avec surprise, croyant que sa tendinite n’avait eu raison de sa volonté de participer. On discute, séances photos avec le relais pendant que Cyrille se prépare doucement. Y’a du chrono dans l’air !
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C’est maintenant le moment du briefing d’avant course et là encore Antoine et Pascal nous préviennent que c’est du costaud qui nous attend alors va falloir y aller mollo au début et doucement après. Ça tombe bien c’était prévu. Tout le monde écoute cérémonieusement, c’est aussi sage qu’à l’église, et il fait presque aussi frais.
Il est 21h et une poignée de secondes en plus. La sono envoie les premières mesures de « Moments in love » d’Art of Noise. C’est le signal, puis on fait tous le décompte, 3, 2, 1, zéro et c’est parti ! Devant ça part à toute vitesse, l’effet relais ou l’effet « y’en a qui sont pas venus pour simplement finir » ? Sûrement un peu des deux mon général.
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Section 1 : Vailhan – Faugères
20 km – 900m D+ : 2h41
Pour l’instant ça rigole et le terrain c’est du gâteau. Un peu de goudron pour se dégourdir les gambettes et sortir de Vailhan. C’est bien entendu le moment que je choisis pour m’étaler de tout mon long sur le sol. Une irrégularité du goudron que je n’ai pas vue, occupé que j’étais à regarder en l’air… ça m’apprendra à être distrait. Lionel ralentit mais je suis déjà debout, et reparti sans bobo. Derrière moi, je retrouve Frédéric, un local avec qui nous avions fait la reconnaissance de la première partie en Janvier. Cette première section va donc être une grande séance de… papotage au calme.
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Le profil de cette portion est relativement calme, ce qui permet de s’échauffer doucement, en profitant quand même de sentiers très agréables. Dans les petits raidillons, même s’il est possible de courir, on reste calme et on marche. Sûrement que devant, les meilleurs galopent mais j’ai choisis d’y aller à l’économie.
J’apprécie d’avoir pu faire la reconnaissance des deux premières sections début janvier avec Antoine et les locaux. Cela permet de savoir ce qui m’attend sur les 46 premiers kilomètres qui se font de nuit. Je me souviens notamment des sentiers mono trace et du plaisir éprouvé à courir dans cette garrigue.

Tout en discutant avec Frédéric et Lionel, chacun se met à son rythme et nous faisant l’élastique, nous retrouvant puis nous perdant de vue au fil du parcours. Mais dans l’ensemble on reste un petit groupe qui avance à la même allure. Et cette allure est confortable autour de 7 km/h. Suffisamment faible pour progresser sans se fatiguer. J’ai toujours à l’idée, comme une obsession, cette volonté d’y aller en sous sous régime pour garder de la fraicheur pour après Colombières. Là où les Athéniens s’atteignent et où la course commencera vraiment. Frédéric part sur un temps de 24h, comme moi, donc cela permet de faire une course d’équipe. Quant à Lionel, il espère juste que sa tendinite le laissera tranquille le plus de temps possible.
Antoine Guillon a bien fait les choses. Le profil est doux, avec une alternance équilibrée de petites bosses, de sentiers étroits et de pistes douces. C’est vraiment l’idéal pour se mettre en jambes.
Il est un peu plus de 23h45 lorsque j’arrive au ravitaillement de Faugères, étonné d’y être déjà. Toutefois pas de vin AOC local sur les tables ; je remplis donc le camel avec le mélange eau plate / eau gazeuse et mange quelques fruits secs que j’arrose d’une soupe aux vermicelles. Il y a du monde dans la salle, il n’est pas encore trop tard, et un orchestre de gamins joue même dans un coin. C’est très convivial mais il faut y aller car il nous en reste encore un peu...
