Le poème du jour
Publié le 19 Décembre 2013
Le zen de 4h15
Le bruit régulier qui rythme la nuit
le coeur qui s’étire
comme un vieux chat pépère et puis
qui baille et qui sourit
façon réveil sur une plage de sable fin.
Les lueurs au détour d’une colline
les traînées des réacteurs
quelques avions en dehors du temps, lancés
vers un ailleurs aux accents lointains
et les poussières célestes accrochées dans leur sillage.
Les témoins discrets tapis dans les fossés
des paires d’yeux immobiles
partagés entre l’interdit et la crainte
lumières brillantes qui toujours
vont par deux.
La ligne d’horizon
désirée et redoutée, qu’on voudrait toucher
mais dont on souhaite repousser l’étreinte
préférant prolonger l’attente
rêver d’un instant sans clap de fin.
Le ciel qui s’ouvre
comme une matrice qui se déchire
une naissance chromatique
des toges roses en écharpes jaunes
offrandes aux Alpes sévères.
Les instants qui précédent
la venue d’un nouveau jour
vierge de tout,
comme seul au monde
symbiose totale.
L’équilibre est fragile
l'équation difficile
sa résolution la porte ouverte
le zen total de 4h15
s’insinue en moi.
14 septembre 2010