Saucony Ride 4 : le test des 1000 bornes

Publié le 18 Décembre 2012

Pourquoi ?

http://www.saucony.com/commonimages/saucony/zoom/20116-4_1_1200x735.jpgAu printemps 2012 je me suis rendu compte que ma foulée d’ordinaire peu dynamique avait méchamment tendance à franchement se ramollir. En cause, mon type d’entrainement, qui privilégie l’endurance fondamentale et les sorties fréquentes, au détriment des séances de qualité. Depuis 2009 je ne fais plus de fractionné ni de courses par intervalles. Toutefois je suis très satisfait de ce mode de fonctionnement que je ne souhaite pas modifier ou alors à peine.  J’ai en effet introduit depuis le début de l’année 2012 une ou deux séances plus dynamiques chaque semaine. Dans le langage cher à Stu Mittleman, il s’agit de séances dites « SAP » et que je qualifie moi de séances « rapides ». Lors de ces séances qui sont réalisées sur du plat, je cours entre 60 et 70 minutes à une vitesse qui pourrait être celle d’un semi-marathon si d’aventure j’en faisais encore. Or, jusqu’à cet été, ces séances n’étaient faites qu’avec un seul type de chaussures, étudiées pour le long. Les NB1063 et leurs descendantes (NB1080) que j’ai utilisées jusqu’ici en multiples exemplaires sont en effet excellentes pour les sorties longues à très longues sur goudron. Leur amorti fait merveille, leur confort est royal, d’autant plus en double largeur. J’ai couru toutes mes courses de 100km et plus avec des NB1063 et NB1080 sans jamais avoir à m’en plaindre, le cahier des charges qui leur était demandé correspondant tout à fait à leur conception.  Toutefois pour des sorties plus rythmées où j’essaye d’avoir une foulée un peu plus dynamique qu’en temps normal, les NB1063 accusent le coup et sont trop lourdes, trop pataudes. Même les NB1080 pourtant plus légères ne sont pas à l’aise. Néanmoins, je souhaitais conserver un certain confort et un amorti certain. Je ne suis pas un poids léger et surtout au regard du volume couru chaque semaine, je ne veux pas faire de concession sur l’amorti. Exit donc les chaussures vraiment légères et étudiées pour le fractionné, d’autant plus que ces chaussures-là devront assurer les allers retours quotidiens entre la maison et le boulot, un peu moins de 10 km par jour, 5 jours par semaine, dont la moitié se fait sur le béton de la ville. Me voilà donc courant mai, de passage chez Running Conseil (devenu depuis Terre de Running)  rue de la barre à Lyon. Une petite explication de texte sur mes besoins, un petit tour sur tapis (mon premier essai de course sur tapis !) et je ressors avec une paire de Saucony Ride 4. Ma première paire de Saucony et ma première paire de chaussures de route d'une marque différente après... 19 paires de New Balance ! 

 

Les conditions du test

Période de l’essai : 31 juillet au 18 décembre 2012, 1033 km parcourus.

Utilisation hebdomadaire : 5 à 7 sorties sur 5 jours, entre 50 et 80 km par semaine.

Typologie des séances effectuées :

-séance 1 : 9,5 km (2x4,25) quotidiens (aller/retour de la gare au travail sur béton)

-séance 2 : 12 à 15 km type « au seuil » de 55 à 70 minutes sur chemin stabilisé et route. 

 

 

Premières impressions

En « descendant » des NB1063/NB0180 dont j’ai l’habitude, la légèreté des Ride 4 est appréciable. D’autant plus que le confort n’a pas été sacrifié. Comme tout le monde, j’aime me sentir à l’aise dans des chaussures de running dès le premier essai. Ici c’est bien le cas, hors mis une ½ pointure de plus qui n’aurait pas été du luxe mais pas disponible en magasin au moment de l’achat. Qu’importe, pour des sorties courtes, ce n’est pas un critère déterminant. 