Section 2 : Faugères – Lamalou
23 km – 1100m D+ : 4h11
Dès la sortie de Faugères, la route grimpe sec. Quelques spectateurs nous encouragent et nous grimpons jusqu’au moulin. Marrant, le jour de la reconnaissance, je n’avais pas noté que ça grimpait aussi fortement. Mais ce n’est pas long, alors on tire sur les jambes et on arrive au superbe moulin éclairé. Tout autour de nous, la nuit est bien avancée maintenant. On aperçoit des lumières au loin, les villages aux alentours.
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Physiquement, tout va bien, le corps ne bronche pas, l’allure adoptée semble être la bonne alors je continue sur la lancée. La section qui nous conduit jusqu’à Lamalou est la plus longue en terme de kilométrage. Et la première avec quelques difficultés : la montée sur Tantajo et puis surtout celle de La Coquillade qui sera suivie d’une descente dont je me rappelle bien…

Après une courte descente pour passer de 400 à 300m d’altitude, la grimpette sur Tantajo débute. Avec la fraicheur du début de course, et au rythme pépère que nous menons, les 200m D+ de cette cote (devrais-je dire côtelette ? :o)) sont engloutis en même temps qu’une barre de céréales chocolat / mangue (très bonne d’ailleurs). Quelques sentiers superbes dont une descente sur laquelle je me fais plaisir en lâchant un peu les chevaux. Frontale vissée sur la tête, les rubalises réfléchissantes sont des points de repère au milieu des arbres, nous courrons comme si plus rien d’autre n’existait, avec parfois des bruits d’animaux que l’on dérange dans les fourrés… C’est ça, la magie de la course nocturne.
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Un vétéran 2 ou 3 court avec nous depuis un moment. Il nous vante les mérites de ses bâtons super légers. Puis nous détaille les environs en nous disant qu’on va en baver. Bon, on l’avait deviné hein… Enfin, nous voilà arrivés aux environs de la route départementale qui va à Béziers. On passe dessous et c’est le début des hostilités. Pas avec le vétéran aux bâtons super légers même si le bougre se défend bien dans la grimpette qui suit. Non, c’est le début des hostilités avec le terrain. Montée de La Coquillade : première difficulté de la journée (ou plutôt de la nuit). 400m de D+ rien de bien extraordinaire en soi mais bon, voilà, c’est la première bosse du parcours. Le débit de paroles de chacun va quand même en prendre un coup dans cette montée. Le vétéran aux bâtons super légers est là, et il s’étonne de ne pas voir de bâtons dans mon sac à dos. Je lui réponds que je n’en ai pas. Il me demande si je les ai oubliés, il a visiblement du mal à croire que je n’ai pas de bâtons du tout, ni ici ni chez moi et que je n’ai pas l’intention d’en avoir. Comme je suis bien élevé, je ne lui dis pas le fond de ma pensée. Je joue la carte de la diplomatie en disant que je veux voir ce qu’il est possible de faire sans bâtons plutôt que de se précipiter sur ces appendices. Bref, choisir en connaissance de cause et pas juste « parce que les autres en ont donc il faut en avoir ». Ah bon je l’ai dis ? Mais poliment !
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La Coquillade nous a gentiment chauffé les cuisses. Non, elles sont à peine tièdes et nous arrivons déjà au-dessus de Bédarieux. Le vétéran aux bâtons super légers nous le confirme, puis nous explique les prochains endroits où nous allons passer, avec le détail sur le nom de baptême de tous les marcassins qui ont souillé les lieux. Enfin non mais presque… Je me concentre sur le sol instable ; une figure au départ me suffit pour l’instant. D’autant plus que la descente sur Lamalou est piégeuse, dans mon souvenir.
Je l’aborde donc en mode Super Prudent, prenant le temps de bien analyser les dévers, cailloux pour savoir où poser le pied, où sauter et où s’arrêter pour s’aider des mains. Je me rappelle que lors de la reconnaissance de janvier, j’étais descendu bien plus vite…
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Après un passage éclair sur le goudron après les Aires, nous voilà entrant dans Lamalou les Bains, station thermale bien connue dans le coin. Et à Yaoundé aussi puisque les deux villes sont parait-il jumelées… Pour l’instant on ne traverse pas encore les continents, on se contente de rallier le prochain ravitaillement dans les thermes de la ville.
