Poème du jour
Publié le 14 Février 2013
Cavalcade 03.00
Des chevaux ont traversé
la nuit en boitant bas,
bousillant les plaines,
piétinant les alluvions
épicentre de l’équinoxe
comme un volcan velu.
J’ai l’estomac tête en bas
des traces de suie
au fondement,
nouveau né aux yeux charbons
un feu de joie
au fond de moi.
Mon père est mort un 28
éperon luisant, sabre au clair
pas un épi sur le crâne
macchabé par procuration
et le cul tanné par
vingt-cinq années de soumission
une journée de plus,
des échos fatalistes à la sortie
du cimetière / du cinéma
voilà la pluie, un coup
de tonnerre, un coup
de bambou c’est
l’éclosion parapluie.
La foudre roule sa bosse
mais n’effraie pas les canassons
qui galopent jusqu’à l’épuisement
ce sont les mouches
qui grincent,
sourires invisibles en porte-voix,
un trompe l’œil lacrymal
échelle microscopique
pour révolution d’insecte.
Il y a eu la retraite de Russie
il y aura
l’enterrement de trois heures
un matin d’automne
con comme mille bagnoles
un vendredi place de l’étoile.
( 23 octobre 2009 )