 

http://www.saucony.com/commonimages/saucony/zoom/20116-4_2_1200x735.jpg

Comme pour tout essai, il est fortement conditionné par les expériences précédentes et les habitudes que l’on prises avec d’autres modèles. Ainsi, pour moi, les Ride 4 semblent très dynamiques et très légères mais c’est parce que je les compare à des NB assez pataudes et lourdes. Pour des coureurs habitués à des chaussures nerveuses, les Ride 4 paraitront sûrement peu dynamiques et pas franchement légères. Toutefois, ce fut un réel bonheur de mettre aux pieds des chaussures de ce type, plus polyvalentes que les NB conçues pour enquiller les kilomètres dans un confort et un amorti de classe premium. Ces Saucony sont de l’ancienne génération, avec un drop de 12mm (comme sur la plupart des chaussures du marché) et elles ont depuis été remplacées par les Ride 5 qui adoptent un drop de 8 mm.  Pour rappel ou info, le drop est la différence de hauteur entre le talon et l’avant du pied. Plus cette différence se rapproche de 0, plus on court sur l’avant du pied. Les chaussures dites minimalistes tendent vers un drop inférieur à 4mm et jusqu’à 0mm*. Il s’agit donc encore des chaussures « classiques » et je n’ai eu besoin d’aucun temps d’adaptation. Mes premières séances ont même été faites sur tapis de course en août…

 *à lire : le drop et Saucony sur u-run.  http://i.shoebuy.com/ca/saucony_ride4.jpg

Ressenti

Globalement le ressenti est excellent. Même si j’ai trouvé que ces chaussures ont tendance à taper assez fortement sur le sol et à être bruyantes. Elles me permettent d’avoir une attaque du pied assez naturelle, sans aucune zone de gêne ou de pression, même avec la dégradation de l’amorti ou du confort après plus de 1000 km. De ce côté-là rien à dire, au contraire même, le confort après 1000 km est quasiment le même qu’au début. La zone située derrière le talon a certes été un peu écrasée par les kilomètres et la mousse est moins épaisse qu’au début mais sans que ça gêne.

L’amorti est suffisant surtout par rapport à la légèreté de ces chaussures. Je suppose qu’elles seraient parfaites pour un marathon car sans être des foudres de guerre dans un domaine en particulier, elles assurent le minimum syndical partout (amorti, stabilité, dynamisme, protection). Pour du plus long, je préfèrerai partir sur un autre modèle car je pense que l’amorti serait un poil limité, notamment sur les fins de course type 100 km ou plus, où avec la fatigue la foulée devient décadente.

 

Longévité

Après 1033 km, les premiers trous apparaissent à la pliure de la chaussure sur le haut (comme sur toutes mes autes chaussures). Ils sont toutefois de taille bégnine et globalement l’usure du mesh est très relative après une utilisation intensive, bien plus réduite que sur d’autres modèles que j’ai pu tester. Toutefois, s'ils ont mis du temps à apparaître, ces premiers trous ont tendance à grossir à vue d'oeil. En moins de 60 km ils sont passés de la taille d'une tête d'épingle à un trou suffisant pour que j'y passe l'annulaire...

Le tissu du haut du chaussant situé sous les malléoles est depuis longtemps déchiré mais c'est dû à ma foulée où j'ai souvent tendance à venir frotter contre l'autre chaussure.

La couche de gomme sur la semelle en contact avec le sol a été sérieusement entamée mais reste encore assez épaisse, j’estime que je vais pouvoir continuer à les porter encore 2 ou 300 km sans aucune baisse de leur qualité dynamique ou d’amorti. De ce côté-là rien à voir avec l’usure dont j’ai l’habitude sur les NB où après 1000 km je n’ai plus du tout de gomme sur la semelle. Je n’ai pas non plus ressenti les douleurs classiques aux genoux ou au dos que je ressens avec les NB en fin de vie entre 1000 et 1200 km. J’espère que ces Saucony dureront longtemps car c’est aussi pour cette raison que j’ai souhaité délaisser la marque New Balance (combiné au fait qu’il devient impossible de trouver des NB1080 double largeur en soldes).

 

Bilan

Je suppose que pour des coureurs légers et/ou rapides, ces chaussures seront trop lourdes, trop amorties, et n’apporteront pas de réponse suffisamment dynamique. Mais pour un coureur de mon profil (72 kg, pas rapide, recherchant une chaussure mixte avec de l’amorti mais qui soit assez légère) c’est un très bon choix. Je ne sais pas comment se comportent leurs remplaçantes, les Ride 5. Mais on trouve des Ride 4 en promotion un peu partout sur le net. J’ai récemment commandé une nouvelle paire trouvée à -60%. J’envisage de les porter sur des sorties un peu plus longues à vitesse spécifique 100 km pour voir comment elles se comportent. Mais je pense qu’elles y seront très à l’aise. Et je suis tellement enchanté par ces Saucony que j’ai récemment commandé des Triumph 9, le modèle au-dessus pour avoir plus d’amorti en prévision des sorties longues de 2013.

Rédigé par Oslo

Publié dans #Ultra - Matériel

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