Dès que je pénètre dans la salle du ravito, je suis saisis par la chaleur qui règne ici. On se croirait dans une forêt tropicale. Je prends juste le temps de remplir la poche à eau, d’avaler une soupe et je ressors prendre l’air aussi vite. J’ai retrouvé Frédéric au ravitaillement, il prend le temps de faire quelques étirements avant de se remettre en route. Je l’attends et en profite pour souffler cinq minutes.
Section 3 : Lamalou - Colombières
13km – 800m D+ : 3h00
Je repars avec Frédéric sur cette section que je découvre complètement. Nous avons 43 km dans les jambes, il est environ 4h du matin, les gens normaux dorment. Tout va bien pour moi, si ce n’est un léger mal de tête depuis Faugères, la faute à la privation de sommeil, sans doute. Mais tout reste sous contrôle alors pas la peine d’y penser.
A la place je me concentre sur le chemin qui grimpe dru vers la Croix des Baussels. On papote et j’avoue que dans l’obscurité, je ne fais pas vraiment attention à ce qui m’entoure. Aujourd’hui, cinq jours après, j’ai peu de souvenirs de cette section.

Je me souviens que la grimpette sur Madale était longue et que nous sommes passés à Combes au moment où le clocher de l’église sonnait 5h. Inutile de dire que nous n’avons pas croisé âme qui vive, le village était désert, plongé dans le sommeil.
C’est aussi par là que Frédéric a commencé à avoir des soucis avec sa poche à eau qui fuyait, ce qui nous a occasionné plusieurs arrêts pour faire le point sur la situation humide de son sac.

Mais c’est surtout ici que nous commençons à tutoyer le somptueux Caroux !
Passage à Madale à 700m d’altitude vers le kilomètre 50. Une petite grimpette et puis c’est la descente vers Colombières avec le soleil qui se lève sur les châtaigniers et les chênes. J’ai hâte d’arriver à Colombières car je sais que je vais pouvoir me changer. Et j’ai surtout hâte que le jour se lève. Se concentrer sur le parcours pour ne pas tomber, ne pas louper une balise, tout en restant concentré sur son allure pour ne pas brûler trop d’énergie, sans oublier de boire et de manger régulièrement… mon mal de tête n’empire pas mais il est toujours là. Je sais déjà que le lever du jour va améliorer les choses.
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Frédéric s’est arrêté pour ranger son coupe vent, j’ai continué sur mon rythme en me disant qu’il va me rejoindre dans la descente. Mais c’est seul que je pénètre dans la salle du troisième ravitaillement. Il est un peu plus de 6h50, le soleil s’est levé, je peux éteindre ma frontale et je retrouve avec plaisir mon sac coureur marqué « C4 ». Psychologiquement ce ravito est important. Je suis parti depuis 9h52, et nous en sommes à la mi-course kilométrique (mais pas à la mi-course horaire !). Mon Garmin annonce que ses piles faiblissent, je le fourre donc dans le sac, avec le branchement sur le chargeur USB portable. De toute façon pas besoin de l’avoir constamment au poignet ; avec des temps de course pareil, on n’est pas à une heure près et ma montre suffit largement.
Je rejoins les bénévoles à la table du ravitaillement, discute un peu avec eux, mange et bois. Les kiwis et oranges me font du bien, je recharge la poche à eau et tout est prêt pour repartir ; ou presque. En effet je change le haut, le bas, abandonne ma première frontale dans le sac qui retournera à l’arrivée (il y sera avant moi le gredin !). Arnaud, organisateur des 100 km du Morvan arrive à ce moment là, on papote et puis il est temps d’y retourner. Car c’est maintenant que les affaires se corsent !